DE LA SYNTAXE À L’IMAGE TEXTUELLE
PONCTUATION ET NIVEAUX D’ANALYSE LINGUISTIQUE

Publié en ligne le 28 mai 2014

Par Franck NEVEU

L’image peut représenter toute réalité dont elle a la forme. L’image spatiale tout ce qui est spatial, l’image en couleurs tout ce qui est coloré, etc. Mais sa forme de représentation, l’image ne peut la représenter, elle la montre.
Ludwig Wittgenstein, Tractatus logico-philosophicus, 2.171, 2.172.

Je m’interrogerai dans cet article sur la place de la ponctuation dans la description linguistique et sur le rôle qu’elle tient dans la segmenta­tion de la chaîne verbale et dans la spatialisation du discours, en inscri­vant cette réflexion dans le cadre général d’une sémantique du texte (ou macrosémantique). Deux ordres de faits retiendront principalement mon attention : l’incidence et la prédication seconde. Il convient de préciser toutefois qu’une telle perspective implique une sensible extension de la problématique du phénomène typographique, qui passe ainsi du seul domaine de l’écrit (« cette langue faite pour l’œil », selon Charles Bally) à celui de la textualité, régi par la question du contexte et par celle de la complexité des parcours interprétatifs1. Cette extension n’est pas à comprendre comme une surproblématisation des typographèmes, mais plutôt, et à la suite de nombreuses autres analyses, comme une critique de la thèse de l’auxiliarité et de la secondarité de ces marques dans les mécanismes sémantiques. Ouvrir l’approche du signe ponctuant au texte et non à la seule phrase, unité maximale d’analyse ordinairement requise pour l’observation et la prescription de ces marques, relève d’une option épistémologique qui tient le texte pour l’objet premier de la linguistique, en dépit des réticences méthodologiques qui retardent encore son intégration à la technologie conceptuelle de la science du langage2. Dans ce domaine, comme cela a été rappelé récemment, l’objet texte témoigne pourtant de la relativité historique des espaces disciplinaires3.

La notion d’image textuelle définit une approche sémantique du texte reposant partiellement sur son iconicité. Elle s’appuie donc sur l’hypothèse selon laquelle cette sémantique, pour être opératoire, doit être nécessairement multimodale, c’est-à-dire apte à faire fonctionner des systèmes sémiotiques hétérogènes : principalement celui de la langue et celui de l’image. Par conséquent, elle prend comme préalable méthodologique la compatibilité du sens linguistique et du sens iconique4, que la communication multimédia rend aujourd’hui manifeste. L’image textuelle peut être minimalement décrite par deux ordres de configuration, linéarité et tabularité. Ce qui concerne tout aussi bien, pour n’en rester qu’au niveau des marquages les plus courants, (i) les faits de modulation (c’est-à-dire les ajouts typographiques : italique, gras, soulignement, guillemets, et les divers procédés d’emphase graphique comme les signes ponctuants de l’affectivité), (ii) les faits de segmentation (c’est-à-dire ceux qui sont engagés dans les mécanismes de hiérarchisation des zones de localité et qui forment des frontières graphiques intraphrastiques ou transphrastiques : ponctuation de détachement et de clôture des segments syntaxiques, modes d’insertion des séquences textuelles dans les structures englobantes, titres, types de pans – numériques, alphanumériques, etc. –, numérotation et structure volumétrique des paragraphes, gestion des alinéas et des espaces, etc.). Bref, il s’agit de la signalétique qui est au service du repérage physique de la structure du texte, et que sollicite la nature fondamentalement visuelle de l’écrit5. Cette iconicité échappe encore largement à la sémantique textuelle, et donc plus généralement à l’analyse linguistique. On persiste d’ailleurs, particulièrement en sémiotique littéraire, à l’exclure du texte en la présentant, par les notions de paratexte ou de marquages paralinguistiques, comme se développant en bordure de l’essentiel, au lieu de mettre en place des techniques d’analyse susceptibles de faire apparaître qu’elle est le texte lui-même, diversement spatialisé.

Quelques exemples permettront de rappeler l’aptitude de la ponctua­tion à la production du sens aux niveaux microsyntaxique, macrosyn­taxique et textuel.

