Saint-John Perse : La vie-pseudonyme

Publié en ligne le 8 septembre 2010

Par Gérard DESSONS

Après tout, si nous avions tous le courage de chercher notre génie d’abord dans le «vivre», peut-être la bouche d’homme s’agrandirait-elle un peu - et sans terme du moins bâillerait-elle, s’il n’y a rien à saisir.
Lettre à G.-A. Monod, juil. 19091

En rapportant le « génie », cette forme de la valeur, au « vivre », qui est l’inscription du sujet humain dans l’histoire, Alexis Leger rendait indissociables l’idée de vie et celle de sens ; ce qui implique, fondamentalement, le langage.

Cette pensée d’une poétique de la vie, qui serait, comme théorie du biographique, critique de la visée biologique, on la retrouve dans le propos souvent cité :

À la question toujours posée : “Pourquoi écrivez-vous ?
la réponse du Poète sera toujours la plus brève : “Pour mieux vivre”2

Propos où s’énonce que la poésie est liée au biographique, qu’elle travaille à l’intérieur de sa théorisation, qu’elle peut poser, « mieux » que d’autres pratiques peut-être, la double question du sujet et du langage.

Là se tient en tout cas ce qui sépare chez Leger le « littéraire »3 du poétique. Haine de la littérature – « je ne suis pas écrivain »4 ; sentiment que publier est contraire à son « goût personnel, qui est bien d’avoir le moins de lecteurs possible » (ibid.) : ces déclarations sont bien connues. Elles manifestent le reproche majeur fait à l’« art » littéraire : « d’être une fin et non plus une voie »5. Une « fin » à entendre dans la double acception du telos, la poésie manquant alors, en même temps que l’inscription d’un vivre poétique, son rapport à l'histoire – en somme, l’essentiel :

l’essentiel, c’est comment on a mené son œuvre6.

Il y a dans ces déclarations la matière pour une approche de la notion de vie à construire, hors de tout idéalisme poétique, en relation avec le biographique de l’œuvre. Une conception qui ne sépare pas l’anthropologie de la discursivité, et dont l’actualité de la chronique saint-john persienne vient, a contrario, souligner la portée critique.

On a en effet célébré en 1987 le centenaire de la naissance de Saint-John Perse. Un malentendu. Une surdité en tout cas à la question du biographique, telle qu’elle se pose dans le « discours de la pratique »7 saint-john persienne, telle qu’elle est à l’œuvre dans et par la poésie de Saint-John Perse.

La célébration du centenaire impose la primauté du biologique sur le poétique, et fonde le sens d’une vie sur une théorie de l’histoire qui n’a d’autre conception du sens que le déroulement sériel d’une chronologie. Sa fonction est idéologique et vise à constituer la poésie en nature par l’identification non-problématique du poète avec l’individu né le 31 mai 1887 à la Guadeloupe, « de Marie-René Alexis Saint-Leger, seul garçon d’une famille de cinq enfants »8.

La conséquence est une « biologisation » de la poésie et le maintien du biographique dans la logique de la biographie. Symptomatique de ce processus se révèle l’article du Monde consacré au centenaire et intitulé « Saint-John Perse l’insulaire »9, dont l’efficace idéologique se donne à lire dans le passage qu’il instaure, du chapeau introducteur : « Il y a cent ans naissait Alexis Saint-Leger Leger » (p 7), à l’exorde : « Ce 31 mai 1987, on fête le centenaire de la naissance de Saint-John Perse » (p. 8).

La substitution de Saint-John Perse à Alexis Leger est institutionnelle, elle masque la double question du pseudonyme et du sujet, leur rapport dans la constitution de la discursivité saint-john persienne.

De fait, le pseudonyme est reçu et employé comme un nom d’état civil d’où la simplification par aphérèse en « Perse ». Tout le monde dit « Perse »10. Pas d’emblée, mais ensuite, pour signifier l’intimité avec le poète et son œuvre. On dit « Perse » comme on dit « Char », mais comme on ne dit pas « Roux ». « Perse » fait ainsi figure de patronyme, derrière le prénom – relativement courant – de « Saint-john ». À moins que le prénom ne soit « John », pour une sanctification du poète11.

