À propos de la ponctuation dans l’Image du monde

Partie I

Publié en ligne le 17 mars 2014

Par Alexis LAVRENTIEV

Malgré quelques articles intéressants parus sur le sujet depuis une vingtaine d’années1, la ponctuation française médiévale reste de façon générale un domaine très peu étudié2. Dès les premières éditions modernes de vieux textes, les médiévistes qui les préparaient ont préféré moderniser complètement leur ponctuation afin de les rendre plus « intelligibles » au lecteur de nos jours. Pour cette raison, les gros corpus informatisés des textes en ancien et en moyen français créés à partir des éditions modernes sont absolument inutilisables pour l’étude de la ponctuation.

L’une des raisons pour lesquelles la ponctuation des manuscrits médiévaux a été négligée par les éditeurs est son incohérence apparente et le fait que la ponctuation d’un même ouvrage peut varier considérablement d’un manuscrit à l’autre. Les études existantes (cf. plus haut) sont basées sur la comparaison de plusieurs manuscrits d’un même texte et permettent de mettre en évidence quelques tendances intéressantes, mais elles sont insuffisantes pour établir une typologie des « ponctuations médiévales » ou pour expliquer les raisons de la diversité attestée.

Il est donc trop tôt pour formuler quelque généralisation que ce soit sur les tendances de la ponctuation médiévale tant qu’on n’a pas dépassé le stade de la « récolte des données ». Le présent article a pour seule ambition d’être une modeste contribution à ce vaste travail. En nous basant sur un corpus relativement réduit composé de plusieurs rédactions d’un ouvrage médiéval, nous essayerons de tirer au clair les grandes tendances qui caractérisent la ponctuation de chaque texte, les comparerons à celles trouvées par d’autres chercheurs dans d’autres textes, ce qui nous permettra de formuler quelques hypothèses concernant la spécificité de la ponctuation française médiévale par rapport à celle du français moderne.

Le texte qui nous a servi de corpus pour la présente étude est une sorte de manuel médiéval de tous les domaines du savoir (théologie, géographie, astronomie, etc.). Il a été écrit au milieu du XIIIe siècle, en français, mais en partie d’après des sources latines. Son auteur est sans doute un certain Gossouin de Metz (quelques manuscrits offrent d'autres variantes de son nom, Gosoin, Gaultier). Il en existe des versions en vers et en prose, et ce sont ces dernières qui nous intéressent. Nous avons choisi d’étudier deux manuscrits et un incunable, dont nous avons saisi sur ordinateur deux échantillons : 1) le Prologue et les 6 premiers chapitres de la 1ère partie, 2) les 23 derniers chapitres de la 2e partie et les 3 premiers chapitres de la 3e. Cela nous a permis de compter avec précision les occurrences de certaines particularités de la ponctuation. Tous les calculs sont donc effectués sur ce corpus informatisé3. Les références nécessaires ainsi que la taille du corpus informatisé figurent dans le tableau ci-dessous :

Réf.

Description

Corpus informatisé

ms. A

Manuscrit BnF, fr. 574, XIVe siècle, écriture soignée, version complète

a) f° 1 à 26, 8195 occurrences-mots (A1) ;

b) f° 67 à 98, 9770 occ.-mots (A2) ;

Total : 17965 occ.-mots.

ms. G

Manuscrit Ste Geneviève 587, fin XIIIe / début XIVe siècle, écriture rapide, version abrégée

a) f° 172r à 175v (lignes 1 à 795), 6770 occ.-mots (G1) ;

b) f° 182r à 186v (lignes 1980 à 2935), 8125 occ.-mots (G2) ;

Total : 14895 occ.-mots.

Inc

Incunable imprimé à Paris par Iehan Treperl en 1495, version très abrégée

a) 8 f° (lignes 1 à 496), 5126 occ.-mots   (Inc1);

b) 8 f° (lignes 1248 à 1792), 5630 occ.-mots (Inc2)4 ;

Total : 10756 occ.-mots.

Le genre du texte étudié conditionne certaines particularités linguistiques : il y a là très peu de discours direct, peu de phrases interrogatives ou exclamatives. Il n’y a donc pas de raison pour s’étonner si l’on ne trouve pas de ponctuation spéciale pour les marquer.

