PONCTUATION ET NARRATION CHEZ RABELAIS ET SES CONTEMPORAINS

Partie II

Publié en ligne le 11 avril 2014

Par Marie-Luce DEMONET

Pour cerner la différence entre la narration « explicative » du Gargantua et une prose argumentative ordinaire, nous pouvons confronter au premier le privilège du Champfleury (1526) et la préface au lecteur de Tory. Dans le texte juridique, les signes utilisés sont homologues au reste du texte ce qui n'a rien d'étonnant car l'imprimeur compose aussi les privilèges -, mais leur organisation et leur fréquence sont sensiblement différentes. Soit la période centrale, qui représente un état antérieur à la systématisation voulue par Dolet :

Savoir vous faisons que nous ce que dit est considere, inclinans liberalle-
ment a la supplication et requeste dudict maistre Geofroy Tory : et ayant regard et consideration aux peines, labeurs, fraiz, & despens quil luy a convenu porter et soustenir, tant a la composition  dudit Livre, que pour la taille desdites Histoires,Vi-
gnettes, Frises, Bordeures, Coronemmens et Entrelas, pour faire imprimer Heu-
res, comme dit est, en plusieurs usages et grandeurs. A icelluy, pour ces causes et autres raisons a ce nous mouvans, Avons donne et ottro-
ye, donnons et ottroyons de grace especial par ces presentes Conge, Licence, Pennisston et Privi-
lege de pouvoir imprimer ou faire imprimer par ses gens, facteurs et commis, les-
ditz Livre et Heures : en telles grandeurs et usages que bon luy semblera, durant le-
dit temps et terme de Dix ans commencans audit jour et date de limpression di­
ceulx, Avec laditte Prorogation de semblable temps de Dix ans, pour lesdites Hi­
stoires et Vignettes, par luy cy devant faict imprimer. [Aij]1

Les deux membres sont articulés autour du point + majuscule, les sous-membres autour des deux points. D'autres articulations sont notées par virgule + majuscule, cette pratique intermédiaire que Montaigne voudra réintroduire avec les autres « majuscules de scansion2 ».

Les habitudes de lecture et d'écriture ne laissent pas le lecteur s'essouffler dans de longues propositions, comme le recommandait la Rhétorique à Herrenius. Les sondages effectués sur des textes latins imprimés à cette époque donnent une moyenne d'un signe de ponctuation pour 6 mots3 : elle est identique pour le début du prologue de Gargantua, et de un pour 7 dans le chapitre 4. La proportion dans les manuscrits de Laurent Le Premier fait étudiés par C. Barbance allait de 20 à 304... Le rapport ponctème/nombre de mots dans le fragment cité des Chroniques admirables est aussi de 1 pour 20. Les humanistes ont la ponctuation facile, certes, mais ni plus ni moins que les clercs de chancellerie à la même époque : en effet, le privilège présente à peu près la même proportion  de  ponctèmes (1 sur 7) que dans la préface de Ronsard aux Odes de 1550 ou dans celle de l'Olive par Du Bellay la même année. Mais ce chiffre double pour la préface de Tory, de nature très oratoire malgré son début particulièrement découpé. S'agit-il d'une régression à un état du vernaculaire continu ou au contraire du souci de l'amplitude oratoire ? En comparant avec d'autres textes publiés en français, nous avons constaté que la moyenne avait tendance à s'élever (entre 8 et 10) à la fin du siècle, avec des « pointes » à 14 ou 15 pour quelques textes5. Ainsi, le début du premier Devis de la langue française d'Abel Mathieu (1559), rédigé sous la forme d'un discours suivi, présente un rapport élevé de 1 pour 156. L'auteur défend dans ce texte l'idée d'une langue française autochtone et autonome par rapport à ses ancêtres supposés et il propose en même temps un rythme de la phrase française qui ne recopie pas les schémas des langues anciennes7. La distribution opérée par Tory dans sa préface ne semble pas correspondre aux mêmes intentions. Elle se caractérise par deux usages opposés de la ponctuation, qui vont de la dislocation extrême à de longues chaînes de propositions non ponctuées. Après le début très segmenté déjà cité,  on trouve tout autant :

Je respondrois honnestement/ que cest bien faict. & que on peut torner entre ses doits la ditte piece Dor : ou autre piece : pour y veoir chascunc Lettre en sa droitte face : & en plant. (A 3 r°)

que la disposition contraire :

Ilz faisoient ainsi entre eulx afin que si davanture les  Ennemyz eussent surpris leurs Postes ou Messaigiers quilz neussent peu accorder les Lettres ainsi escriptes au travers du Parchemain. (ibid.)