Actuellement, la critique est « persienne », ou elle n’est pas. Mais la poésie de Saint-John Perse, elle, est fondamentalement saint-john persienne, et peu, parmi les commentateurs, en ont porté le caractère pseudonymique jusque dans le qualificatif12.

Car « Saint-John Perse » est, comme pseudonyme, un signifiant global, relevant d’une nécessité d’ordre poétique et non d’une logique d’état-civil – ce qu’exprime, à travers un vocabulaire transcendantal, une note des O.C. précisant que le nom « fut librement accueilli tel qu’il s’imposait mystérieusement à l’esprit du poète, pour des raisons inconnues de lui-même, comme dans la vieille onomastique : avec ses longues et ses brèves, ses syllabes fortes ou muettes, ses consonnes dures ou sifflantes, conformément aux lois secrètes de toute création poétique »13.

Le processus du pseudonymat est révélateur de la fonction linguistique du nom propre, qui peut se définir comme un signifiant d’ancrage de la subjectivité inter-discursive. En tant que tel, il est un opérateur d’individuation matérialisant, comme identité, la permanence d’un sujet d’énonciation à travers ses diverses occurrences linguistiques.

« Saint-John Perse » est le nom d’un sujet discursif, c’est-à-dire qu’il manifeste dans l’histoire le sens d’une discursivité. À ce titre, les notions de prénom et de nom (patronymique) lui sont étrangères.

Étudier l’historicité du pseudonyme, sa valeur en discours, implique une autre optique que celle de la biographie. Contre les explications mêmes d’Alexis proposant la fiction « logique » de la double identité – l’homme privé vs l’homme public –, l’analyse du pseudonymat ne peut que tenir le rapport aux poèmes, parce que c’est par eux que se construit le sujet du vivre poétique saint-john persien.

Ce qui ne signifie pas que la partition dualiste de la personnalité ne regarde pas l’historicité de Saint-John Perse. Au contraire : le speudonymat, succédant à la tentation de l’anonymat – Éloges avait paru en 1911 sous couverture muette –, manifeste, à travers une véritable stratégie de la nomination, le rapport étroit de la poésie avec la question de l’identité ; jusqu’à produire la mise en scène de cette altérité dans une lettre à A. Mac Leish de 1941 :

Cher Ami,
J’ai bien rencontré Perse, un soir, parmi l’étonnante faune nocturne de ce Georgetown « d’avant le péché ». Nul ne m’a paru plus étonné d’apprendre que du poème français pouvait se publier en Amérique.
Ce qu’il a de prêt pour l’impression ? Rien.
                                                 
Affectueusement à vous.
Alexis Leger14.

Mais la logique du pseudonyme déborde le dispositif de la double personnalité qui le justifie officiellement15. En abordant par et dans la poésie la question du sujet, le pseudonyme implique une pensée conjointe de l’éthique et du discursif, et se révèle capable d’une conception du biographique où l’humain et le langage ne soient pas séparés16. En quoi sa fonction se révèle critique de la notion de « personne » telle que la considère l’approche bio-psychologique.

« Saint-John Perse », cependant, n’est pas seulement une opération de nomination travaillant contre l’idéologie de l’identité. « Saint-John Perse » est un concret du texte, une forme. Une forme signifiante, manifestant l’inscription d’un sujet dans et par son discours : un rythme.

La forme de la poésie saint-john persienne est connue. C’est une métrique, à entendre dans le sens où Leger définissait la métrique de Pindare : un « rythme [...] préexistant, préassigné, réglementant le débit et non pas réglementé par lui »17. Leger proposait d’ailleurs pour sa poésie l’idée d’une « métrique interne » présentant dans des « strophes ou laisses » des « éléments particuliers traités comme vers réguliers – ce qu’ils sont en réalité »18.

Une organisation du discours antérieure à son énonciation, à l’opposée des conceptions accentuelles théorisées dès la fin du XIXe siècle par les vers-libristes et les phonéticiens, qui fondaient la poésie sur une organisation empirique du langage, contemporaine de l’énonciation.