En étudiant le système graphique d’un texte (dont la ponctuation fait partie), il est important de respecter au maximum dans les citations le système des caractères et la mise en page de l’original. D’autre part, il est parfois techniquement très difficile de rendre, en citant des passages du texte dans l’article, toutes les abréviations, toutes les variantes calligraphiques des caractères. Dans notre corpus informatisé nous avons mis au point un système de codage permettant de noter la plupart des particularités graphiques des manuscrits (sauf les ligatures). Cependant, l’utilisation de ces codes ou symboles (dont l’aspect n’a souvent rien à voir avec ce qu’on trouve dans l’original) dans les citations courantes les rendrait difficiles à lire et n’aiderait sans doute pas le lecteur à mieux percevoir le système graphique de l’original. Nous avons donc choisi de ne rendre dans nos citations que les caractères spéciaux et les particularités de la mise en forme qui sont les plus significatifs et relativement faciles à présenter dans leur aspect réel. Il s’agit du s « long » (), des tildes de nasalité (~) sur a, e, i, o et u5, de la perluète (&), des abréviations q (= que) et q' (= qui), ml't pour moult. Nous avons, bien entendu, attaché une attention particulière à bien noter tout ce qui relève de la ponctuation et de la segmentation graphique, notamment la soudure de clitiques élidés (lomme pour ‘l’omme’, « l’homme »), l’agglutination (deschoesdeurope pour « des choses d’Europe ») et la déglutination (a mer pour ‘amer’, « aimer »). Nous tenons également à noter les fins de lignes qui peuvent jouer un certain rôle dans la ponctuation. Nous utilisons une double barre oblique (//) pour les marquer, puisqu’une seule barre oblique est utilisée comme signe de ponctuation dans le ms. G et dans l’incunable.

Avant de passer à l’analyse de notre corpus, il faut préciser quelques notions méthodologiques. Qu’est-ce que la ponctuation ? Nous nous en tenons au sens large de ce terme proposé par N. Catach, pour qui la ponctuation comprend non seulement les signes tels que le point, la virgule, le point d’interrogation, etc., mais aussi tous les « outils » qui participent à l’organisation graphique du texte à trois niveaux : le niveau des mots, celui des unités syntaxiques et communicatives et celui du texte (la mise en page). Parmi ces outils on peut citer les blancs, les variantes positionnelles de certaines lettres, les majuscules, les initiales de différentes sortes (ornées, etc.), les techniques de mise en page (l’organisation des paragraphes, la rubrication, etc.). Ces outils (ou marques) de ponctuation fonctionnent souvent ensemble (en se complétant ou en se remplaçant) et forment « un système de renfort de l’écriture… chargé d’organiser les rapports et la proportion des parties du discours et des pauses orales et écrites6 ».

Une caractéristique importante qui semble marquer la ponctuation de la plupart des textes français médiévaux est un gros écart entre les doctrines de la ponctuation, qui ne manquent pas, et la pratique qu’on peut constater dans les manuscrits. Il convient de noter que les traités de ponctuation de l’époque étaient tous écrits en latin et concernaient en premier lieu la production écrite en cette même langue7. L’usage du français écrit était réservé au Moyen-âge aux textes littéraires et « utilitaires » (chartes, lettres, etc.), plutôt peu influencés par la stricte logique du latin savant. Il faut noter aussi qu’une partie importante des textes littéraires était en vers, où la ponctuation n’est pas la même qu’en prose8.

Il est difficile d’établir des rapports stricts entre les unités syntaxiques (phrases, propositions) et les unités textuelles délimitées par la ponctuation. La ponctuation forte (point + majuscule9) peut intervenir au milieu d’une énumération ou bien peut manquer dans des passages assez longs :

Li pre//miers lieus deurope i // et romanie . Et une // partie de contantinoble . // Rececorinde . Et mace//doine . Thealie . Boeme . (A : f° 67c) ;
Sur lair et le feu qui et moult replendiant et et // moult noble choe et moult legiere&nya point de // moiteur et et le plus oubtil que le feu dõt nous võs // que net leaue clere du pur air . ou comme eaue et plus // ubtile que net la terre cet element dont ie parle qui e // dit feu e tiet pres de la lune cõme on peult aperceuoir // car aulcunefois en voit de etoilles qui emblent etre // nouuelles . dont aucunes gens dient que ce õt etoilles // q' en võt courãt mais nõ õt : mais encelles de feu qui // et nee dune vapeur eche ou q' a peu de moiteur laql//le le oleil atrait a mõt . & quant elle e bie hault en lair elle // e epãt & luit cõe vne chãdele tout en la maniere dune // etoille et puis apres elle chiet en lair moite&e etãit & // i elle e i groe q lair moite ne la puie etrãidre a dõt // elle decend iuques us la terre&pluieurs les ont veu//es&trouueeztoutes ardãt us la terre & les ont trouues // comme cendre et ceulx qui cuidet que ce oit vne etoil//le ne cuidet pas bien les etoille ne cheet pas car elles// ont ordonnees de dieu qui tout a fait tellemet quelles // ne pourroiet choir
(Inc : l. 1634 – 1653)

C. Marchello-Nizia a proposé d’appeler les portions de textes médiévaux délimitées par la ponctuation des « unités de lecture10 ». Tout en acceptant ce terme élégant, nous croyons qu’il est utile de distinguer au moins deux types parmi ces unités : celles délimitées par la ponctuation forte (dont la marque principale est la majuscule) et celles marquées par la ponctuation faible ou moyenne (avec un signe de ponctuation suivi d’une minuscule). Dans le premier cas on parlera de phrases graphiques ; les unités du deuxième type peuvent être appelées des séquences ponctuées.

