UN POINT, C’EST TOUT... :
GRAMMAIRES, DICTIONNAIRES, ET POÉTIQUE DU LANGAGE
ENTRE XIXe ET XXe SIÈCLES

Publié en ligne le 20 mars 2014

Par Jacques-Philippe SAINT-GÉRAND

Dans nos civilisations occidentales de l’écrit, du point à la ponctuation, tout un espace se dessine dans lequel entrent en conflits les nécessités diverses du rythme comme organisation d’un mouvement de la parole. En fonction des époques, et de leurs intérêts idéologiques ou culturels dominants, logique, pneumatique, syntaxe, sémantique y ont échangé leurs arguments, s’y affrontent encore ou s’y combinent en de subtiles alliances. On eût bien étonné les premiers trouveurs médiévaux de la Chanson de Roland si on leur eût demandé d’être en accord avec la manière particulière dont Paulin Paris et Francisque Michel, en 1837, avaient philologiquement disposé les signes de ponctuation — pour des lecteurs du XIXe siècle — et reconstitué tout autant arbitrairement qu’artificiellement des séquences synchrones de sens stabilisé en surface dans l’historicité des laisses du poème. L’histoire des sciences du langage montre que la plupart des ouvrages techniques, dictionnaires, grammaires, rhétoriques ou autres poétiques, rigidifient ainsi les frêles liaisons de la parole vive en contraintes dogmatiques au travers desquelles le double marquage graphique et accentuel des unités de sens perd sa capacité à signifier. Toute ponctuation est au delà du signe qui peut en porter l’expression.

Dans cette prise de conscience progressive d’une distinction nécessaire à opérer entre la ponctuation et ses divers signes graphiques, le XIXe siècle occupe une place de choix. Quoiqu’une théorie de la ponctuation ne renseigne pas nécessairement sur les conditions pratiques de son utilisation par les écrivains, on sait bien aujourd’hui, par exemple, que l’invention du tiret1, une réflexion scrupuleuse sur la disposition des virgules et des points, aussi bien chez Chateaubriand que chez Senancour, ont souvent été les facteurs et les indices d’une perméabilité nouvelle des genres littéraires, autrefois strictement cloisonnés. Une telle réflexion fut alors le révélateur des formes nouvelles du poème en prose ou de la prose poétique. Aujourd’hui encore, le lecteur le moins attentif de la poésie post-mallarméenne se rend immédiatement compte de ce qu’un texte dénué des marques de ponctuation s’allège rapidement aussi de l’ancrage logique qui l’enracine irrémédiablement dans l’évocation ou la représentation d’une référence toujours matérielle, que cette dernière, à proprement parler, soit de l’ordre des objets du monde, ou qu’elle soit de l’ordre des signes qui en dessinent les contours.

À la suite des investigations d’A. Lorenceau, il revint à Nina Catach2, s’appuyant sur les travaux des grammatistes et grammairiens tels que Girault-Duvivier [1811], Noël et Chapsal [1823], ou Ayer [1878], et sur ceux de lexicographes non moins célèbres : Landais [1834], Bescherelle [1846], ou Larousse [1865], d’avoir attiré l’attention technique et critique sur les ambiguïtés complexes du XIXe siècle en matière de ponctuation. Fidèle à sa conception de l’histoire de l’orthographe, elle négligea toutefois de s’arrêter en détail sur certains ouvrages représentatifs n’entrant que difficilement dans le cadre politique de son argumentation générale. Ceux, par exemple, de S. A. Tassis3 [1859], « Correcteur à l’Imprimerie de Firmin Didot », déjà exploité par Gérard Dessons, et d’Émile Boutmy4, qui, pourtant, faisaient référence en leur époque. Dans ces conditions, mon propos sera ici de revenir sur ces théories dix-neuviémistes de la ponctuation, notamment par l’image qu’en fixe le Grand Dictionnaire Universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, pour tenter de discerner en quoi ces conceptions sont à la fois le prolongement et l’aboutissement des conceptions du XVIIIe siècle, et en même temps une radicale transformation de leur fonction linguistique et de leur valeur sociologique. Peut-être y a-t-il en outre dans ces bouleversements quelques indices susceptibles de justifier l’éviction progressive des signes de la ponctuation dans les formes orales et écrites de la poésie moderne. Et l’affranchissement généralisé du langage qui s’ensuivit.

L’hypothèse de départ sera donc que — sous l’influence du monde des typographes — grammairiens et lexicographes ont voulu marquer les limites d’un terrain, sur lequel ils se reconnaissaient compétents de droit en raison de l’écriture, et de fait par l’histoire, et que la corporation des imprimeurs cherchait à annexer. On connaît les éternelles querelles des Protes, des Grammairiens et des Écrivains. L’objet du litige étant à ce point particularisé qu’il ne pouvait que focaliser des passions contradictoires, il en est résulté un désintérêt progressif pour l’application de lois de la langue, contraignantes au nom de l’ordre et de la raison, et un goût prononcé pour des expérimentations mettant la signification à l’épreuve des rythmes du sens dans la parole.