Le contraste est chez Leger ; il fait système et sa fonction est distinctive : parlant de sa « versification », il précise qu’elle « n’a absolument rien de commun avec les conceptions courantes de “vers libre”, du “poème en prose” ou de la grande “prose poétique” ». Il ajoute : « C’est même de tout le contraire qu’il s’agit là » (ibid.).

La forme métrique revendiquée par Leger pour sa poésie n’est pas un formalisme. Se démarquant des conceptions vers-libristes, elle constitue, en tant que pratique de la poésie, un positionnement théorique impliquant une conception des rapports entre le langage et le sujet.

Ainsi, faisant du « mode poétique sans métrique ostensible ni régularité rythmique »19 de la poésie de Fargue « ce lieu très sûr, ou très suspect, où l’homme et le langage confondus sont comme dans un seul acte et dans une même parole, d’un même souffle proférés » (p. 509), il associe cette écriture à une théorie de l’individuation où ce sont le rythme et la prosodie qui définissent le sujet20. Une théorie de la poésie est aussi une théorie du biographique.

L’écriture métrique de Saint-John Perse implique, comme nécessité discursive, un rapport à la subjectivité. Une subjectivité non psychologique, mais proprement langagière, indissociable de la voix qui s’y inscrit comme énonciation. C’était l’intuition des acousticiens – restés cependant dans le psycho-physiologique –, qui cherchaient dans l’audition et la phonation la matérialisation du rythme accentuel fondateur de la personnalité.

Le rapport à l’individualité est bien posé par Leger, à propos de « la voix de Fargue » (p. 513) telle qu’il l’entend dans sa poésie :

C’est qu’il y a, dans cette voix de Fargue, un ton de Fargue qui lui est propre et lui survit ; qui dit le Temps de sa naissance (ibid.).

La « voix » n’est pas ici une métaphore pour exprimer un indicible poétique ; elle nomme la matérialité du langage, sa « musicalité » (p. 524), où la prosodie participe de la même nécessité que la typographie et la ponctuation, loin de tout « esthétisme » (p. 526).

C’est contrastivement avec ces propos et en les replaçant dans l’historicité des théories de la poésie depuis le début du siècle – car la poésie de Saint-John Perse est historique ! – que prend sens la théorie de « l’oreille interne » qui figure dans une lettre à Henri Peyre :

en ce qui me concerne, je n’ai jamais pu souffrir l’idée de rien dire à haute voix, pas même à moi-même, et j’ignore absolument, comme poète, le son de ma voix. La poésie ne me semble faite que pour l’oreille interne21.

Le refus de l’oralisation poétique est homologue au refus du rythme accentuel qu’implique l’écriture métrique22 : ils traduisent le rejet d’une relation de l’écriture au corps-sujet, son inscription dans le poème. D’où la déclaration insistante de Leger selon laquelle sa poésie « entend échapper à toute incidence personnelle 23. Bien au-delà des références à la vie privée, la dimension « personnelle » qui se trouve ainsi écartée de la poésie concerne l’affirmation de l’écriture comme subjectivité.

C’est en ce sens que l’écriture de Saint-John Perse est une écriture de la désubjectivisation. Ce qui n’est pas l’absence de subjectivité. Il n’y a pas de discours sans sujet, et la métrique n’est pas obligatoirement l’antithèse du rythme, comme le croyaient les phonéticiens et les vers-libristes. Elle ne l’est que dans la mesure où elle peut n’être qu’une forme – l’exercice d’une versification par exemple –, en dehors non du discours, mais de sa valeur, de son sens dans l’histoire.

Chez Saint-John Perse, la métrique est un rythme. Non une forme insérée dans un discours, mais ce discours même : une rythmique, c’est-à-dire un rythme-productivité, un rythme-énonciation. Le sujet qui s’y constitue se définit alors selon un mode d’extranéité discursive :

la respiration instruit, mais instruite déjà, extérieure et antérieure au poème, indépendante24.

Cette écriture de la désubjectivisation a son mouvement propre dans l’historicité du texte saint-john persien : celui d’un devenir. Un devenir-métrique de l’œuvre qui se donne à lire exemplairement dans la pratique de correction qui intervient lors de la publication des premiers poèmes réunis sous le titre Éloges en 1911. Il faut considérer ici la « correction » comme un véritable travail d(e)’(ré)écriture, dans la mesure où le sujet saint-john persien est concerné ; c’est-à-dire son rythme.