La moyenne élevée vient donc de l'irrégularité de l'application8.

Outre les différences dans la segmentation des membres de phrases, l'autre trait notable de ces deux textes quand on les compare aux recommandations de Dolet est le traitement de la virgule avant et. Les très nombreux binômes synonymiques et polynômes s'y présentent toujours selon les séries « X et Y », « X, Y et Z » alors que pour les derniers la formule de Dolet est « X, Y et Z » (« Il est bon, beau, advenant, jeune, et riche »), car pour cet auteur le critère est celui de la distinction des « dictions9 ». Le point précédent Et ou même et sans majuscule est fréquent dans le Gargantua comme dans les autres romans, ce qui donne au récit un caractère infini et interminable de narration toujours à venir. C'était déjà un trait caractéristique des Grandes Chroniques. Dans les phrases du prologue et dans celles du chapitre 4, l'ensemble « virgule + et » domine plus du tiers des emplois ; les deux points ou les points suivis de et un autre tiers et le dernier est constitué de binômes. Ainsi, le rythme de la narration est marqué par ces pauses faibles et fortes suivies d'une coordination qui relance la narration, comme pour car et mais avec ou sans majuscule, que l'on trouve encore très fréquemment après un point10.

On pourrait déduire de ces observations que la ponctuation de Rabelais est aussi proche du découpage pratiqué sur les textes juridiques que de celui des textes humanistes : seule la fonction des signes et surtout de la ponctuation moyenne s'est sensiblement modifiée. Même lorsque Rabelais fait parler Ullrich Gallet dans une belle harangue digne du forum (ch. 31), la proportion de ponctèmes ne dépasse guère un pour 8. Le rythme de la diégèse chez Rabelais se distinguerait donc légèrement de celui qui articulait le texte oratoire, philosophique ou politique, la différence résidant dans les incises de commentaire et d'explication. Ces indications quantitatives donnent une idée de l'effet produit à la lecture silencieuse par ce rythme pour l'œil, qui n'a pas toujours besoin de reprendre son souffle mais qui note au passage les discrets coups de plume de l'auteur11.

Les signes de ponctuation n'exprimeraient pas autre chose que la distinction et la hiérarchie entre les parties du discours et la phrase, entre la linéarité du récit et l'intervention parenthétique. Cette remarque n'est toutefois pas valable pour l'exclamation et l'interrogation dont les « points » dénotent l'intonation de la proposition, mais Dolet ne parle que de « vehemence » (p. 7). Ce sont des signes « ecphonétiques » (Parkes 1992 : 28, 35) dont l'origine, hébraïque ou byzantine, reste obscure. Parkes dit qu'à partir du VIe siècle, certains signes étaient aussi utilisés par les moines pour aider à la modulation de la liturgie : ils ont donc pu avoir une fonction mélodique qui semble bien s'être perdue ensuite puisqu'on ne la retrouve pas mentionnée dans les textes théoriques12, sauf pour les points d'exclamation et d'interrogation, et éventuellement pour les parenthèses. Les points d'interrogation apparaissent dans la liturgie dans la deuxième moitié du VIIIe siècle et se sont répandus à partir de la cour de Charlemagne où Alcuin avait importé les pratiques anglo-saxonnes.