De nombreux témoignages permettent d’étayer ces considérations. Parmi ceux-ci, citons-en au moins deux, parmi les plus célèbres. Le Traité pratique de la Ponctuation, de Tassis, par exemple, se donne dès le titre comme un recueil

contenant plus de 800 exemples en vers et en prose, Dans lesquels sont exposées les véritables règles de la ponctuation, règles puisées dans la logique et confirmées par des citations variées et choisies ;6 Ouvrage Donnant la solution des principales difficultés omises par les grammairiens, et dans lequel se trouvent relevées les erreurs et les méprises auxquelles ces omissions donnent lieu dans l’écriture et l’impression.

Un peu plus avant, la préface va jusqu’à dénoncer les insuffisances du travail des grammairiens qui ont « omis un grand nombre de règles générales d’une haute importance » et ont donné comme générales et absolues des règles dont l’application, si elle n’était restreinte par des exceptions, rendrait infailliblement le sens de la phrase non-seulement inintelligible, mais absurde et ridicule (p. 6).

L’auteur y penche ostensiblement du côté des arguments de la raison.

Le Dictionnaire de l’Argot des Typographes de Boutmy, par ailleurs, citant Audoin de Géronval, auteur d’un célèbre Manuel de l’imprimeur, note pour sa part :

Le prote ne saurait avoir des connaissances trop étendues dans les lettres, les sciences et les arts, car il est souvent consulté par les auteurs, et quelquefois même devient leur arbitre. Comme il est, en quelque sorte, responsable des fautes qui peuvent se glisser dans une édition, il faudrait qu’il connût, autant qu’il est possible, les termes usités et qu’il pût savoir à quelle science, à quel art et à quelle matière ils appartiennent. Il n’arrive que trop souvent qu’un auteur, pour se justifier de ses propres fautes, les rejette sur son imprimeur. En un mot, on exige du prote qu’il joigne le savoir d’un grammairien à l’intelligence nécessaire pour exécuter toutes les opérations de la partie manuelle de son art. (p. 8)

L’auteur y tente une délicate conciliation d’arguments et d’intérêts opposés, à laquelle les anecdotes plaisantes brodées autour du propos central apportent une teinte amène. Il y a indéniablement dans ces deux témoignages l’expression d’un chevauchement de compétences et la signification d’une rivalité dont les protagonistes de l’époque ne pouvaient être à même de démêler totalement l’origine et les conséquences, en raison du poids exercé alors par la tradition d’une ponctuation fondée sur le sens.

Or, si nous nous plaçons du côté des institutionnels de la langue et du langage, que disent les principaux accusés ? A l’article Point, Larousse, par exemple, se révèle d’une remarquable discrétion en ce qui concerne la nature et la fonction du signe typographique, et n’envisage pratiquement pas le procès de ponctuation :

Point s. m. — lat. punctum; de pungere, poindre. Lieu sans étendue : Les mathématiciens nous disent que la ligne n’est considérée que comme la trace d’un pont en mouvement (Acad.). L’entendement est à l’âme ce que la circonférence est au point géométrique (L’abbé Bautain). Le présent est un point géométrique dans l’espace infini, un instant dans l’éternité » (Mme C. Fée).
Endroit fixe et déterminé : Point milieu; : Point : Point central ; Point d’équilibre.
Très-petite étendue, très-courte durée.
Typogr. Point typographique ou simplement : Point, Unité de mesure usitée pour déterminer la force du corps des caractères et servir à les désigner. Le point typographique est la sixième partie de la ligne de l’ancien pied de roi et correspond à 0m, 002256 environ. ¦ Lettre de deux points, Grande capitale que l’on plaçait et que l’on place encore quelquefois au commencement d’un ouvrage, de ses subdivisions, et dont la force est double de celle du caractère avec lequel on l’emploie. ¦ Points conducteurs, Points de conduite ou Points carrés, Points servant à prolonger une ligne pour la mettre en rapport le plus souvent avec des colonnes de chiffres, que la nécessité d’additionner ou de soustraire oblige de séparer du texte.

Le développement ne laisse guère paraître au reste que des considéra­tions de technique typographique et d’histoire de ces techniques :