En passant des préoriginales parues en revues à l’édition en volume, le texte a changé de rythme – de rythmique. Il est passé d’un état « tensif », où l’empirique accentuel ne permettait pas que s’établisse un contexte métrique, à un état métrique, fondé sur la récurrence de segments isosyllabiques. L’évolution s’est faite d’une poésie à versets25 à une poésie à « strophes », pour reprendre le terme utilisé par Leger.

Ainsi, dans les exemples suivants, la suppression de la conjonction et dans le premier cas, et son ajout dans le second, ont pour effet la production de suites segmentales intégrables dans un contexte métrique où dominent les nombres pairs (4, 6, 8 syllabes, et les composés 10 et 12-syllabiques), évitant le brouillage métrique résultant d’un différentiel syllabique d’une unité26, comme dans l’exemple 2 :

Exemple 1 :
préoriginale : « Oh c’est un pur sanglot (6) et qui ne veut être secouru (9) »27
édition définitive : « Oh c’est un pur sanglot (6) qui ne veut être secouru (8) » (O. C. p. 26).

Exemple 2 :
préoriginale : « ses plumes malades (5) trempent dans l’eau de fiente. (6) »28
édition définitive : « Et la plume malade (6) trempe dans l’eau de fiente. (6) » (O. C. p. 16).

La redistribution typographique des poèmes va dans le même sens. En supprimant des alinéas internes aux groupes syllabiques, l’accentuation perd son pouvoir organisateur qui lui subordonnait et la syntaxe et le nombre syllabique. Dans l’exemple suivant, le déterminant un est désaccentué par l’alignement du groupe de souffle versal sur le groupe syntaxique. À proprement parler, il rentre dans le rang, soulignant par l’anaphore « j’ai une peau » – « j’ai un chapeau » le parallélisme des deux suites métriques 4-6-4 et 4-6-6 :

préoriginale : « J’ai une peau couleur de tabac rouge ou de mulet, j’ai un
chapeau en moelle de sureau couvert de toile blanche. »29

édition définitive : « J’ai une peau (4) couleur de tabac rouge (6) ou de mulet, (4)
J’ai un chapeau (4) en moelle de sureau (6) couvert de toile blanche. (6) » (O. C. p. 7).

Dans la réécriture, c’est la métrique qui se subordonne la syntaxe, comme dans cet extrait de Pour fêter une enfance, où la suppression du segment « et que » en position d’alinéa – laquelle soulignait son accentuation consécutive à une syntaxe d’incidence – permet que s’instaure une suite isosyllabique de quatre 6-syllabes

préoriginale : « coiffé d’une double feuille de siguine ;
et que
perçant un rêve aux ombres dévoué, l’éclat des mousselines
inondait ton sommeil »30

édition définitive : « coiffé d’une double feuille de siguine,
et que, perçant un rêve (6) aux ombres dévoué, (6) l’éclat des mousselines (6)
inondait ton sommeil (6) » (O.C. p. 26).

Le mouvement correctif ne fait pas un sort à tous les phénomènes de disruption favorisant l’émergence de l’accentuation, mais ces interventions suffisent à faire changer de statut la fonction des alinéas qui, eux aussi, se soumettent à la prégnance métrique pour ne garder qu’une fonction non discursive de démarcation graphique.

Ce devenir-métrique de la poésie saint-john persienne opère dans le sens d’un continuum métrique qui constitue la voix du poème, antérieure à son énonciation, et dont l’existence, on l’a vu, se paie de l’aphonie du poète.

L’existence de Saint-John Perse comme sujet discursif de négativité remet en question la dualité homme privé / homme public. C’est en cela que l’écriture saint-john persienne est pseudonymique. En tant que réalité discursive, démarque du mode de désignation propre à l’état civil, elle est critique des dualismes : hommes vs poète, Alexis Leger vs Saint-John Perse, vie vs poésie. Le continu métrique, produit dans et par la poésie, se hausse à la dimension d’une discursivité générale qui englobe les autres discours liés de près ou de loin à l’individu Leger.