La thèse de l’auxiliarité et de la secondarité de la ponctuation repose sur la notion d’aide à la lisibilité6. Lisibilité-visibilité, c’est-à-dire perception visuelle des caractères, et déchiffrage. Lisibilité-compréhension, car écrire c’est produire du sens, et la lecture est la recherche de ce sens nécessairement induit par le signe graphique. Lisibilité-interprétation, car la compositionnalité du discours génère une stratification du sens, c’est-à-dire une complexité arithmétique, qui requiert de la part du décodeur des sommations. Si celles-ci sont déterminées par la structure formelle du discours, elles sont aussi une intervention du lecteur, qui en assume seul la pertinence, et qui fixe lui-même les conditions de réalisation de ces sommations en fonction de sa capacité personnelle à gérer la mémoire discursive. Ce système « de renfort » qu’est la ponctuation, pour reprendre l’expression de Nina Catach, doit être ainsi nécessairement corrélé à l’herméneutique :

Selon les théories anciennes, d’Aristote à Cicéron et aux grammairiens latins, la ponctuation constitue avant tout une aide à l’oralisation et à l’interprétation des textes à lire. Longtemps, elle a été placée aux endroits où le lector pouvait s’arrêter à bon escient, reprendre son souffle, et où il devait le faire pour la meilleure expression possible du sens.7

L’évolution historique de la ponctuation et celle de son analyse, des théories de Beauzée au modèle L Prime de N. Catach, n’ont pas fon­damentalement remis en cause cette corrélation.

Au plan syntaxique, l’optimisation du décodage par la ponctuation se manifeste principalement par la fonction de contrôle de l’incidence des constituants de l’énoncé, et par la régulation du sens qui en résulte.

Dans le texte littéraire, qui est régi par la modalité poétique8, cette régulation répond à des objectifs de communication qui lui sont propres, et elle peut tendre, comme on sait, à exercer un contrôle inci­denciel moins serré. Il suffit de penser aux séquences sous-ponctuées, qui suscitent, par cette démarcation graphique lacunaire, une segmenta­tion syntagmatique floue et une interprétation plurivoque :

Je l’imaginais claudiquant rongé dévoré par ce tourment comme un chien malheureux animal traqueur et traqué par la honte l’insupportable affront enduré dans la femme de son frère lui dont on n’avait pas voulu pour faire la guerre à qui l’on n’avait pas voulu confier un fusil [...]
(C. Simon, La Route des Flandres).

L’incidence de l’adjectif malheureux, encadré par deux substantifs de même configuration flexionnelle (même genre, même nombre) peut être orientée ici tout à la fois en direction du support de gauche [[un chien malheureux] animal traqueur et traqué] et en direction du support de droite [un chien [malheureux animal traqueur et traqué]]. La sélection par le lecteur de l’une ou l’autre de ces dépendances microsyntaxiques sera subordonnée à l’adoption d’un parcours interprétatif déterminé préalablement à un niveau supérieur de réalisation du sens (période, séquence textuelle, groupement de séquences).

Toutefois, ces solutions  ne sont pas nécessairement exclusives l’une de l’autre, et l’on peut mesurer, à partir d’un cas comme celui-ci, la différence qui sépare (i) l’incidence, qui s’établit à partir de marques de dépendance rectionnelle, car ses contraintes sont liées au regroupement syntagmatique des constituants de l’énoncé, (ii) de la portée, qui n’a pas de réalité formelle, n’est donc pas isolable, et se trouve seulement indexée par l’interprétation. Ainsi, dans la construction, l’alternative incidencielle de l’adjectif malheureux ne remet nullement en cause le fonctionnement unilatéral de l’incidence adjectivale. À ce niveau, si les deux regroupements sont possibles, ils ne peuvent être pour autant co-incidents, car cette co-incidence impliquerait la possibilité d’un support bilatéral, incompatible avec cette partie de langue. En revanche, la portée sémantique de l’adjectif peut être étendue, en continuum, aux deux substantifs qui l’encadrent, par congruence isotopique, ce qui permet d’ailleurs de comprendre le choix d’une telle configuration dans le texte simonien, qui suscite une coopération de lecture très active.

De tels « coulissages interprétatifs » ont été étudiés par Catherine Fuchs à propos des circonstants, dans un corpus constitué de textes littéraires et d’articles de presse. Lorsque l’adverbe encore est inséré entre un prédicat verbal ou adjectival et un circonstant temporel (ou inversement), son incidence, plurivoque, élargit le champ de sa portée sémantique. Ainsi, dans :

[...] Hess s’occupe encore aujourd’hui de sciences ésotériques9,

deux regroupements sont possibles : (i) [s’occupe [encore aujourd’­hui]], qui manifeste la valeur temporelle de l’adverbe encore, (ii) [[s’occupe encore] aujourd’hui], qui manifeste sa valeur aspectuelle. Le « coulissage interprétatif » autorisé par la configuration de l’énoncé permet d’assigner à l’adverbe « un champ élargi à la donnée simultanée des deux domaines10 ».

Lorsque la ponctuation intervient dans de telles structures syn­taxiques, elle circonscrit très précisément l’incidence du circonstant ainsi que sa portée sémantique, et marque par conséquent l’univocité du tour, quelle que soit sa place dans l’énoncé11 :

Ce soir (jeudi) encore, je tiens à mettre en garde la population
(Libération, 18/1/91).