Dès les premiers temps de l’imprimerie, on donna des noms particuliers aux caractères considérés par rapport à leur grandeur; mais ces noms, empruntés au titre des ouvrages à la composition desquels ils avaient servi de caractères [la Cité de Dieu de saint Augustin donna son nom au saint augustin; les Lettres familières de Cicéron au cicéro, etc.], ne rappelaient, on le voit, en aucune manière une idée de mesure. C’est ainsi que le caractère nommé diamant qui vaut trois points, le petit-texte qui en vaut sept et demi, le petit-romain neuf, le cicero onze, le saint-augustin douze et treize, le petit-canon vingt-huit, le gros-canon quarante-quatre à quarante-huit, n’indiquent par eux-mêmes aucune dimension. Les premières appellations subsistèrent longtemps après 1737, époque à laquelle Fournier le jeune, célèbre fondeur de l’époque, publia une table des proportions qu’il faut observer entre les caractères pour déterminer leurs hauteurs et fixer leurs rapports. Dans le Manuel typographique qu’il publia en 1764, cet habile typographe, auquel appartient en réalité l’invention de la division des caractères en points, puisqu’il dit en termes exprès (tome premier, p. 130) : « L’invention des points est le premier hommage que j’ai rendu à la typographie », divisait le cicero en douze parties qu’il nomma points. Fournier eut le tort, en établissant sa nouvelle division, de continuer d’appliquer les anciens noms aux caractères qu’il avait rangés dans une échelle purement établie d’après leurs dimensions respectives. Le prototype qu’il inventa avait une longueur de 243 points typographiques, correspondant en mesure métrique à 0m,3333. […]
En 1783, Firmin Didot, sentant la nécessité de substituer à des dénominations dues au hasard une nomenclature expressive, régulière et durable, imagina de déterminer les noms des caractères d’après leurs rapports matériels. Il se servit pour cela d’une mesure commune, qu’il appela point typographique; et qui est la sixième partie de la ligne de l’ancien pied de roi, c’est à dire la sixième partie de 23 dix-millimètres ou un peu moins de 4 dix-millimètres. « La force du corps, dit M. Henri Fournier, étant une condition particulière à chaque caractère, en même temps qu’une dimension commune à toutes ses lettres, le nombre de points qui est contenu dans la force de corps a servi à désigner le caractère. Ensuite, comme on a reconnu que l’œil n’était pas toujours dans un rapport exact avec le corps, on a ajouté pour ces cas anomaux les qualifications de gros œil et de petit œil ». D’après le système de Didot, qui n’eut d’autre avantage sur celui de Fournier jeune que de mettre le point typographique en rapport avec la mesure légale du temps, le cicero ou onze Didot équivaut à peu près au douze de Fournier. Il est toutefois vivement à regretter que ni l’un ni l’autre de ces systèmes ne soit en rapport exact avec le système métrique actuel. Nos regrets sont partagés à ce sujet par M. J. Lechap, qui s’exprime ainsi dans le n° 44 du journal L’Imprimerie : « A l’époque où Didot introduisit sa modification au système Fournier, cette modification était incontestablement un progrès; mais aujourd’hui que le pied de roi, l’unique base du point Didot, est une mesure abandonnée et que le point primitif, au contraire, a , en quelque sorte, sa base dans le système métrique (par une coïncidence bizarre, 100 points du système de Fournier concordent exactement avec 35 millimètres), le système Fournier est devenu le plus normal, le plus avantageux des deux…. Quant à nous, nous croyons qu’on pourrait avantageusement, sans presque rien changer aux habitudes, diviser le millimètre en 3 points, ce qui donnerait 30 points au centimètre et permettrait ainsi de multiplier les longueurs et les épaisseurs par fractions métriques faciles à retenir et à traduire en points. Cette modification serait une réduction d’un-vingtième seulement sur le système Fournier »
[G.D.U., t. XII, p. 1257]

On se perdrait à moins dans un tel dédale de mesures anciennes. Reste que ces remarques accréditent vivement l’idée selon laquelle la dénomination de point a vu s’opérer le transfert de la désignation de la plus petite unité constitutive du corps de caractère à celle du signe typographique démarcatif minimal. A cet égard, le point semble bien être le lieu infinitésimal auquel se réduit le caractère lorsque ne subsiste plus de lui que la trace d’un signe graphique à fonction segmentale. Le point isole des unités de sens achevé distinctes. Larousse se garde bien d’en tirer un enseignement plus large dans cet article. En revanche, l’article Ponctuation donne à lire des précisions et une relativisation très significatives :