L’historicité du sujet Saint-John Perse se révèle ainsi critique de l’historicisme littéraire, qui lit le devenir de l’œuvre sur le modèle du devenir biologique de l’individu31. Le devenir-métrique s’élabore aussi bien en direction des « grands » poèmes métriques comme Exil ou Amers, qu’en direction des poèmes rassemblés dans le recueil Éloges.

Critique également de l’opposition individu vs poète, « authentifiée » par la double nomination Leger vs Saint-John Perse. Ainsi, les articles donnés à la Pau-Gazette en 1909 sont-ils traversés par la régulation métrique, à l’image de cette introduction d’un compte rendu d’un « concert Maufret », où le travail du texte tend à tourner les deux paragraphes en deux strophes métriques à clausule vocalique en [i] :

Bach, Rameau, Beethoven, (6) Franck et d’Indy… (4)
Pour l’artiste très sûr (6) qui nous conviait, (4) si simplement, (4) à si radieux programme, (6) notre émotion (4) fait choix de cet éloge : (6) le père Franck eût souri ! (6)32

De la même façon, le surgissement de trois énoncés formulaires à double suite – syllabique dans une réponse d’A. Leger à une enquête de presse « sur l’opportunisme en politique », réduit l’opposition homme politique vs poète :

Malheur aux incertains (6) et aux parcimonieux ! (6) On périt par défaut (6) bien plus que par excès. (6) La vie est toute action ; (6) l’inertie est la mort. (6)33

Il faut préciser qu’il s’agit ici d’une métrique-en-discours, ou, comme on l’a dit, d’un rythme-énonciation, dont la validité excède le domaine de la poésie, et surtout de la poésie cantonnée dans la versification et la conception « poétisante » du rythme, selon laquelle il y a poésie dès que rythme et rythme dès que poésie. Cependant, et il faut y insister, contre le reproche éventuel d’un a-priorisme du nombre – trouvé-dès-que-cherché dans la première prose venue –, qui témoignerait de cette auto-fascination de la recherche qu’avaient rencontrée Pius servien avec ses structures numériques ou, dans un autre domaine, Saussure avec ses hypogrammes, il convient de dire que la valeur rythmique du numérisme repéré dans les textes extérieurs à l’œuvre de Saint-John Perse n’est postulable qu’au regard, précisément, de la poésie saint-john persienne qui, en l’occurrence, est première dans la constitution d’un sujet discursif où le numérisme fait système avec ce qui est sinon son contraire, du moins son alter : la rythmique accentuelle d’oralité34.

Davantage peut-être que le couple antithétique individu vs poète, c’est la distinction homme privé vs poète que le continuum métrique rend particulièrement inopérante – alors que le refus de toute marque « personnelle » fonde la poésie de Saint-John Perse, dans son projet comme dans sa pratique, traçant de ce fait une frontière hermétique entre les deux domaines. D’où la caducité, au plan du biographique, de l’opposition correspondance vs œuvre littéraire.

Dans les exemples suivants, la marque métrique se manifeste dès les incipits des lettres, qu’elle constitue en lieux discursifs stratégiques. Ainsi dans les « lettres de jeunesse » :

Cher ami,
Je vous envoie des manuscrits. (8) j’ai beaucoup hésité : (6) je n’ai rien qui me plaise, (6) ou plutôt qui ne me déplaise. (8)35

Cher ami,
je donne tout son prix, (6) et qui est grand pour moi, (6) au petit livre sous son chiffre. (g)36

Constante, a-chronique, la métrique marque également la correspondance « d’exil » :

Cher Monsieur,
Je vous remercie de vos lettres : (8) elles ont du prix pour moi. (6)37

Mon cher Allen,
Je vous envoie, comme convenu, (8) l’étude de Claudel (6)38

Critique, toujours, de l’opposition personnel vs impersonnel, elle scande le phrasé des lettres les plus « intimes », à l’oncle de Leger, à sa mère, à « l’Étrangère » :

Mon cher oncle,
Un an déjà passé (6) dans ce pays de très grand âge. (8)39

Qu’y a-t-il, Mère chérie ? (6) Jamais vous ne m’avez laissé (8) si longtemps sans nouvelles. (6)40

Mon Liu, j’ai voulu bien souvent, (6) oui bien souvent, t’écrire. (6) J’aurais voulu pouvoir (6) user des simples mots (6) qui sont au commenc(e)ment (6) et à la fin de toutes choses. (8)41.