Depuis des années, avant la guerre encore, je me demandais toujours où avaient fini ces frères en héroïsme
(U. Eco, Le Pendule de Foucault).

Et c’est à ce texte que s’en tiennent les partisans de l’OTO, aujourd’hui encore, et à ses quatre éditions
(op. cit.).

Comme l’observe C. Fuchs, lorsque l’adverbe est inséré seul entre un lexème verbal et son régime, et encadré par les virgules, il fonc­tionne comme un opérateur temporel, et se comporte comme un cir­constant équivalant à encore maintenant. L’absence de virgules révèle plutôt son fonctionnement comme opérateur aspectuel équivalant à continuer à/de. On infère légitimement de ces faits syntacticoséman­tiques qu’à l’écrit, sauf à intégrer le graphique au linguistique, « la langue » ne saurait se suffire à elle-même pour produire des énoncés univoques. Les typographèmes lui fournissent, au niveau microsyn­taxique, les moyens d’un ajustement sémantique des plus opératoires.

Ces rapides observations, qui pourraient être bien sûr développées sur d’autres parties de langue, signalent assez l’irrecevabilité d’une ap­proche de la ponctuation bornée à un surcodage aléatoire. Les faits ici rappelés de désambiguïsation de l’énoncé par les signes ponctuants ne sont pas réductibles à la seule optimisation du décodage car ils ne peu­vent s’inscrire dans une stratégie de confort interprétatif du lecteur sans porter témoignage de l’activité cognitive du scripteur, qui sélectionne dans les systèmes sémiologiques qu’il a à sa disposition les items les plus singulièrement appropriés à l’expression de sa pensée. On ne doit jamais perdre de vue qu’à l’écrit la fonction d’encodage est indisso­ciable de la fonction de décodage, le scripteur étant comme on sait le premier lecteur du message. Pas d’écriture sans lecture simultanée, as­sumée par la même instance. Cette relativisation de l’allocentrisme de la communication écrite doit conduire à réviser le jugement sévère de la science du langage sur la segmentation graphique, qui dispose d’un mode spécifique mais non pas secondaire de production de sens.

La réflexion qui s’est développée, particulièrement depuis une di­zaine d’années, sur la problématique des niveaux de l’analyse linguis­tique, souvent fortement inspirée de la pragmatique et des sciences co­gnitives, a débouché dans certains cas sur des propositions destinées à élaborer un modèle théorique de description macrosyntaxique12. Cette orientation féconde, partant d’une critique des représentations du fonc­tionnement de la langue fournies par le texte écrit, et de la grammaire implicite et parfois scientifiquement inconséquente qu’il suscite, a dû poser, pour bâtir l’étude de ces « déphasages », une radicale étrangeté entre l’articulation linguistique (les unités de langue) et l’articulation graphique (les unités d’écriture). Dans cette perspective, l’écrit est présenté comme une réalisation dérivée et surnormée de la langue, accréditant des principes de segmentation flous et manifestant un excès d’empirisme à finalité strictement utilitaire :

Le mode particulier de spatialisation de la chaîne auquel contraint l’écriture s’accompagne toujours d’une proposition d’analyse qui, dans d’autres conditions, n’aurait peut-être pas trouvé à s’exprimer. L’articulation « naturelle » ainsi assumée par les démarcations de l’écrit conditionne profondément la connaissance spontanée des structures linguistiques par les sujets parlants : elle remplit une fonction dérivée de nature quasi épistémologique. [...] Ainsi, en procédant à une confrontation systématique des deux articulations linguistique et graphique, on constate qu’il existe entre elles un décalage relativement régulier, les unités graphiques correspondant toujours équivoquement à (au moins) deux niveaux contigus de la hiérarchie linguistique. L’observation de ces déphasages au niveau de la lettre et du mot, et l’élucidation de leur principe, permet d’esquisser une pragmatique des unités naturelles, sans laquelle la grammaire de texte ne saurait maîtriser ses procédures de segmentation. Elle conduit d’autre part à mettre en cause l’importation inconsidérée des entités orthographiques dans le discours théorique ; il reste notamment à définir, en regard de la phrase graphique, des unités véritablement formelles, dont l’identification repose sur des procédures consistantes et reproductibles. C’est à ce prix que se fera l’intégration, à notre avis indispensable, de la syntaxe et de la grammaire de texte.13