Ponctuation. — du latin punctum, point. Gramm. Art ou manière de ponctuer : Les règles de la ponctuation. Les signes de ponctuation. Ponctuation vicieuse. […]
Encycl. Gramm. La ponctuation est souvent considérée comme ayant simplement pour but de marquer les pauses qu’on doit ou qu’on peut faire en lisant ; mais à un point de vue plus élevé, elle est destinée à porter la clarté dans le discours écrit, en montrant par ces signes convenus les rapports qui existent entre les parties constitutives du discours en général et de chaque phrase en particulier.
Rigoureusement parlant, tout se lie dans un discours bien ordonné, et la pensée de l’auteur n’est comprise dans tout son développement que lorsque le discours est fini. Mais, pour ne pas fatiguer l’attention du lecteur, on a toujours soin de lui ménager de temps en temps des points de repos ; c’est-à-dire qu’on ne lui expose la pensée générale qu’au moyen d’une suite de pensées particulières dont chacune peut être comprise en elle-même, indépendamment des rapports qu’elle a nécessairement avec les autres pensées. On appelle phrase, en ponctuation, toute suite de mots exprimant une de ces pensées particulières et pouvant, au moins momentanément, être considérée comme renfermant un sens complet et fini. C’est le point simple (.) qui sert à séparer les phrases les unes des autres, et l’on peut dire ainsi que le point marque l’endroit où l’auteur considère comme complète l’expression d’une pensée, l’endroit où il veut que son lecteur s’arrête un instant afin que ce qu’il vient de lire laisse une trace distincte dans son esprit. Plus les points sont fréquents dans un discours, plus le style est clair, mais aussi plus il est haché, découpé, décousu ; plus ils sont rares, plus le style est compact, mais aussi plus il est traînant, pénible, lourd ; l’excès, en un sens ou un autre, est un défaut, cela est évident, et les bons écrivains savent seuls trouver la mesure exacte qui réunit la clarté à l’enchaînement rationnel des idées.
Trois signes principaux de ponctuation servent à parquer les rapports qui unissent entre elles les parties des phrases ; ce sont la virgule (,), le point et virgule (;) et les deux points (:)
— Hist. La ponctuation dans les inscriptions et les manuscrits. L’usage de signes accessoires d’écriture pour distinguer les phrases entre elles et marquer les divisions essentielles dans une même phrase ne remonte pas au-delà du IIIe siècle avant notre ère; mais l’usage des points pour distinguer les mots et empêcher la confusion qui pouvait s’établir entre eux remonte à une très haute antiquité. Dans les fameuses tables Eugubines, en caractères étrusques, chaque mot est suivi de deux points; dans les mêmes tables, en caractères latins, chaque mot est suivi d’un point. Une inscription trouvée à Athènes, et qui date de 450 avant J. C., offre entre chaque mot, trois points placés verticalement. Quelquefois, les points, au nombre de trois ou de quatre sont disposés en triangles, en carré ou en cercle, en rhombe ou en losange.

Les précisions portent sur la place de la ponctuation dans l’organisation syntaxique des énoncés ; la relativisation, quant à elle, touche au rôle assumé par le point dans l’ensemble du dispositif typographique. Dans un ouvrage conçu par un lexicographe qui se voulait à la fois ancien imprimeur et instituteur soucieux de pédagogie, et d’ailleurs réalisé sous ce double patronage, la remarque n’est pas mince, et mérite qu’on s’y arrête. Le marqueur de domaine : Gramm. délimite précisément le champ d’application des remarques formulées. Ce n’est évidemment pas sans raison : le traité de Tassis commence par l’exposé de Notions préliminaires [p. 9-17] qui constituent un rappel abrégé des fon­dements idéologiques de la grammaire générale, sur lesquels sont entées des considérations syntaxico-rhétoriques relatives à l’organisation logique des énoncés. On a là une parfaite représentation du clivage auquel donne lieu le champ de la ponctuation en tant que notion et en tant que pratique.

Un ouvrage tel que le Dictionnaire des Difficultés Grammaticales et Littéraires de Laveaux, gigantesque compilation des articles de langue de l’Encyclopédie de d’Alembert et de Diderot, emprunte à Marmontel, à Beauzée, à Condillac, à Dumarsais, des conceptions logiques du XVIIIe siècle et s’en fait le relais tout au long du XIXe siècle, ce qui ne va pas sans distorsions de la valeur des faits. Ainsi faut-il lire cette définition, qui reprend les linéaments d’une démonstration de Beauzée et va les transposer sans s’en rendre compte dans un autre univers de conception et de représentation :

Ponctuation. Subst. F. Terme de grammaire. La ponctuation est l’art d’indiquer dans l’écriture, par les signes reçus, la proportion des pauses que l’on doit faire en parlant ; de distinguer les sens partiels qui constituent un discours ; et de marquer la différence des degrés de subordination qui conviennent à chacun de ces sens. Nous croyons ne pouvoir rien donner de meilleur sur cette matière, qu’un extrait de l’article Ponctuation que Beauzée a fait insérer dans l’Encyclopédie.
Les caractères usuels de la ponctuation sont la virgule, qui marque la moindre de toutes les pauses, une pause presque insensible ; un point et une virgule, qui désigne une pause un peu plus grande ; les deux points, qui annoncent un repos encore plus considérable ; et le point, qui marque la plus grande de toutes les pauses. Le choix de ces caractères devant dépendre de la proportion qu’il convient d’établir dans les pauses, l’art de ponctuer se réduit à bien connaître les principes de cette proportion. Or, il est évident qu’elle doit se régler sur les besoins de la respiration, combinés néanmoins avec les sens partiels qui constituent les propositions totales, etc.

On retrouve explicitement en ces lignes — en langue et sous les espèces de lois logiques du langage fondées sur un idéal d’harmonie calculable — des éléments bien connus d’une pneumatique de la ponctuation, qui prend appui sur le galbe des courbes intonatives du discours, et une certaine conception du naturel spontané. Marmontel, dont les Éléments de Littérature ont été également repris sans relâche au cours du XIXe siècle, énonçait déjà des considérations de cette nature :