La « voix » saint-john persienne, voix pseudonymique, se donne à entendre, transversalement, dans toute la correspondance – ce qui ne veut pas dire que toute la correspondance en soit marquée, le critère de fréquence n’étant pas pertinent au regard de la discursivité –, dissociant préalablement le sujet du discours des marques linguistiques traditionnelles de l’énonciation. Je n’est plus le lieu privilégié de la subjectivité ; il se subordonne ici au continuum métrique qui marque aussi bien l’incipit que le corps d’une autre lettre à sa mère :

De cette immensité d’espace (8) qui semble m’entourer, (6) seule la mer, immensément, (8) commence à me manquer. (6)42

Le rythme saint-john persien fait ainsi se chevaucher des domaines traditionnellement affectés d’une part à la vie, d’autre part à la littérature, permettant une approche différente – discursive – de la notion de personne, à travers une conception spécifique du « personnel » de l’écriture.

En effet, dans les années 1907-1910, A. Leger est à la recherche d’une écriture dont il puisse revendiquer la propriété. Il pourra écrire à Frizeau en 1910 : « Je crois depuis deux ans pouvoir écrire mien »43.

C’est un procès d’identification qu’engage cette revendication d’une « mienneté » poétique. Une identification qui met en jeu davantage une ipséité qu’une identité, au sens où P. Ricœur rappelle qu’« il y a ainsi une “mienneté qui n’est pas nécessairement une “mêmeté au sens de l’idem »44, mais au sens de l’ipse, « c’est-à-dire l’identique à soi, au sens du non-étranger » (p. 66).

Cette identité poétique de soi, indissociable de l’attitude métrique qui allait déboucher sur les corrections, Leger en lie significativement l’émergence à un tri effectué en 1909 parmi ses manuscrits :

j’ai même retrouvé une page là-dessus, en classant ces jours-ci – ou plutôt, hélas ! en déclassant, les brouillons d’un recueil de proses qu’il me faut supprimer (parce que j’ai craint, après deux ans, que tout cela ne fût pas absolument mien (exactement et uniquement mien) – dans la forme j’entends)45

Il est important que la « mienneté » soit posée au plan de la forme du texte, et qu’elle soit corollaire de la destruction d’un « recueil de proses » – c’est l’expression ici qui compte, pour ce qu’elle implique d’empirique dans son mode rythmique, plus que son adéquation à la réalité des textes incriminés, dont on ne sait rien. L’« écrire mien » d’A. Leger nomme bien ce mouvement de désubjectivisation par quoi se constitue le sujet saint-john persien, et c’est dans ce sens qu’on peut comprendre le rapport-à-soi instauré par cette poésie, tel que l’exprime encore ce projet d’une réécriture du poème « L’Animale » :

si j’avais un jour de quoi publier, je reprendrais peut-être cette ancienne page, mais plus personnelle, plus étroitement personnelle46

La poésie saint-john persienne réalise l’inscription d’un sujet paradoxal, dont le « personnel » réside dans l’impersonnel du préassigné métrique. « Être mien », cela signifie, au plan du sujet, un devenir-métrique de soi dans et par le discours de Saint-john Perse.

Ce qui est bien le sens d’un vivre, lequel s’élabore sur le modèle éthique et poétique à la fois de l’assujettissement :

on ne saurait exprimer, autrement que par l’« humilité », la pure et fière façon qu’a le poète de s’assujettir47

Cet « orgueil de l’humilité » (ibid.), par lequel Leger rend compte de la relation du poète au poème, pose la question de l’individuation poétique, dans la mesure où l’assujettissement est bien ici le nom d’une énonciation, dont la forme-sens est cette métrique du poème qui fait aussi la maîtrise du poète, individu écrivant, mais écrit en retour par la rythmique de son discours. La présence d’un vocabulaire issu de la pratique du langage, dans les commentaires sur la vie de l’individu Leger est en ce point significative :

ma vie n a rien de désorbité, [...] elle est exclusive de toute fantaisie, ne veut être que régulière, littérale, appliquée48.