Les catégorisations pratiques de la démarcation graphique – réputées emprunter à une doxa linguistique des schèmes cognitifs stéréotypés, délimitant des unités formellement et sémantiquement instables donc structuralement inopposables –, sont par conséquent discordantes avec le principe de pertinence sémiotique censé guider la démarche linguistique. On reconnaît ici quelques-unes des thèses de Saussure sur « le prestige de l’écriture » développées dans le Cours, où cette confusion entre un mode de réalisation de la langue et les options métalinguistiques non raisonnées qu’il peut engendrer prend sa source :

Langue et écriture sont deux systèmes de signes distincts ; l’unique raison d’être du second est de représenter le premier ; l’objet linguistique n’est pas défini par la combinaison du mot écrit et du mot parlé ; ce dernier constitue à lui seul cet objet. Mais le mot écrit se mêle si intimement au mot parlé dont il est l’image, qu’il finit par usurper le rôle principal ; on en vient à donner autant et plus d’importance à la représentation du signe vocal qu’à ce signe lui-même. C’est comme si l’on croyait que, pour connaître quelqu’un, il vaut mieux regarder sa photographie que son visage.14

Dans l’analyse macrosyntaxique, cette disqualification de la segmentation graphique a servi à mieux faire apparaître la facticité du moule phrastique. Les signes de démarcation visés ici sont donc pour l’essentiel ceux qui servent à délimiter les frontières des ensembles syntaxiques : majuscules, points. Les prédicats seconds détachés en position frontale sont souvent convoqués pour illustrer la diffraction attentionnelle et interprétative, chez le lecteur, au contact de la matière textuelle, d’un niveau de syntaxe vers un autre : (i) le niveau au bénéfice duquel s’exerce la diffraction, qui est graphiquement réalisé, celui de la syntaxe rectionnelle (microsyntaxe), qui articule des segments de chaîne signifiants (morphèmes, syntagmes), lesquels entretiennent entre eux des relations de concaténation (contraintes d’ordre des constituants liées à la structure linéaire de l’énoncé) et de rection (contraintes liées à l’implication d’occurrences, du type accord, liage, etc.) ; (ii) le niveau au détriment duquel s’exerce la diffraction, qui est obvie mais sans réalisation graphique, celui de la syntaxe présuppositionnelle (macrosyntaxe), qui articule des entités informationnelles (clauses) représentant dans le discours des états successifs de l’information partagée, et entretenant avec leur environnement des relations sémanticopragmatiques de présupposition et d’inférence15.

Afin de conférer à cette diffraction une réalité factuelle aisément perceptible, on donne fréquemment dans l’analyse macrosyntaxique la primauté aux structures variantes de la langue, ce qui présente l’avan­tage d’orienter la description linguistique dans une perspective résolu­ment polylectale16, et celui d’appuyer les investigations sur des perfor­mances observées en corpus, mais ce qui a pour inconvénient de ré­duire les structures standard à une existence quasi théorique, voire de minorer la fréquence de leur représentation lorsqu’elles font l’objet d’une approche en discours. Pour informatives que puissent être les structures variantes sur le fonctionnement de la langue, leur étude ne peut avoir pour ambition de refléter fidèlement toute la langue, ni d’ail­leurs celle de borner l’explication des structures standard à la seule normativité d’une grammaire d’école. Sur ce point, se manifeste encore largement le saussurianisme de la linguistique contemporaine.

Plusieurs cas sont à considérer. Tout d’abord, celui des « accords associatifs »17 illustrant un conflit d’incidences dans un segment déta­ché généralement participial (je souligne le segment détaché) :

Ils s’en allèrent par les allées où le corbillard avait passé. Arrivés devant la grille fermée et le pavillon du portier, Fauchelevent, qui tenait à sa main la carte du fossoyeur, la jeta dans la boîte, le portier tira le cordon, la porte s’ouvrit, ils sortirent
(V. Hugo, Les Misérables).

Pour moi, j’étais le commencement, le milieu et la fin ramassés en un tout petit garçon déjà vieux, déjà mort, ici, dans l’ombre, entre des piles d’assiettes plus hautes que lui et dehors, très loin, au grand soleil funèbre de la gloire. J’étais le corpuscule au début de sa trajectoire et le train d’ondes qui reflue sur lui après s’être heurté au butoir d’arrivée. Rassemblés, resserré, touchant d’une main ma tombe et de l’autre mon berceau, je me sentais bref et splendide, un coup de foudre effacé par les ténèbres
(J.-P. Sartre, Les Mots).18

