LES ODES ALLÉGORIQUES ET DESCRIPTIVES DE JOSEPH WARTON : la tentation de la « poésie pure »

Publié en ligne le 27 mai 2014

Par Marie-Anne Clabé

Les critiques retiennent généralement de Joseph Warton quelques déclarations véhémentes et retentissantes qui l'ont souvent fait considérer comme un pionnier du Romantisme.

En plein milieu du XVIIIe siècle, il réagit violemment contre les excès de la poésie didactique1 et clame les mérites supérieurs de ce qu'il appelle la « poésie pure », produit, selon lui, de l'imagination du poète.

En préambule à ses Odes publiées en 1746, il écrit notamment :

« The public has been so much accustomed of late to didactic poetry alone, and essays on moral subjects, that any work, where the imagination is much indulged, will perhaps not be relished or regarded. The author therefore of these pieces is in some pain, lest certain austere critics should think them too fanficul and descriptive. But as he is convinced that the fashion of moralizing in verse has been carried too far, and as he looks upon invention and imagination to be the chief faculties of a poet, so he will be happy if the following Odes may be looked upon as an attempt to bring back Poetry into its right channel. »2

Et un peu plus tard, s'interrogeant sur la nature de la « poésie pure », il souligne avec force ce que doit être la qualité principale du « vrai poète » :

« It is a creative and glowing Imagination, " acer spiritus ac vis ", and that alone, that can stamp a writer with this exalted and very uncommon character, which so few possess, and of which so few can properly judge. »3

Voici donc un jeune homme, poète et critique qui se pose en redresseur du goût de ses contemporains et qui, par son oeuvre poétique, prétend apporter un sang neuf à la poésie anglaise.

Cet article se propose de confronter les intentions et prétentions de Warton à ses réalisations4, et de chercher les explications de ce qui nous paraît avoir été, en partie du moins, une illusion. Il faut tout d'abord indiquer que la plupart des poèmes considérés sont des « odes allégoriques et descriptives »5 ; cette catégorie d'ode existait certes avant Warton, c'était une branche de la « grande ode », mais elle n'était que rarement utilisée. La formulation, « ode allégorique et descriptive », peut paraître surprenante, mais les précisions techniques et formelles qu'elle apporte ont leur importance ; nous aurons l'occasion d'y revenir.

Découvrir ces odes après avoir lu le préambule est une expérience intéressante qui provoque des réactions contradictoires ; en effet, le lecteur se trouve devant des poèmes qui, à première vue, ne se différencient pas nettement de la poésie didactique traditionnelle, qui apparemment ne répondent pas à ce que le préambule laissait espérer, et qui néanmoins prétendent être le produit d'une réaction anti-didactique. L'écart paraît si grand entre intentions et réalisation que le lecteur en vient à soupçonner l'existence d'un malentendu. Il nous faut donc examiner de plus près ces odes avant de considérer les postulats et le raisonnement permettant à Warton de les présenter comme illustrations des principes révolutionnaires énoncés dans le préambule.

Ces odes sont le plus souvent adressées à des qualités, facultés, vices ou défauts : Fancy, Liberty, Health, Solitude, Superstition ; occasionnellement nous trouvons des titres tels que « To the Nightingale », « To Evening », ou bien « To a Lady », « To a Gentleman », mais dans tous les cas l'objet principal du poème est personnifié. Selon un manichéisme facile et en général sans remise en question des jugements moraux conventionnels, les abstractions personnifiées se divisent en deux catégories : les bonnes et les mauvaises. Dans le premier cas, le poème louera des mérites, dans le second, il dénoncera des ravages. Le choix et la technique de la personnification obéissent à des règles simples : si l'abstraction est bienveillante ou agréable, elle est représentée sous les traits d'une femme jeune et belle (exemple : Fancy « O nymph... », Evening « meek-eyed maiden... », Liberty « O goddess... », Health « lovely queen... » etc) ; dans le cas inverse, c'est un personnage de sexe masculin, tyran ou démon à l'aspect repoussant ou inquiétant.

Le déroulement des poèmes se fait suivant des étapes parfaitement prévisibles ou stéréotypées.