La troisième « période » exemplaire de Dolet est entièrement constituée d'exclamations. Si sa notation est assez ancienne, comme le montrent Parkes et l'étude de Nelly Andrieux (1995) sur des manuscrits du XIIIe siècle, elle est loin d'être systématique et reconduite d'un manuscrit à l'autre. Liselotte Biedermann-Pasques (1995) en a retracé l'histoire à éclipses. Palsgrave ne le mentionne pas dans sa liste, où il ne cite que le point, les deux points et la virgule, pour insister sur la prononciation distincte des mots qui les précèdent, comme s'ils étaient à la rime13. Olivétan dans sa préface à la traduction de la Bible l'avait décrit un peu avant Dolet (1535). Dans le livre de Tory, la casse fait défaut : sa préface comporte deux fois la même proposition exclamative (« O devots amateurs de bonnes lettres ») : la première, au début du texte, n'est marquée par aucun signe  alors que la seconde, à la toute fin, présente une barre oblique après le « O » et se termine par le signe qui servait aussi au point d'interrogation : un point surmonté d'une espèce de virgule. Même si l'on peut supposer que la péroraison exige plus d'insistance sur le movere, cette inconstance était fréquente dans les manuscrits médiévaux tardifs : comme le remarque N. Andrieux, le « ha » indiquait un affect qu'il n'était pas besoin de redoubler par un signe. Dans les éditions de Rabelais, le point d'exclamation est rare mais notable. Au chapitre 4 du Gargantua la phrase commençant par « O belle matiere fecale... » se termine par un point dans l'édition de 1542 (édition de référence, revue et corrigée par l'auteur) alors qu'elle ne se terminait par rien dans celle de 1532, la toute première14. La valeur affective du O, en effet, pouvait suffire.

Il n'y a aucun point d'exclamation pour le Gargantua de 1542, alors que le point d'interrogation est systématiquement employé. Même absence dans les Pantagruel de 1532 et 1542, dans la Pantagrueline pronostication (1533) et la Briefve Declaration (1552) ; comme dans  les textes pararabelaisiens des Chroniques Admirables ou des Inestimables (1532-35). En revanche, il y a 6 points d'exclamation dans le Tiers livre de 1552 ; aucun dans le Quart Livre de la même année, mais un seul dans celui de 1548 probablement publié à l'insu de Rabelais. Dans tous les cas rencontrés, l'exclamation n'est pas une interjection simple suivie du signe qui la caractérise, mais une proposition :

1 - O chose gualante ! (ch 25)

2 - O art divine en feuielle de figuier ! (ibid.)

3 - Vray Dieu : comment il m'a perfumé de fascherie et diablerie, de charme et de sorcellerie ! (ibid.)

4 - Hypochondres de tous les Diables (s'escria Panurge) que me dictez vous! (ch. 32)

5 - Ha. ha. En sommes nous la ! dist Panurge (ch 35)

6 - O chose grande! chose admirable ?

Les trois derniers exemples montrent cependant la proximité de l'interrogation.

Les mentions claires de l'intonation montante ou descendante sont rares. Le chapitre sur la ponctuation que Meigret écrit à la fin de sa Grammere associe la ponctuation à la détermination des accents du français, ou longueur vocalique. Il isole les points d'interrogation et « d'admiration » ; selon lui l'exclamation « élève la prononciation » dès le commencement de la phrase, alors que l'interrogation ne l'élève qu'à la fin (1550 : fO139-140). En revanche, Meigret confirme l'indifférence des grammairiens pour la mélodie générale de la phrase en dehors de ces cas précis ; il ne fait aucune remarque sur la hauteur de la voix pour les autres signes de ponctuation. Son critère est celui de la « pause », comme chez ses contemporains. Son rapprochement avec la musique, appliqué de façon si intéressante dans les chapitres antérieurs sur la longueur des voyelles, ne s'étend pas à la ponctuation. Sur les portées qu'il dessine, les syllabes précédant une virgule, deux points ou un point, se trouvent au même niveau :

Image1

Ramus ne fait que signaler ces points expressifs, sans commentaires. Le fait qu'il place le trait d'union dans ces nouveautés montre bien que le critère n'est pas celui de la voix ni même celui de la pause :

Nous avons davantaige les particulieres distinctions en interrogation, ainsi ? comme. Quest cela autre chose, quabolir de la vie la compagnie des vivans ?
En admiration, ainsi ! O temerite incroyable !
En union, ainsi, _Passe_volant.