Dans la première séquence, le participe Arrivés a pour contrôleur le référent de l’anaphorique Ils, qui occupe le poste sujet de la première phrase. Le contrôle référentiel de la forme ne pose ici aucun problème. Mais au plan morphosyntaxique, on relève un mécanisme incidenciel complexe, puisque le participe adjectivé peut avoir pour support le pro­nom sujet de la première phrase (Ils s’en allèrent) et celui de la dernière clause de la séquence, située dans le même cadre phrastique que le segment détaché (ils sortirent). Dans la deuxième séquence, la situation est assez semblable, mais elle est compliquée du fait d’un détachement complexe, présentant un mécanisme incidenciel hétérogène. Rassemblés a pour contrôleur référentiel le commencement, le milieu, la fin, situés dans la première phrase. La flexion du participe marque une incidence à distance – dans un empan verbal assez dilaté – à chacun de ces trois syntagmes nominaux. Resserré et touchant ont pour contrôleur actanciel je, et sont incidents à ce pronom sujet. Dans les deux séquences s’observe un système appositif construit sur un appariement de l’apport et du support nettement asymétrique puisque l’incidence au sujet, qui constitue la structure standard de l’apposition frontale, est soit non réalisée, soit incomplète. Le texte de Sartre offre en outre l’exemple d’un détachement frontal rectionnellement disparate, ce qui contrevient à l’usage du traitement morphosyntaxique unitaire des constituants d’un segment appositif détaché. La frontière graphique de la phrase est ici manifestement inapte à transcrire le fonctionnement de la chaîne référentielle ainsi que celui de l’organisation périodique de l’énoncé.

Cette dernière observation est également valable pour les séquences suivantes, présentant une obliquité du système appositif19, mais sans conflits d’incidences intraphrastiques :

Je me sentais claquer au vent comme une mâture. Creusé par le milieu, les yeux brûlés, les lèvres craquantes, ma peau se desséchait jusqu’à ne plus être mienne
(A. Camus, Noces).20

Adolescents, la défaite les avait étourdis ; ils s’étaient désolés de ne plus respecter personne, ni leurs pères ni la meilleure armée du monde qui avait foutu le camp sans combattre
(J.-P. Sartre, Situations, IV).21

L’obliquité se manifeste ici au moyen d’une incidence indirecte de l’apport appositif à son support. Dans le texte de Camus, le contrôleur actanciel des groupes détachés (je) n’est que partiellement couvert par le syntagme sujet de la prédication principale (ma peau), qui fonctionne comme un relais métonymique de l’actant. Dans le texte de Sartre, ce référent (les jeunes gens de l’époque de Nizan) est reporté obliquement sur un morphème pronominal objet (les). Dans les deux cas, le contrô­leur de l’apport est instancié dans la prédication principale, mais par un morphème actanciel déterminant ou pronom régime, autrement dit par une forme linguistique inapte à occuper la fonction sujet. De telles structures, qui ne sont interprétables qu’en contexte, manifestent un compactage référentiel tendant à regrouper dans un même cadre séman­ticopragmatique des ensembles pourtant graphiquement distincts.

Enfin pour clore cette exemplification, qui ne vise aucunement l’ex­haustivité et qui pourrait être très largement développée, je mentionnerai le cas, des plus intéressants pour l’analyse macrosyntaxique, où aucun morphème ne vient instancier dans la pré­dication principale le contrôleur d’un segment détaché en position frontale :

C’est son père, René, qui avait pris en main et développé la station en profitant du boom des années 70. Décédé subitement d’un accident de la route en 1986, on craignait le pire pour la suite
(Hebdo, 5/11/92).22

L’incidence et le contrôle référentiel du groupe détaché sont ici réalisés en dehors de la phrase d’accueil de ce groupe, sans aucune forme de relais syntaxique ou sémantique dans cette unité graphique. La diffraction du niveau macrosyntaxique vers le niveau microsyntaxique est une fois de plus confirmée.

En dépit de la justesse de ces analyses, on doit noter tout d’abord que la diffraction des niveaux varie considérablement selon les modes d’encodage, donc selon l’intention de communication. Ainsi, la struc­ture périodique d’un énoncé, présumée cryptée par les unités gra­phiques, du moins en français moderne, peut au contraire être soulignée par cette segmentation. C’est ce que l’on observe, par exemple, dans des séquences appositives bisegmentales :

Hachée, l’ortie est bonne pour la volaille ; broyée, elle est bonne pour les bêtes à cornes
(V. Hugo, Les Misérables).

Humaniste, mon grand-père tenait les romans en petite estime ; professeur, il les prisait fort à cause du vocabulaire
(J.-P. Sartre, Les Mots).