Ils débutent tous par une invocation de la puissance6 suivie par une description de son aspect, agréable ou non selon la catégorie morale à laquelle elle appartient ; puis vient une description de ses attributs, le plus souvent conventionnels (la Paix brandit l'inévitable rameau d'olivier), ou quelquefois plus étonnants (la Patience porte un bouclier sur lequel est représenté Socrate souriant, tenant à la main le gobelet fatal) ; ensuite les allégories secondaires qui entourent l'allégorie principale ou qui lui sont opposées sont rapidement présentées. Là encore, pas de surprise : la Liberté est entourée de la Santé, de la Paix, de la Joie, de l'Abondance ; la Superstition est aidée par l'Ignorance et la Peur ; le Désespoir a chassé la Joie et l'Espoir. Les descriptions des lieux fréquentés par des abstractions se divisent également en deux catégories : si elles sont bienveillantes, elles vivent dans des grottes, forêts ou clairières, sinon dans des antres, des cimetières, des souterrains.

Dans la deuxième phase du poème de nouveaux éléments descriptifs sont raccrochés à une pseudo-narration qui presque toujours consiste en un voyage7 et qui présente assez peu de variantes. Il s'agit d'un voyage fictif par lequel l'invocateur cherche à rejoindre la puissance favorable, se laisse guider par elle pour apprécier l'étendue de ses pou­voirs ; ou bien, si elle est malveillante, il tente de la fuir. Ce voyage ne s'effectue pas nécessairement dans l'espace mais aussi bien dans le temps, il peut parfois prendre la forme d'une substitution de personne ou faire vivre à l'invocateur une série d'expériences émotionnelles nouvelles pour lui. Dans « To a Gentleman » par exemple, il prend la place de l'ami qui voyage en Italie et peut ainsi admirer les paysages célèbres ; dans « To Fancy » l'invocateur vit successivement des moments de mélancolie pro­fonde, de fureur martiale, d'amour passionné. Ce « voyage » sert de prétexte à toute une série de passages descriptifs : paysages variés (Laponie, Afrique, Grèce), modes de vie et mœurs diverses (Antiquité. Préhistoire, pays orientaux, Angleterre contemporaine), et, assez curieusement il est assez souvent l'occasion pour l'invocateur de rencontrer, en compagnie des allégories prévisibles, ses auteurs favoris ou les grands hommes qu'il admire. C'est ainsi qu'au cours du voyage fictif où l'entraîne la Santé il rencontre Virgile et Milton ; dans « To Superstition », il accueille, autour de la Raison et de la Vérité, une assemblée où figurent Locke, Wollaston, Clarke Newton et même Platon !

La troisième partie est inévitablement l'expression d'un souhait : le poète supplie la puissance favorable de revenir si elle était partie, de maintenir ou d'accroître son influence et de chasser à tout jamais les puissances malveillantes qui lui sont opposées ; ou bien, est-il utile de le préciser ? si elle est défavorable, il souhaite qu'elle le quitte, quitte le pays ou l'humanité et soit remplacée par les puissances favorables qui lui sont opposées. Là encore les variantes sont très limitées et les préoccupations finales de l'invocateur concernent sa propre personne (son bien-être, sa santé physique ou morale, son avenir), le genre humain, ou bien enfin la grandeur et la renommée de l'Angleterre, que ce soit dans le domaine de la politique de l'art ou de la morale.

Ce qui ressort de ce rapide résumé, plus bienveillant qu'on pourrait le croire8, c'est le caractère conventionnel de cette poésie. Mais convention n'est pas nécessairement synonyme de mauvaise poésie et les plus grands poètes nous en donnent souvent la preuve. Dans le cas de Warton, il s'agit bien de poésie médiocre dans l'ensemble, avec ici et là des passages inspirés, trop souvent noyés dans la masse. Ce qui nous choque le plus pourtant, c'est l'écart entre la conviction du poète concernant l'importance et l'originalité de son œuvre et cette banalité qui ne la distingue guère des autres productions poétiques de l'époque. A côté de la simple vanité, de l'aveuglement et du manque de lucidité, plusieurs explications peuvent être avancées.