Dans les sauvages même, tels que nous les voyons, réunis en société, quoique l’exemple, l’opinion, la coutume, aient déjà travaillé à corrompre le naturel, il est facile encore de voir que plus l’homme est près de la nature, plus il a d’ingénuité. On sait qu’elle est en eux la bonté de la vue et la finesse de l’ouïe ; et si le sens intime, auquel répondent ces deux organes, n’a pas la même subtilité, au moins doit-il avoir la même netteté de perception et de justesse. […] L’analyse, l’abstraction la combinaison des idées, l’art de les composer , de les décomposer, d’en saisir les nuances, d’en apercevoir les rapports, ce travail de l’esprit, d’où naissent tant de lumière et tant de nuages, n’éclaire pas son entendement, mais aussi ne l’offusque pas. Ses idées sont des images, sa pensée est le résultat prompt et rapide de ses sensations, mais elle n’en est que plus vive7

Bien d’autres relais, contemporains des premières éditions du Laveaux, pourraient être allégués, qui assurent la transmission d’une semblable conception. Certains sont totalement définis et perçus comme tels. Ce sont, par exemple, près de vingt-cinq ouvrages qui affichent leur ambition de traiter de la ponctuation en liaison avec d’autres secteurs et d’autres intérêts de la grammaire ; je souligne une nouvelle fois en caractères gras les corrélations et récurrences lexicales ci-dessous significatives :

1809
LEQUIEN E. A., Traité de la ponctuation, Paris, chez l’auteur. Encore réédité en 1847 [10e éd., par V. Collin]
VINCARD B., Traité de ponctuation, Paris, chez l’auteur.

1810
BOINVILLIERS, alias FORESTIER, J.-E.-J., Cours analytique d’orthographe et de ponctuation, ou Nouvelle grammaire des dames, Paris, Delalain. Encore réédité en 1831 [3e éd.]

1812
BOYER, C.-P., Observations grammaticales sur le genre des substantifs, sur la concordance des temps des verbes et sur la ponctuation, Amsterdam, Chanal.

1813
RAYMOND Fr., Nouveau traité de ponctuation, Paris, chez l’auteur.

1815
POMPÉE, G.-F., Cours d’orthographe et de ponctuation, suivi des éléments de la grammaire française, Paris, Brunot-Labbe

1818
LARCHER J.-A., Ponctuation, graduée mathématiquement, ornée d’un nouveau signe commandé par la nécessité, Paris, chez l’auteur.

1824
FREY, A, Principes de ponctuation fondés sur la nature du langage écrit, Paris, Tourneux et Ponthieu. Encore réédité en 1836 [4e éd.]. L’auteur se disait « ancien prote et correcteur d’imprimerie »

1827
LE FRANÇOIS DE HAUTEVESNE Ch.-A., La Ponctuation enseignée en dix leçons, Paris, Audin.

1837
ROBERT, Th., Syntaxe française; analyse logique et traité de ponctuation, Paris, chez l’auteur.
PROMPSAULT abbé J.-H.-R., Traité de ponctuation et de lecture, Paris, Jeanthon.

1839
LYON, H.-M.-G., Petit manuel d’accentuation et de ponctuation, Montauban, s. éd ;

1847
SOULE, Alex., Nouveau traité de la proposition, d’après le système de coordination et de subordination, extrait de la Grammaire française inédite de cet auteur, et suivi d’un nouveau traité du participe et d’un nouveau traité de la ponctuation, Agen, Noubel.

1855
CHARRIER, É. [Mme], Cours complet de langue française. La ponctuation enseignée par la pratique, Paris, Maire-Nyon.

1859
TASSIS, S.-A., Traité pratique de la ponctuation, Paris, Firmin-Didot [La dernière édition — 4e — sera de 1882].

1862
ANON. Traité de ponctuation, Paris, Garnier.

1867
LACASSE, N., Traité théorique et pratique d’analyse grammaticale, d’analyse logique et de ponctuation, Québec, Réédition en 1877.

1873
RICQUIER, L., Traité de ponctuation précédé d’un précis d’analyse logique, Paris, Librairie de «L’Écho de la Sorbonne». Seconde édition en 1882.

1875
ANON. Leçons d’analyse et de ponctuation à l’usage des pensionnats de la Société de Marie, Angers, Barassé.

1879
GASC, J.-J., Traité élémentaire de ponctuation basée sur l’analyse logique, Montauban, Forestié.

1881
LHERNAULT, F., Traité raisonné de ponctuation, ou Emploi rationnel des signes qui servent à répandre la clarté dans le discours, Paris, Boyer.
PETIT, A., La Grammaire de la ponctuation (Écriture - Lecture) à l’usage de l’enseignement secondaire, Paris, Hetzel.
PONTIS, P.-C., Petite grammaire de la ponctuation, Paris, Hetzel.