La relation sémantique d’opposition ou de complémentarité qui unit les deux clauses constitutives de chacune de ces séquences est donnée à comprendre par la structure d’ensemble de l’énoncé. L’effet de rétroaction et de clôture de la seconde clause est clairement marqué par la présence de l’anaphorique (elle, il), qui trouve sa résolution référentielle dans le syntagme sujet de la clause qui le précède (l’ortie, mon grand-père), donc dans la même macro-unité graphique de segmentation syntaxique. Si le système de signes servant à la démarcation des grandes unités de syntaxe peut toujours faire l’objet d’une réforme, il n’empêche que la segmentation ici adoptée ne témoigne d’aucun déphasage et d’aucune diffraction. La description macrosyntaxique identifiera dans ces séquences deux périodes binaires, c’est-à-dire formées de deux clauses. La non-pertinence linguistique ne concerne donc pas, dans de tels cas, le mode de segmentation propre à l’écrit mais la notion de phrase, inapte à décrire la complexité des dépendances syntacticoréférentielles. En outre, des variations formelles d’appositions bisegmentales peuvent être enregistrées au sein d’un même idiolecte, ce qui contrarie quelque peu l’idée d’une détermination cognitive stéréotypée de leur mode de présentation gra­phique :

On a dit qu’il [Baudelaire] était attiré par les ressemblances troublantes que la vie du poète américain offrait avec la sienne. Cela est vrai. Mais cette identité de destin n’avait d’intérêt pour lui parce que Poe était mort. Vivant, l’auteur d’Eurêka  n’eût été qu’une chair vague comme la sienne : comment accoter l’une contre l’autre deux injustifiables gratuités ? Mort, au contraire, sa figure s’achève et se précise, les noms de poète et de martyr s’appliquent à lui tout naturellement, son existence est un destin, ses malheurs semblent l’effet d’une prédestination
(J.-P. Sartre, Baudelaire).

Doit-on pour autant se contenter de noter dans de telles variations de pures manifestions d’idiosyncrasies scripturales, susceptibles de ne recevoir, en raison de leur caractère apparemment aléatoire, qu’une expli­cation d’ordre réthoricostylistique ? Ces démarcations graphiques ne sont souvent pas plus aléatoires que la place des groupes périphériques à la structure argumentale de l’énoncé dans telle ou telle zone de la chaîne syntaxique.

On constate que les marques du détachement frontal des prédicats seconds de type appositif (les virgules) ne sont pas prises en considéra­tion dans l’analyse des faits de diffraction. La raison en est simple. La démarcation graphique y est généralement adéquate avec la pause into­native qui détacherait ces groupes à l’oral : le segment détaché frontal reçoit un intonème nécessairement progrédient, qui, dans la structure assertive, attend sa clôture au moyen d’un intonème conclusif fourni par tout ou partie de la prédication droite23. Il y a donc à la fois discon­tinuité prosodique et incomplétude intonative, que transcrit la virgule, signe quasi exclusivement représenté dans le détachement frontal, les rares exceptions étant fournies par les tours énumératifs, expansés et volumétriquement dilatés, ponctués par un deux-points, en appui sur un support de nature résomptive (voilà, c’est, etc.), et dont l’organisation syntacticosémantique semble d’ailleurs contredire la nature seconde de la prédication24. Cette dépendance intonative de l’apport frontal à l’égard du développement prédicatif subséquent explique partiellement son regroupement au sein de la même unité graphique. Il n’est toutefois pas de nature à expliquer la place de l’apport à l’ouverture d’une macro-unité, c’est-à-dire derrière un point, ou après un titre dans l’écrit journalistique.

On entre là dans un tout autre domaine de faits, auquel la ponctua­tion est loin d’être étrangère, mais dont elle ne peut à elle seule rendre compte : celui de la saillance référentielle et de la continuité de topique. La frontalité du système appositif est en effet un marquage iconique de l’accessibilité référentielle de son contrôleur25. Lorsque le support est un anaphorique, autrement dit une expression référentiellement hétéro­nome, l’apport frontal confirme la continuité référentielle, de manière un peu redondante, tout en prédiquant une ou plusieurs propriétés du support. Lorsque le support est un nom propre ou une description dé­finie, autrement dit une expression référentiellement autonome, l’apport frontal indique, par ce simple fait d’ordination et avec les mêmes capacités prédicatives que dans le cas précédent, le domaine d’interprétation qui doit être celui de son contrôleur. L’apparente distorsion entre un marquage de forte accessibilité (la frontalité) et un marquage de faible accessibilité (le support nom propre ou équivalent) s’explique par le fait qu’un tel agencement sert principalement à visualiser l’intentionnalité communicationnelle, non pas en conférant telle ou telle valeur pragmatique au support mais en révélant l’espace cognitif dans lequel l’encodeur l’inscrit :

Chassé de Pristina, le quotidien « Koha Ditore » renaît en Macédoine
(Le Monde, 27/4/99)