Comme beaucoup de ses contemporains, Warton croit sans réserve aux mérites suprêmes de l'abstraction personnifiée (indifféremment appelée allégorie, personnification, prosopopée). Addison surtout, mais aussi J. Hughes, H. Andrews, J. Ogilvie soulignent l'importance de cette figure et l'associent très intimement à l'imagination9. Il serait trop long d'expliquer comment ces critiques et poètes en viennent à établir un rapport étroit entre imagination et abstraction personnifiée. Disons seulement que les vues de Bacon et de Hobbes sur l'imagination combinées à celles d'Addison qui met l'accent sur les données visuelles, couvrent à peu près le sens que Warton donne au mot magique « imagination ». Certes, il l'utilise avec une fréquence accrue et il lui donne une importance toute nouvelle ; mais sa conception de l'imagination n'est pas radicalement différente de celle de ses contemporains. Que demande-t-il par la voix de l'invocateur à la « divine imagination » dans « To Fancy » ? Qu'elle le transforme en spectateur de scènes et de paysages nouveaux, qu'elle lui fasse éprouver, par procuration, des sensations et émotions plus variées. Presque toujours ce processus s'opère de façon artificielle et volontariste, ce qui nuit à la spontanéité, à la sincérité, voire à la crédibilité du poème. Avec Warton, le monde de l'imagination a donc pour principal mérite d'être fictif. Ainsi disparaît le malentendu lié au mot « imagination ».

Nous voyons alors émerger les éléments principaux sur lesquels Warton, au nom de la meilleure des justifications, l'imagination, base sa pratique poétique.

Il choisit l'ode, traditionnellement associée à passion et fougue.

L'abstraction personnifiée ; déjà un consensus critique l'associe étroitement à l'imagination, Warton va plus loin et en fait la marque, la preuve de l'imagination du poète.

Les descriptions : capables de transformer le lecteur en spectateur, elles sont également considérées par la plupart des critiques et poètes de l'époque comme une manifestation de force imaginative. Comme « la poésie pure » est un produit de l'imagination pure, Warton, avec ses Odes Allégoriques et Descriptives est donc, à ses propres yeux du moins, un « vrai poète ». Indéniablement il y a dans ce raisonnement une grande logique et même une certaine part de vérité, mais il est aisé de déceler quelques inconvénients à sa mise en application, quelques erreurs dans ses prémisses.

Convaincu de la justesse de ses vues sur l'abstraction personnifiée, Warton emploie régulièrement et mécaniquement ce procédé avec une fidélité qui côtoie parfois l'entêtement et donne à certaines de ses odes une grande monotonie. Comme il croit aux vertus des descriptions détaillées, il ne nous laisse rien ignorer des aspects, attributs et habitudes de l'abstraction, d'où des descriptions très longues qui peuvent menacer l'équilibre et les proportions du poème. De plus, l'abstraction personnifiée, bien qu'imaginaire, c'est-à-dire n'ayant pas d'existence réelle, doit impressionner le lecteur par sa « fidélité à la nature » : les modèles proposés par les Anciens et les grands aînés peuvent être repris en toute confiance puisque, au cours des siècles, ils se sont révélés compréhensibles et appropriés. Si le poète crée ses propres allégories, il lui faut également satisfaire aux exigences de la clarté et de la bienséance. En conséquence, les abstractions sont presque nécessairement stéréotypées et conventionnelles, statiques et figées car le poète ne saurait courir le risque de faire naître confusion et incompréhension chez le lecteur, ou de prêter à ces allégories des gestes indignes d'elles. Si Warton, comme la plupart de ses contemporains, pense qu'il est nécessaire « d'élever » le style de la poésie et d'employer un vocabulaire noble, il semble doté d'un grand irrespect envers les mots : ceci apparaît nettement à l'étude de ses manuscrits de poèmes dans lesquels des substitutions et corrections parfois étonnantes sont opérées sans raison évidente10. Le didactisme contre lequel il s'élève vigoureusement ne disparaît pas totalement de ses odes ; certes, il y est moins flagrant que dans la poésie didactique avouée de son époque, mais lorsqu'il est présent, il prend assez souvent le masque du chauvinisme patriotique11. Une autre maladresse liée au manichéisme du poète et à la trame narrative qu'il utilise est le manque d'unité de certaines odes ; s'il veut créer une impression de mélancolie, il énumère longuement les joies et les plaisirs auxquels il dit adieu ; s'il vante les mérites de la Santé, il s'appesantit sur la douleur et la tristesse de l'agonie de sorte que le résultat est souvent une confusion d'émotions ou la création d'un effet opposé à celui souhaité par l'auteur12. Enfin, l'abstraction personnifiée ne joue pas toujours efficacement le rôle attendu ; elle se prête assez bien à la création d'impressions en demi-teintes, mélancolie, nostalgie, satisfaction (« To Solitude », « To Evening », « To Content »), mais elle est beaucoup moins satisfaisante et crédible lorsque le poète tente de créer une émotion plus intense ou plus inhabituelle (« Against Despair », « To Fancy »).