1890
MATHIEU, C., Petit traité de ponctuation, Tlemcen, sans éd. L’auteur se dit « Professeur »...

Une telle liste, très certainement non exhaustive, est cependant doublement révélatrice. D’une part, elle témoigne d’un intérêt marqué pour une question qui s’avère discriminante en soi des capacités de l’usager de la langue à manier l’instrument avec souplesse et à maîtriser la pensée avec fermeté. D’autre part, elle permet de prendre la mesure des variations auxquelles l’objet « ponctuation » est soumis dans ses relations avec les territoires connexes de l’étude du langage

Dans la première moitié du siècle, les difficultés de la ponctuation sont souvent rapprochées de celles que posent l’emploi et l’orthographie du participe passé… Et l’enseignement, ici, n’est pas mince, qui fait apparaître une corrélation explicite de plus en plus forte entre la ponctuation et l’analyse logique, tant sous les premières espèces idéologiques de son développement, avant 1845, que sous les secondes, plus ouvertement et cependant plus strictement didactiques, élaborées entre 1850 et 1870, qui connaîtront leur plus ample expansion avec l’école de Jules Ferry. Il n’est pas surprenant que l’année 1881 voie à cet égard la publication simultanée de trois ouvrages. On notera sans guère plus d’étonnement que la question dépasse les mers et les océans, et que — du Québec à l’Algérie ! — elle suscite la publication de livres et de manuels. Plus question alors de laisser au seul souffle la capacité de déterminer les pauses de l’expression et les articulations de la pensée. Une dimension politique s’inscrit là encore dans le filigrane de l’objet sémiotique ; et il revient au linguistique d’en assurer la perception en transparence.

Une telle liste d’ouvrages grammaticaux ne préjuge évidemment pas non plus de ce qu’on pourrait trouver dans les dictionnaires contemporains et autres ouvrages d’esthétique langagière ou de théorie de la composition. Non sous la forme unitaire de théories d’ensemble, mais sous celle fragmentée de notices, parfois unifiées en apparence par le discours préfaciel de l’ouvrage, mais souvent beaucoup plus disséminées dans l’ensemble que réellement articulées. On pourrait consulter à cet égard, dans une visée comparative, les articles point, virgule, point-et-virgule, tiret, deux points, etc. des grands ouvrages lexicographiques publiés entre la première édition du Dictionnaire universel de Boiste et le Dictionnaire général de la langue française de Hatzfeld, Darmesteter et Thomas… Sous l’effet de la rétrospection que nous lui appliquons, il restera toujours que cet ensemble documentaire demeure remarquable par sa stabilité superficielle, même si cette dernière dissimule au fond des déplacements intérieurs au terme desquels la ponctuation n’apparaîtra plus que comme une contrainte simplement formelle, et d’ailleurs plutôt standardisée, de l’écrit. En perdant son énergie sémiotique disruptive, la ponctuation devient alors un moyen d’évaluer l’adaptation du sujet de la langue à la société dans laquelle les idées politiques reçues en une époque se sont substituées au politique intemporel de la langue. C’est sur ce quoi je voudrais désormais attirer l’attention.

Et pour cela, il faut revenir aux conceptions logiques, ou plus exactement idéologiques, plus anciennes, véhiculées par Laveaux, qui poursuivait en ces termes la rhapsodie du développement précédent :

Si l’on n’avait égard qu’aux besoins de la respiration, le discours devrait se partager en parties à peu près égales ; et souvent on suspendrait maladroitement un sens qui pourrait même par là de venir inintelligible ; d’autres fois, on unirait ensemble des sens tout-à-fait dissemblables et sans liaison, ou la fin de l’expression d’un sens avec le commencement d’un autre. Si, au contraire, on ne se proposait que la distinction des sens partiels, sans égard aux besoins de la respiration, chacun placerait ces caractères distinctifs selon qu’il jugerait convenable d’anatomiser plus ou moins les parties du discours : l’un le couperait par masses énormes qui mettraient hors d’haleine ceux qui voudraient les prononcer de suite ; l’autre le réduirait en particules qui feraient de la parole une espèce de bégaiement dans la bouche de ceux qui voudraient marquer toutes les pauses écrites.
Outre qu’il faut combiner les besoins des poumons avec les sens partiels, il est encore indispensable de prendre garde aux différents degrés de subordination qui conviennent à chacun de ces sens partiels, dans l’ensemble d’une proposition ou d’une période, et d’en tenir compte dans la ponctuation par une gradation proportionnée dans le choix des signes. Sans cette attention, les parties subalternes du troisième ordre, par exemple, seraient séparées entre elles par des intervalles égaux à ceux qui distinguent les parties du second ordre et du premier ; et cette égalité des intervalles amènerait dans la prononciation une sorte d’équivoque, puisqu’elle présenterait comme parties également dépendantes d’un même tout, des sens réellement subordonnés les uns aux autres, et distingués par différents degrés d’affinité [p. 561 b]

L’idée est bien ici encore celle — démontrée par l’absurde — de l’insuffisance probatoire de l’argument du souffle, lequel doit alors être relayé par une théorie de la décomposition de la pensée en ses constituants logiques, et de la hiérarchisation par niveaux de ces constituants.