On parlera aussi de mot graphique pour désigner une séquence continue de caractères formant un ou plusieurs mots au sens traditionnel, dont les limites sont marquées par un blanc ou tout autre outil de séparation.

En premier lieu, il faut distinguer les signes de ponctuation proprement dits et les marques de ponctuation de nature différente qui peuvent remplir la même fonction de structuration graphique du texte. Parmi ces marques on peut citer les blancs, les majuscules, la mise en page. Dans les textes anciens on peut trouver certaines marques spécifiques qui ne sont plus utilisées dans les textes modernes ou dont le rôle n’est plus le même.

Il s’agit notamment des variantes calligraphiques de certaines lettres dont l’usage pouvait être conditionné par leur position dans le mot. Il existait ainsi deux : s « court » (s) et s « long » (). Dans notre corpus, le s long est rare en fin de mot (quelques occurrences dans les mss. A et G et aucune occurrence dans l’incunable), tandis que le s court n’est utilisé qu’en finale et pourrait donc servir de marque de séparation de mots en remplaçant parfois l’usage d’un blanc. C’est une pratique assez courante dans l’incunable : parler des choesincõgneues (Inc : l. 1320) ; desbetesdesoyeaulx (Inc : l. 25) – il y a près de 80 occurrences de ce type. L’usage des caractères u et v est aussi positionnel dans ce texte (v initial et u médian et final), et de plus le dernier jambage des n et m finaux y est plus long qu’un jambage ordinaire, ce qui permet aussi de marquer la limite du mot. Par ailleurs, dans l’incunable il y a beaucoup d’occurrences11 d’agglutination de la perluète (&) au mot précédent et/ou suivant : lieu moult horrible&tenebreux (Inc : l. 111) ; laions le mal &faiõs le bien (Inc : l. 265) ; elle deuient obcure& epee (Inc : l. 1563). Selon nous, cela s’explique par la même tendance : le blanc peut être omis si les limites entre les mots sont déjà marquées d’une certaine façon. La perluète est en effet dans notre corpus12 une abréviation de type lexical, c’est-à-dire qu’elle sert à remplacer uniquement la conjonction et et non la séquence -et- dans d’autres mots. Il n’est donc pas nécessaire de séparer formellement la perluète des mots voisins, puisqu’il est déjà clair qu’elle représente un mot graphique à part.

Un autre outil de ponctuation employé dans les textes anciens consiste, selon nous, à pratiquer un usage extensif de mots-connecteurs. Le rôle des connecteurs dans la structuration du texte paraît évidente, mais est-il raisonnable de les inclure dans la ponctuation comprise comme « un système de renfort de l’écriture » ? Dans la langue moderne, où l’usage des signes de ponctuation, des blancs et des majuscules est régulier, les rôles de ceux-ci et des connecteurs sont bien distincts. Les connecteurs établissent des rapports entre unités syntaxiques (phrases, propositions, syntagmes), tandis que les marques de ponctuation délimitent ces unités selon le degré de leur liaison, remplissent certaines fonctions énonciatives (marquage des phrases interrogatives, exclamatives, du discours direct) et peuvent servir à mettre en relief un élément particulier de la chaîne écrite (nom propre, citation, néologisme formel ou sémantique, élément important, etc.). Dans les textes anciens, où l’usage des marques de ponctuation ne semble pas être soumis à des règles strictes, les mots-connecteurs sont parfois le seul moyen pour assurer la bonne structuration du texte. Par conséquent, ils y sont utilisés abondamment, ce qui a été remarqué par plusieurs chercheurs13. D’autre part, les signes de ponctuation utilisés dans nos textes vont le plus souvent de pair avec des connecteurs14 : la proportion des cooccurrences de signes de ponctuation et de connecteurs varie dans notre corpus de 57 à 91% selon le texte et l’extrait choisi. En tout cas, il semble que le nombre de termes qui ont tendance à ouvrir une phrase graphique soit assez limité. Ce sont les conjonctions car, et et mais, les adverbes or, si, ainz et ainsi. Cette tendance est surtout évidente dans le ms. A où la position en début de phrase graphique est largement dominante pour car, mais et or. Dans près de 60% des cas c’est l’un des sept connecteurs cités ci-dessus qui ouvre une phrase graphique dans le ms. A (près de 40% dans le ms. G et près de 25% dans l’incunable).