Nous venons de relever quelques maladresses et gaucheries particulières à Warton qui nuisent à la qualité de ses Odes Allégoriques et Descriptives. Mais il y a plus important. L'assimilation de l'abstraction personnifiée à une manifestation de l'imagination, quoique non dénuée de valeur, devient discutable si le lecteur n'en ressent pas la nécessité interne, la justification profonde. Wordsworth, dans la préface des Lyrical Ballads perçoit fort bien les faiblesses essentielles de cette figure, et par extension, de la poésie qui lui est associée :

« The reader will find that Personifications of abstract ideas rarely occur in these volumes... I have proposed myself to imitate and as far as possible, to adopt the very language of men; and assuredly such personifications do not make any natural or regular part of that language. They are indeed, a figure of speech occasion­ally prompted by passion, and I have made use of them as such, but I have endeavoured utterly to reject them as a mechanical device of style, or as a family language which Writers in metre seem to lay claim to by prescription. I have wished to keep my Reader in the company of flesh and blood persuaded that by so doing I shall interest him. »13

En effet ces abstractions ne visent plus à instruire ; coupées de l'expérience personnelle du poète (dans les meilleurs des cas elles sont des généralisations d'expérience humaine), elles existent dans un monde dont nous n'oublions jamais qu'il est fictif et elles ne contribuent qu'à l'expression de sentiments « secondaires » ; elles nous paraissent vraiment bien loin de la réalité humaine, « the flesh and blood » dont parle Wordsworth. Le monde de cette « poésie pure » n'est souvent qu'un reflet affadi du monde réel, un monde de rêveries aimables peuplé de figures falotes et figées ; au mieux, le poète tente quelques incursions contrôlées dans des domaines qu'il croit plus excitants ou exotiques. En cherchant à atteindre la « poésie pure », l'ode allégorique et descriptive se prive donc de beaucoup de matériaux susceptibles de créer des émotions : expérience et sentiments personnels, action, méditation...

Enfin la conception même de la poésie que ces odes trahissent nous paraît discutable.

Tout d'abord, Warton établit des équivalences dont il fait pratiquement des équations. Il pose : poésie pure (a) = imagination (b) ; imagination (b) = allégorie + description (c) et pour lui, (c) = (a).

Quelles que soient les raisons historiques et culturelles (éducation, imagination visuelle plus riche, esprit mathématique, rationalisme) justifiant pour certains cette équation14, ses différents éléments nous paraissent appartenir à des domaines différents et incompatibles : des concepts abstraits en viennent à être assimilés à une technique. Il y a là soit une faute de raisonnement, soit une conception très mécaniste et restrictive de la poésie. En outre le fait de ne compter que sur un procédé particulier, de la part d'un poète qui se fait une idée élevée de son art, est particulièrement naïf, voire dangereux. Warton est sans doute responsable de la floraison extraordinaire d'odes allégoriques et descriptives qui suivit la parution de ses propres odes, chacun des auteurs croyant cer­tainement faire œuvre d'imagination et apporter sa contribution à la « poésie pure »15. Même si nous nous rappelons que la conception qu'a Warton de l'imagination est assez étriquée, il paraît illusoire de croire que l'abstraction personnifiée en est la manifestation essentielle ; aucune figure de style ne peut avoir à elle seule ces pouvoirs magiques. Enfin la confiance excessive accordée à cette figure révèle un rapport poète /poésie assez particulier. Car le « vrai poète » selon Warton cherche avant tout à faire preuve, à faire étalage même, d'un certain nombre de qualités valorisées à tort ou à raison, beaucoup plus qu'à écrire tout simplement un poème. La finalité de la poésie devient ainsi de faire valoir le poète. Nous sommes loin de la Vérité, but ultime de Wordsworth et aussi, d'une certaine manière, de Pope.