Il semble donc que l'intonation ne soit prise en considération que pour les points d'exclamation et d'interrogation et seulement chez certains théoriciens de la deuxième moitié du siècle, en France, en Angleterre (Salmon 1988) et en Espagne (Martinez Marin 1996). Vivian Salmon (1988 : 300) suppose que l'utilisation des points pour la modulation de la voix est probablement inspirée par l'hébreu15. Comme pour le français, on distingue en anglais (à partir de Hart influencé par Meigret) les points de pause de eux d'intonation réservés à l'interrogation, l'exclamation et la parenthèse. Nous supposons que le parcours vers le primat de l'intonation a été le même en France et en Angleterre : c'est à partir des grammaires rhétoriques du XVIIIe siècle que se sont développées les descriptions actuelles fondées sur l'intonation et l'accent, alors qu'elles viennent d'une tradition totalement différente, remontant à l'époque où l'écrit devait aider à la lecture orale16. En Espagne, elles conduisent à adopter pour le début de l'interrogation le signe ¿

Du point de vue sémiotique, le ponctème n'a pas le même statut si on le comprend comme le signe d'un élément sonore (l'intonation) ou en tant que marque visible d'une notion sémantique: une partie du discours avec sa fonction syntaxique, ou rhétorique pour marquer la segmentation de la période. Le second statut n'est lui-même pas uniforme, puisqu'on distinguera entre la délimitation simple entre deux parties du discours probablement proférées à la suite et sans pause (« ce, que »), et la marque d'une absence sonore, le silence, comme chez Meigret. Ce dernier aspect est remarquable parce qu'il montre un intérêt renouvelé pour la notation du rythme qui se dégage progressivement de la question de la longueur vocalique. Le découpage de la phrase ainsi opéré tend à « peindre », pour reprendre une métaphore courante de l'écriture à l'époque, non pas un élément sonore absent, mais une réalité découpée par la langue. La narration qui énumère en plaçant en incises les circonstances et les causes de l'événement non seulement les situe dans la successivité, mais les associe à leur explicitation et à leur commentaire. La ponctuation segmente pour mieux lier dans la compréhension du monde. La pensée sur les faits est fractionnée pour être d'autant mieux jointe par la grande chaîne des causes, et la ponctuation romanesque peint les faits tels qu'ils sont restitués et pensés. Elles s'accompagnent d'une nouvelle conception de l'écrit.

L'analyse dominante du signe écrit repose encore, à cette époque, sur la tripartition aristotélicienne et aussi stoïcienne entre signe mental/ signe vocal/ signe écrit, le dernier ne représentant le premier que par l'intermédiaire du second. Toutefois, l'idée de  l'autonomie du scriptum fait son chemin, depuis Isidore de Séville (selon Parkes 1992 : 20) qui, contrairement à Augustin fidèle à Aristote sur ce point, reconnaît la possibilité pour l'écrit de signifier directement un concept sans verbalisation (Etymologies, I, XX). Ce que Parkes appelle une « grammaire de la lisibilité » (1992 : 23) s'élaborerait donc très tôt. Ce même souci avait inspiré aux moines irlandais la pratique de la séparation des mots, la mise en relief des capitalesornées et la recherche d'une littera absoluta ou réduction des variations graphiques d'une même lettre. L'idée de l'autonomie de l'écrit est reprise par le scotiste Pierre Tartaret (1493) mais aussi par certains Jésuites comme Pedro da Fonseca ([1564], 1598 : I, 10, 19) qui admettent la compréhension immédiate de la chose dans la lecture silencieuse (Demonet 1999). Un exemple significatif de cette évolution favorable à l'écriture inspire une Bigarrure d'Etienne Tabourot des Accords ([1585]. 1595 : I, Y) où l'auteur envisage de faire « peindre » les premières lettres aux petits enfants avant même qu'ils ne les aient oralisées. Ainsi, ils dessineraient directement l'« idée » (sic) du A dans leur esprit. Cette possibilité étant reconnue pour la « diction » et la lettre, elle le sera encore bien davantage pour la ponctuation qui n'a pas de vox d'appui. Elle constitue le ponctème comme porteur de signification en soi, dans l'ordre de la marque graphique et du scriptural (Perrot 1980 et Laufer 1980)

L'évolution de ces usages au cours du XVIe siècle confirme la prise de conscience du statut privilégié du signe écrit en tant qu'il peut représenter directement un concept ou une idée sans verbalisation. La représentation du silence en est le stade ultime. Même les plus phonéticiens des grammairiens, comme Meigret et Ramus, ont prêté attention à cette propriété de l'élément graphique, développant ainsi ce que les scotistes du Moyen Age tardif avaient proposé en dissociant le graphème du phonème, le scriptum de la vox. Avant que les rhétoriciens de l'âge classique n'imposent à nouveau un rapport entre la ponctuation et la mélodie de la phrase, la virgule n'a pas de « voix ».