Dans le tableau ci-dessous nous donnons les statistiques sur la proportion des emplois de ces connecteurs après des signes de ponctuation dans chacune des parties de notre corpus informatisé. Nous avons indiqué le nombre d’occurrences de ces connecteurs après un signe de ponctuation quelconque dans le numérateur, et le nombre total des occurrences de ce connecteur dans le dénominateur. Dans la dernière ligne du tableau nous donnons la proportion de ces connecteurs (avec majuscule) dans le nombre total des occurrences de majuscules.

Tableau 1

Forme graphique

A115

A2

G1

G2

Inc1

Inc2

Ains, Ainz

8/8

2/2

1/1

1/1

ains, ainz

3/3

6/8

1/7

0/3

0/1

Ainsi, Ainsy

5/5

6/6

1/1

1/1

5/7

3/8

ainsi, ainsy

0/10

0/8

0/7

0/4

1/12

6/30

Car

95/97

59/60

40/40

18/19

7/8

car

2/2

0/31

8/20

33/47

24/36

Et

130/132

185/185

43/47

60/62

12/17

5/17

et, &

93/329

92/363

26/321

13/391

52/295

54/301

Mais, Mes

23/23

37/38

5/6

12/13

0/1

2/4

mais, mes

1/1

3/3

2/9

6/17

11/23

10/24

Or, Ore, Ores

7/7

7/7

2/2

8/8

0/2

4/4

or, ore, ores

0/3

0/5

0/8

0/1

Si

50/50

65/65

3/3

22/30

2/2

0/1

si

10/50

26/155

1/35

2/107

4/29

1/41

Proportion

« connecteurs/

majuscules »

322/523

(62%)

363/661

(55%)

100/242

(41%)

134/341

(39%)

37/133

(28%)

34/142

(24%)

Notes

1. C. Marchello-Nizia, Ponctuation et « unités de lecture » dans les manuscrits médiévaux ou : je ponctue, tu lis, il théorise, dans Langue Française, 1978, 40, p. 32–44 ; C. Barbance, La ponctuation médiévale : quelques remarques sur cinq manuscrits du début du XVe siècle, dans Romania, 1992-1995, t. 113, n° 451–452, p. 505–525 ; E. Llamas Pombo, Ecriture et oralité : ponctuation, interprétation et lecture des manuscrits français et de  textes en vers (XIIIe – XVe siècle), dans Linguistique française : grammaire, histoire et épistémologie, 1996, t. 1, Sevilla, p. 133–144.
2. Il convient de citer également l’ouvrage de M. B. Parkes, Pause and Effect : an Introduction to the History of Punctuation in the West, Aldershot : Scholar Press, 1992, 327 p., consacré à la ponctuation latine antique et médiévale dans différents pays d’Europe, puisque c’est sans doute la ponctuation latine qui a servi de modèle pour la ponctuation française.
3. Nous avons utilisé les logiciels Analyser (Version 7.00, par Pascal Bonnefois) et DBase III Plus.
4. Certains exemples sont tirés de la 3e partie du corpus informatisé de l'incunable : 71/2 f° (lignes 2645 à 3182), il s'agit d'un extrait d'un « liure de sainct pierre de luxemborg » qui remplace dans l'incunable le dernier chapitre de l'Image du monde.
5. Un e tildé (e) peut également être utilisé comme abréviation pour est.
6. La Ponctuation, PUF, 1994, p. 7–8.
7. Le premier passage sur la ponctuation française est sans doute celui qu’on trouve dans La maniere de bien traduire dune langue en autre d’E. Dolet (Lyon, 1540).
8. Marchello-Nizia, op. cit., p. 33 et Llamas Pombo op. cit.
9. On donnera la définition des termes de ponctuation « forte » et « faible » un peu plus bas.
10. Op. cit., p. 44.
11. Près de 150.
12. Ce n’est pas le cas pour tous les manuscrits médiévaux.
13. Cf. Catach, op. cit., p. 7.
14. Cf. Marchello-Nizia, op. cit., p. 37.
15. A1 = la première partie du corpus informatisé du ms. A, etc. (cf. le tableau de références dans la section Présentation du corpus).

Pour citer cet article :

LAVRENTIEV Alexis (2014). "À propos de la ponctuation dans l’Image du monde - Partie I".  Revue La Licorne , Numéro 52 (ÉPUISÉ) .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document5699.php

(consulté le 23/11/2017).

Les auteurs

 
Revue La Licorne - ISSN 0398-9992
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