Or cette présentation des faits est entièrement reprise à leur compte par Jean-Edme Serreau et François-Narcisse Boussi, par exemple, dans leur Grammaire ramenée à ses principes naturels de 1823 [rééd. en 1829], qui ne craignaient pas d’affirmer en reprenant d’illustres prédécesseurs, ceux-là même que nous avons précédemment évoqués :

La ponctuation est le résultat de l’analyse ; elle est le signe des rapports plus ou moins éloignés que les différentes propositions ont entre elles. En même temps qu’elle ménage au lecteur des repos pour la respiration, elle prévient les équivoques et le contre-sens multipliés qui auraient infailliblement lieu dans la lecture, si aucun signe grammatical ne séparait les phrases les unes des autres, suivant la subordination des idées qu’elles représentent ; c’est elle qui indique au lecteur la tenue des pauses et les inflexions de voix, et l’identifie, pour ainsi dire, avec l’auteur lui-même, qu’il défigurerait en lisant, s’il n’était guidé par les signes de la ponctuation.
Ces signes sont la virgule, le point et virgule, les deux points et le point, qui est absolu, interrogatif ou exclamatif. Il faut y ajouter les points suspensifs, le trait de séparation, la parenthèse et les guillemets [p. 406]

On voit s’esquisser dans ces lignes une conception de la ponctuation qui tend à faire de cette dernière l’expression formelle d’un des modes de la subjectivité de l’énonciation grâce auquel l’écrivain et le lecteur peuvent se rencontrer en discours. Même si le terme d’énonciation ne recouvre absolument pas le même contenu au XVIIIe siècle et en nos présentes années post-structurales, cette idée de lier la ponctuation à l’acte par lequel se réalise la forme de l’énoncé n’est certainement pas totalement originale. Les détours de l’évolution de la grammaire, qu’elle soit celle de l’usage, ou celle plus générale et métaphysique des langues, ont accrédité son contenu, tant chez Girard8, par exemple, que chez Diderot9, et Du Broca10 ne s’est fait ici en quelque sorte que le diligent intermédiaire de ces remarques sur le seuil des premières années de l’Empire. Mais c’est bien là, précisément, ce qui — derrière le passage du temps du XIXe siècle — mérite une attention à laquelle n’incline pas nécessairement le sentiment de reprise et de répétition que fait naître la lecture aride de nos témoins documentaires.

Or, un des caractères les plus fascinants de l’évolution de la conscience des faits linguistiques qui s’opère à cette époque risque d’être un des moins aisément perçus à distance historique. En l’occurrence, et derrière une permanence de façade manifestée par des formes de langue si peu différentes de celles qui sont les nôtres, le subtil et trompeur déplacement de valeurs ponctuelles qui résulte d’un mode de fonctionnement différent des unités du système de la langue et de la sémiotique des discours dans leur double ancrage référentiel et linguistique.

Il importe alors de joindre à la masse des documents allégués un modèle interprétatif. J’ai eu suffisamment l’occasion de présenter ailleurs ce modèle historiciste et rétro-prospectif, mettant en avant la fonction de valeur dévolue aux faits observés et retenus dans la définition d’une intrigue interprétative et explicative, pour qu’il soit encore nécessaire de l’exposer maintenant11. On peut voir toutefois son mécanisme en boucle s’appliquer exactement dans les présentes circonstances.

Si l’on pousse l’investigation du phénomène de la ponctuation plus avant dans le cours du siècle, on constate en effet que le déplacement d’une théorie pneumatique de la ponctuation à une théorie de l’analyse grammaticale logique se réalise subrepticement sous la reprise des mêmes arguments de l’idéologie ; à savoir que le souffle, incluant par les lois de proportion une forme de logique des idées, ne saurait être étranger au génie harmonieux de la langue française. Or, il y a là une forme de justification qui traverse toute l’histoire de la langue française sans parvenir — faute d’expliciter son fondement — à élucider les mécanismes premiers de sa sémiologie. Et c’est, par exemple, ce que Bernard Jullien est forcé de constater lorsqu’il aborde le chapitre des signes de ponctuation dans un ouvrage qui, par ailleurs, traite des sons du français, et de l’oralisation des discours :

La ponctuation consiste à marquer, par des signes convenus, les divisions ou la fin des phrases, et la manière actuelle dont nous considérons telle ou telle proposition.
Il est évident, par cette définition, que la ponctuation est une écriture idéographique. Elle représente notre idée actuelle, notre manière de concevoir la liaison ou la dépendance de nos propositions et les divisions du discours ; c’est-à-dire que, comme nous l’avons déjà expliqué en parlant des fautes contre l’énonciation des phrases, on est obligé de s’en tenir à des conseils généraux, et qu’il est impossible de formuler des règles précises de ponctuation, comme on en donne pour l’orthographe ou l’accord des mots.
En effet, on voit que les divers auteurs affectent des ponctuations différentes, selon qu’ils aiment plus ou moins à lier leurs phrases entre elles, ou à les détacher, à les présenter comme indépendantes les unes des autres. Les uns ont une ponctuation très chargée et multiplient singulièrement les signes de division ; les autres ont une ponctuation clair-semée ; ils ne voient dans un discours entier que des phrases qui se régissent successivement ; on lit quelquefois une ou deux pages sans rencontrer un point final.
Sans doute, il faut se tenir entre ces deux extrêmes ; mais il n’est pas possible d’assigner exactement le milieu qu’il faut garder. On doit donc s’attendre à trouver sur ce point une assez grande indécision dans les règles12.