Les fragments narratifs étudiés confirnent le préalable de l'évolution « méta-physique » de la ponctuation régulière à ses  débuts : donner à voir la structure de la langue comme celle de l'univers, qu'il soit  fictif ou non.

Notes

1 Nous avons conservé le lignage d'origine pour éviter de modifier les espacements originaux.
2 Pour cette question, voir A. Tournon 1999.
3 Tory reproduisant de longs textes latins dans le Champfleury, il a été possible de situer dans ceux-ci le rapport entre 5 et 6. Nos comptages ont été grandement facilités par l'utilisation des textes numérisés : pour Rabelais, texte électronique établi sur les exemplaires originaux et sans modification de la ponctuation, disponible sur http://lolita.unice.fr ou sur CD-ROM. Pour Tory, texte en cours de publication sur http://www.mshs.u niv-poiters.fr/Forell/Epistemon/Tory.htm (par M.-L. Demonet, D. Lancella, P. Martin).
4 Dans le corpus étudié par C. Marchello-Nizia (1978 : 43), la fourchette s'étend aussi de 5 à 15. Pour le comptage des « mots » nous avons pris ensemble les mots soudés (avec ou sans apostrophe), selon la conception de l'unité sonore à l'époque (voir Baddeley 1998 et Biedermann-Pasques 1998).
5 Il serait intéressant de comparer ces chiffres à ceux que l'on obtient pour les vers. Les octosyllabes correspondent assez bien à la « moyenne » obtenue pour la prose.
6 Chez Montaigne, la moyenne se situe entre 7 et 8.
7 V. Salmon appelle « ponctuation rhétorique » le fait de scander la phrase selon un nombre de syllabes donné (6 ou 7) ; mais cette règle numérique latine (qui s'appliquerait ici aux mots et non aux syllabes) peut n'être en rien mélodique pour les langues vernaculaires et n'apparaît pas chez nos théoriciens.
8 On note fréquemment la séparation par une virgule du verbe et de son complément (« composer, leurs dits œuvres »), ce qui correspond à un usage latin (Colombat 1999 : 519) ; on la trouve aussi chez Rabelais mais elle tend à disparaître.
9 Il n'y a jamais de virgule après et dans notre corpus, contrairement à l'usage moderne. Dans les manuscrits de Villehardouin étudiés par C. Buridant (1980 : 44), 76 % des binômes ne sont pas séparés par la virgule.
10 Pour le rapport entre et et la ponctuation dans quelques textes narratifs en prose à l'époque antérieure, voir C. Buridant 1980.
11 De ce point de vue, la différence avec la pratique des manuscrits médiévaux étudiés par C. Buridant (1980 : 45) est notable : alors que cet auteur conclut à la prééminence de la lecture orale, nous constatons au contraire la domination de la lecture silencieuse et grammatico-logique.
12 C. Buridant (1980 : 15) note qu'Alexandre de Villedieu donnait des indications de modulation.
13 J. Palsgrave. op. cit., I, ch. 48, p. 39 de l'éd. de 1852 : « Every frenche worde comynge next  unto a poynt, whether it be suche as the Latins calll punctum planum thus made (.), where the nexte worde commonly begynneth  with a great leller, or with suche as the Latins call comma thus made (:), or virgula thus made(,), al suche wordes shal sounde theyr last letters distinctly or remissely, accordyng to the rules of suche thynges as be made in ryme. »
14 Il est encore assez fréquent qu'il n'y ait pas de ponctuation en fin de ligne ou de paragraphe ; un grand blanc pouvait alors  valoir pour une pause, comme  en fin de  vers. Pour la ponctuation des sonnets des Amours de Ronsard, voir A. Gendre (1993 : 245) qui, après avoir souligné la cohérence du « ponctuateur » des Amours de 1553, admet pourtant la nécessité d'aménager un compromis pour le « confort de lecture de nos contemporains ».
15 Le punctus elevatus divisait le psaume en deux (comme chez Ramus).

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Pour citer cet article :

DEMONET Marie-Luce (2014). "PONCTUATION ET NARRATION CHEZ RABELAIS ET SES CONTEMPORAINS - Partie II".  Revue La Licorne , Numéro 52 (ÉPUISÉ) .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document5887.php

(consulté le 21/09/2017).

Les auteurs

 
Revue La Licorne - ISSN 0398-9992
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