Mais la « poésie pure », tentation constante, mirage éternel pour le poète, a-t-elle jamais été autre chose qu'un miroir où il ne contemple que son propre reflet ?

Notes

1 Il faut dire qu'elle jouit à cette époque d'une très grande vogue ; voir par exemple John Armstrong : Art of preserving Health (1744) ; Richard Glover : London or the Progress of Commerce (1739) ; James Grainger : The Sugar-Cane (1764), etc...
2 Joseph Warton : Odes on Several Subjects. London, R. Dodsley, 1746.
3 Joseph Warton : An Essay on the Genius and Writings of Pope. London, M. Cooper, 1756 ; éd. utilisée, 1782, vol. I, pp. v-vi.
4 Nous limiterons notre examen aux odes de 1746, considérées par l'auteur comme une application pratique des principes et convictions figurant dans le préambule, mais le reste de l'œuvre poétique de Warton présente des caractéristiques fort semblables.
5 Le titre choisi par Warton est Odes on Several Subjects, mais ses odes appartiennent bien à cette catégorie. Collins avec lequel il collabore à l'époque et qui partage ses vues intitule les siennes : Odes on Several Descriptive and Allegorick Subjects ; à la suite de Warton et de Collins, ce type d'ode devient très répandu ; voir par exemple R. Shepherd : Odes Descriptive and Allegorical, et aussi A Collection of Poems by Several Hands, ed. R. Dodsley, 1748, 1753.
6 Voir les débuts des poèmes : « To Fancy », « O parent of each lovely Muse ! », « To Evening », « Hail meek-eyed maiden », « To Liberty », « O Goddess », etc...
7 Nous retrouvons là le procédé de « Progress » qui n'est certes pas une innovation dans la littérature anglaise du XVIIIe siècle.
8 Voir par exemple l'article de N. MacLean dont le titre est éloquent : « Personification but not Poetry » ELU XXIII, 1956 ; l'auteur s'y montre beaucoup plus incisif et sévère envers ce type de production poétique.
9 Voir Addison dans Spectator n° 421; Hughes: Essays on Allegorical Poetry ; R. Andrews: Eidyllia of Miscellaneous Poems; Shepherd: Odes Descriptive and Allegorical.
10 Bien entendu certaines modifications sont parfaitement justifiées, pour des raisons d'euphorie ou de rythme en particulier ; Warton avait, selon Gray « une bonne oreille ».
11 Warton est homme d'église et pédagogue ; par tempérament et par « métier» il est enclin à sermonner.
12 Voir par exemple « Against Despair » :
« Farewell, thou dimpled cherub Joy
Thou rose-crown'd, ever-smiling boy,
Wont thy sister Hope to lead
To dance along the primrose mead I
No more, bereft of happy hours... », etc.
13 Lyrical Ballads, 1798 (ed. 1961, pp. 14-15).
14 Voir par exemple E. R. Wasserman : « The inherent values of eighteenth century Personification » PMLA LXV (1950) ; G.F. Chapin : Personification in Eigh­teenth century English Poetry (1955).
15 Warton lui-même et beaucoup de poètes semblables à lui sont convaincus qu'ils participent à un mouvement historique et décisif de la poésie anglaise. Il faut toutefois signaler qu'au milieu de la foule des rimailleurs qui appliquent mécanique­ment les recettes proposées par Warton se trouvent des poètes plus doués comme Collins ; et l'on peut même dire que Keats, dans ses Odes a, dans une certaine mesure, une dette envers Warton.

Pour citer cet article :

Clabé Marie-Anne (2014). "LES ODES ALLÉGORIQUES ET DESCRIPTIVES DE JOSEPH WARTON : la tentation de la « poésie pure »".  Revue La Licorne , Numéro 2 .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document5892.php

(consulté le 22/11/2017).

Les auteurs

 
Revue La Licorne - ISSN 0398-9992
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