Jullien en arrive ainsi à une distinction de circonstance, dont la fibule argumentative — d’ailleurs ! — ne saurait faire illusion en ce contexte :

Notes

1. Voir à ce sujet G. Dessons, « Rythme et écriture : le tiret entre ponctuation et typographie », in Mutations et sclérose : la langue française 1798-1848, publié dans la collection des ZfSL Beihefte, 21, éd. p. J.-Ph. Saint-Gérand, Franz Steiner Verlag, Stuttgart, 1993, p. 122-134.
2. Voir notamment son petit Que Sais-Je ?, n° 2818, La Ponctuation, P.U.F., 1994, p. 42 sqq.
3. S.-A. Tassis, Traité pratique de la ponctuation, Paris, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, Imprimeurs de l’Institut de France, rue Jacob, 56, 3e édition, 1873.
4. E. Boutmy, Dictionnaire de l’Argot des Typographes, suivi d’un choix de coquilles typographiques curieuses ou célèbres, 1883, réédition, Les Insolites, Libraire-Éditeur, 1981.
5. Dans les citations suivantes, l’utilisation de corps gras est de notre fait et doit être interprétée comme le signe d’un soulignement.
6. Les italiques à l’intérieur des citations signalent un soulignement de l’auteur.
7. J.-F. Marmontel, Éléments de Littérature, Librairie de Firmin Didot Frères, Fils et Cie, éd. 1856, t. I, « Essai sur le Goût », p. 4.
8. Celui-ci notait : « La ponctuation soulage et conduit le lecteur ; elle lui indique les endroits où il convient de se reposer pour prendre sa respiration, et combien de temps il doit y mettre ; elle contribue à l’honneur de l’intelligence, en dirigeant la lecture de manière que le stupide paraisse, comme l’homme d’esprit, comprendre ce qu’il lit ; elle tient en règle l’attention de ceux qui écoutent, et leur fixe les bornes du sens ; elle remédie aux obscurités qui viennent du style », dans Les Vrais principes de la langue française ou la parole réduite en méthode, conformément aux lois de l’usage, Le Breton, 4e éd. 1769, t. II, XVI, « Sur la Ponctuation, réglée par les degrés de distinction qu’il peut y avoir entre le sens et les frases [sic] dont le discours est composé », p. 435.
9. Diderot affirmait : « Les repos de la voix dans le discours, et les signes de ponctuation dans l’écriture, se correspondent toujours ; ils indiquent également la liaison ou la disjonction des idées ».
10. L. Du Broca, L’Art de Lire à Haute Voix, suivi de l’application de ses principes à la lecture des ouvrages d’éloquence et de poésie, chez l’Auteur, chez Delaunay, et
A. Johanneau, 1824. Les citations précédentes sont empruntées à la page 80 de cette édition.
11. Le lecteur pourra se reporter, au choix, aux éléments présentés dans le chapitre « XIXe siècle » de la Nouvelle Histoire de la Langue française, dirigée par Jacques Chaurand, Paris, Éditions du Seuil, 1999 ; à l’article « Émois grammaticaux, Frissons lexicaux : Vibrations de l’épilinguistique et Trémulations métalinguistiques au seuil du XIXe siècle », dans L’Information grammaticale, octobre 1999, et aux éléments du site Internet Langue du XIXe siècle, accessible à l’adresse : http://www.chass.utoronto.ca/epc/ langueXIX/
12. B. Jullien, Les Éléments matériels du Français, c’est-à-dire Les sons de la langue française entendus ou représentés, ouvrage utile à tous ceux qui s’occupent de l’étude de notre langue, Librairie Hachette et Cie, 1875, p. 139.
13. Ibid., p. 166.
14. Laveaux cite encore un extrait du soi-disant Traité de ponctuation de Beauzée dans son propre Dictionnaire des Difficultés Grammaticales et Littéraires de la Langue française, 3e éd., Hachette, 1847, p. 567 b.
15. Grammaire Larousse du XXe siècle, Traité complet de la langue française, avec la collaboration de Félix Gaiffe, Ernest Maille, Ernest Breuil, Simone Jahan, Léon Wagner, et Madeleine Marijon, Larousse, 1936, p. 127.
16. Le Système grammatical de la langue française, de Georges Gougenheim, qui est la première application extensive au français du structuralisme phonologique pragois, et de son modèle explicatif par opposition de marques, date de 1938.
17. Le Traité du rythme Des vers et des proses, de G. Dessons et H. Meschonnic, Bordas, 1998, évite que l’on ait à développer cette idée, retrouvée ici au terme d’une analyse « historiciste » du phénomène de la ponctuation. Voir en particulier, p. 50-54.

Pour citer cet article :

SAINT-GÉRAND Jacques-Philippe (2014). "UN POINT, C’EST TOUT... :
GRAMMAIRES, DICTIONNAIRES, ET POÉTIQUE DU LANGAGE
ENTRE XIXe ET XXe SIÈCLES".  Revue La Licorne , Numéro 52 (ÉPUISÉ) .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document5703.php

(consulté le 21/09/2017).

Revue La Licorne - ISSN 0398-9992
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