Ce titre de première page, situé au-dessous d’un article intitulé « Otan : de la patience et des bombes » manifeste ainsi cette tension entre deux univers de connaissance, fréquente dans l’écrit journalistique contemporain. La frontalité de l’apport indexe l’univers du connu (« on en parle ») : le segment détaché évoque la guerre au Kosovo, qui fait l’essentiel de l’actualité du quotidien, et qui est introduite dans la mémoire discursive par le titre principal de la première page. La présomption d’accessibilité référentielle du contrôleur est donc ici marquée tout à la fois par antécédence et par connaissance partagée. La description définie du support indexe, quant à elle, l’ajustement informatif indispensable à ces représentations mentales préalables, et la nécessité d’un contrôleur actanciel explicite et non ambigu. Si l’on en vient ainsi à introduire dans le discours comme connu, un actant qui pour la grande majorité des lecteurs français ne l’est vraisemblablement pas (le quotidien « Koha Ditore ») c’est qu’il s’agit moins, au plan communicationnel, de pointer sur un référent que d’évoquer, voire de construire, un espace cognitif consensuel.

La part de la ponctuation dans l’ordonnancement iconique des structures informationnelles de l’énoncé, qui intègre les majuscules d’ouverture macrosegmentale, n’est donc pas négligeable, puisqu’elle détermine et valide, par sa sémiologie spécifique, la notion de fronta­lité. L’histoire de la grammaire du détachement26 fait apparaître que l’intervention de cette notion de frontalité dans l’analyse a permis de dépasser la distinction microsyntaxique antéposition/postposition dans le groupe apport/support pour étendre la réflexion à la dynamique communicationnelle, qui gère dans une large mesure le positionnement des prédicats seconds. Que serait une frontalité qui ne s’afficherait pas comme telle et que ne viendrait signaler une frontière graphique ? Le positionnement des constituants syntaxiques sur la chaîne ne fait que marquer une ordination purement séquentielle liée aux contraintes de la linéarité. Il n’a pas vocation à intervenir au niveau des marquages d’ouverture et de clôture de l’énoncé. La ponctuation intervient à ce ni­veau pour transformer une place en position informationnelle. La seg­mentation graphique qu’elle fait apparaître est une manifestation de sa fonction discursive qui est de dimensionner des unités sémanticoprag­matiques dans le texte.

On observe donc que la virgule, attelée à un signe antécédent de clô­ture et/ou à une majuscule d’ouverture macrosegmentale, en dépit de sa polyvalence, contribue à la construction et au repérage de la continuité référentielle, dans le cas des prédicats seconds détachés, puisqu’elle est le seul signe à marquer le détachement frontal de l’apport appositif. Observation d’ailleurs extensible à la plupart des constructions détachées dans cette position. Dans toutes les autres places de l’apposition, et la virgule est susceptible de les marquer toutes, on peut lui substituer, avec des valeurs variables, un autre signe ponctuant. Elle signale ainsi, à son niveau, que cette zone de l’énoncé, identifiée comme thématique, fait l’objet de contraintes particulières, car elle est un lieu de tensions entre différents seuils de réalisation du sens27.

On notera, pour finir sur ce point, qu’à l’autre pôle de l’énoncé, ce type de prédication seconde, fait également l’objet d’un marquage particulier : l’usage du deux-points en détachement de clôture. Quoique non contraint en raison de la polyfonctionnalité de la virgule, sa fréquence interdit cependant de l’analyser comme un phénomène purement aléatoire :

Le succès, ce ménechme du talent, a une dupe : l’histoire
(V. Hugo, Les Misérables).

Lui, il prenait le sentier qui abrège : l’évangile
(ibid.).

Toute sa vie tenait dans ces deux mots : veiller et surveiller
(ibid.).

Il prit donc sa résolution : se dévouer à M. Madeleine
(ibid.).

Sa mise est pour la vue ce que sont ses mensonges pour les oreilles : un péché retentissant et claironné qui l’enveloppe et le dissimule
(J.-P. Sartre, Baudelaire).

Ce qui distingue cet ordre de la « Cité des fins » que Kant concevait à la fin du XVIIIe siècle et qu’il opposait lui aussi au strict déterminisme, c’est l’intervention d’un facteur nouveau : le travail
(ibid.).

Il ne fallut pas longtemps pour que la jeune veuve redevînt mineure : une vierge avec tache
(J.-P. Sartre, Les Mots).

Catherine se retrouvait encore avec ses nouveaux camarades sur un point très précis : le mépris des revendications immédiates
(L. Aragon, Les Cloches de Bâle).

Cependant cette affaire brillante [...] achoppa contre un ennemi inattendu : le benzol
(ibid.).

On aurait tort de limiter le fonctionnement du deux-points ici à un procédé d’emphase graphique. Il marque en fait la forte soudure prédicative du segment détaché avec la prédication principale. Ce resserrement prédicatif est d’autant plus apparent que l’apport détaché entretient avec son support une relation sémantique de résolution de cataphore, qui dans certains cas prend les allures de la prédication inverse. Si l’on cherche à comprendre ce qui peut distinguer dans des constructions comme celles-ci la valeur du deux-points par rapport à celle de la virgule, on observera que dans les textes le marquage de clôture réalisé par ce signe n’est pas seulement phrastique mais aussi textuel. Il permet en effet soit de boucler un développement argumentatif de manière résomptive, soit au contraire de mettre en place une transition entre deux ensembles argumentatifs, en annonçant à la manière d’un pantonyme le topique de la séquence suivante. On a là un procédé graphique de rhématisation, qui manifeste par conséquent son plein engagement dans la structure informationnelle du discours.

Il ne semble donc pas déplacé de créditer l’encodeur d’une capacité d’initiative plus importante que ne le laissent entendre les analyses dé­veloppant la thèse d’un modèle normatif hégémonique de démarcation dans la réalisation écrite de la langue. Les études de corpus font ressor­tir que les « incohérences » de la ponctuation sont fréquemment le fait d’une approche grammaticale et non pas discursive du problème. A l’é­crit, l’encodage ne peut être borné à l’observance aveugle des conven­tions graphiques. Le scénario plaisant d’un scripteur inhibé et imma­ture, trempant sa plume dans l’encrier de l’ordre social, et écrivant sous la dictée du législateur graphique, a vu récemment le nombre de ses amateurs sensiblement diminuer sous l’influence de la communication multimédia et du développement de l’écrit d’écran.

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Notes

1. F. Rastier (1998, p. 108-109) : « Le sens ne consiste pas en représentations mentales ou en description d’états physiques, mais se construit dans des parcours au sein des textes. L’interprétation n’est plus alors une relation entre un signe, un concept et/ou un référent, mais une relation entre signes et entre passages. A la sémantique différentielle “en langue” correspond ainsi une sémantique interprétative (“en discours”) ».
2.Ibid. (p. 107) : « En somme, l’unité linguistique fondamentale (tant empirique que théorique) n’est pas le signe, ni même la phrase, mais le texte (oral fixé ou écrit), dont l’analyse commande l’accès aux unités de rang inférieur ».
3. Voir J.-L. Chiss & C. Puech (1999, p. 145-176).
4. Sur cette question, voir entre autres F. Rastier & alii (1994, p. 201-213).
5. On pourra se reporter entre autres à M. Fayol (1989), et P. Coirier & alii (1996).
6. Voir entre autres N. Catach (1998).
7. Ibid., p. 34.
8. Sur cette notion, voir M. Dominicy (1994).
9. Exemple emprunté à C. Fuchs (1993, p. 282).
10. Ibid.
11. Les exemples sont empruntés à C. Fuchs, op. cit., p. 261-262.
12. Voir tout particulièrement A. Berrendonner & M.-J. Reichler-Béguelin (1989, 1997), A. Berrendonner (1990), C. Blanche-Benveniste & alii (1990).
13. A. Berrendonner & M.-J. Reichler-Béguelin (1989, p. 99-100).
14. F. de Saussure (1972, p. 45).
15. Voir A. Berrendonner (1990), A. Berrendonner & M.-J. Reichler-Béguelin (1997), F. Neveu (1998a).
16. Voir A. Berrendonner & alii (1983).
17. Sur cette notion, voir A. Berrendonner & M.-J. Reichler-Béguelin (1995).
18. Exemples extraits de F. Neveu (1998b).
19. Sur ces constructions, voir F. Neveu (1998b, p. 188-195, et à paraître).
20. Extrait de M. Charolles & B. Combettes (1999).
21. Extrait de F. Neveu (1998b).
22. Extrait de M.-J. Reichler-Béguelin (1995). Pour une analyse de la séquence dans le cadre de la problématique appositive, voir F. Neveu (à paraître).
23. Sur la structure intonative des tours disloqués, voir A. Berrendonner & M.-J. Reichler-Béguelin (1997).
24. Sur la ponctuation du système appositif, voir F. Neveu (1998b, p. 119-120, 145-146, 164-165).
25. Sur cette question, voir F. Neveu (à paraître).
26. Voir F. Neveu (1998b).
27. Voir B. Combettes (1998) et F. Neveu (1998b et à paraître).

Pour citer cet article :

NEVEU Franck (2014). "DE LA SYNTAXE À L’IMAGE TEXTUELLE
PONCTUATION ET NIVEAUX D’ANALYSE LINGUISTIQUE".  Revue La Licorne , Numéro 52 (ÉPUISÉ) .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document5688.php

(consulté le 23/11/2017).

Les auteurs

 
Revue La Licorne - ISSN 0398-9992
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