« Littérale » ; entendre ici « maîtrisée » :

Ma vie n’a été jusqu’ici qu’un long et conscient entraînement à la maîtrise et à l’équilibre le plus bourgeois (ibid.)

La métaphore langagière est un effet de la discursivité saint-john persienne, dont le sujet travaille l’autonomie du sujet transcendantal psychologique jusqu’à l’indistinction des champs de la vie et de la poésie. La vie « littérale » constitue ainsi le symétrique de « la poésie, mode de vie »49, et l’emploi d’un vocabulaire commun aux deux domaines devient une valeur du discours, qui tient ouverte la double question de l’individuation et du sujet. C’est le sens – en – discours du verbe « déclasser », qui nomme, ici, le renoncement de l’individu :

je ne suis pas né pour l’art, et aujourd’hui je veux vivre, voyez-vous bien ? (là toute l’histoire qui me déclasse)50.

et là, le tri des manuscrits

je n’aurais pas la volonté de remettre le nez dans des manuscrits, sinon pour déclasser en bloc51.

Le rythme, fondateur du sujet Saint-John Perse, rend caduques, au plan du biographique, les distinctions entre discours privé et discours public, langage ordinaire et langage littéraire. Concernant cette dernière opposition, il montre qu’il ne saurait y avoir d’un côté des textes « signifiés », lieux d’élection d’une transparence linguistique, et de l’autre des textes « signifiants », producteurs de sens, manifestant la poéticité du langage.

Précisons qu’il ne s’agit pas ici de banaliser les textes et de les confondre : les « lettres d’exil » ne sont pas de la poésie, et les poèmes ne sont pas des documents. De plus, et c’est là l’essentiel, le rapport à la poésie est premier pour fonder en signifiance le devenir-métrique saint-john persien.

Seulement, le sujet discursif qui ainsi se constitue des poèmes à la correspondance en passant par les chroniques et les interviews, transcende une typologie préalable des textes où se naturalise une différenciation des sujets construits chacun sur le modèle de l’individualité psychologique le poète, l’homme privé, le diplomate.

C’est cette idéologie de l’individuation qu’entérine la confusion des signifiants nominaux posant l’équation : Alexis Leger égale Saint-John Perse. En reconnaissant « la main de Saint-John Perse »52 sur les enveloppes adressées à Lilita Henraux, la récente publication des « Lettres à l’Étrangère » perpétue le mythe confusionniste responsable de la conception spéculaire traditionnelle de l’œuvre littéraire, conception qui se donne encore à lire, par exemple, dans tel commentaire critique se réclamant d’un « structuralisme de l’occulte » :

nous lirons comme un exorde autobiographique la phrase « il naissait un poulain sous les feuilles de bronze ». L’animal ami de Perse depuis l’âge de huit ans [...] représenterait une enfance heureuse53.

La visée herméneutique transforme ici le poème en signifiant-reflet d’un signifié biographique, empêchant une pensée du sujet et de l’individuation linguistique.

S’il y a une dimension autobiographique de la poésie saint-john persienne, c’est en tant que celle-ci, se constituant, constitue le sujet Saint-John Perse dans un mouvement de sui-réflexivité qui, parce que son énonciation est un rythme, met la vie de l’écriture et l’écriture dans la vie. Et le pseudonymat est le mode discursif de ce vivre qui est, au sens plein, une vie-poésie. Terme qu’il faut entendre dans le sens où Claudel disait du vers qu’« il est notre vie elle-même, notre rythme essentiel par quoi nous vivons et nous sommes »54.

La question du biographique posée à l’œuvre de Saint-John Perse sur les bases d’une poétique du rythme et d’une théorie discursive du langage est génératrice d’une interrogation qui déborde la spécificité de la poésie saint-john persienne. Par le réexamen qu’elle suscite de la partition entre textes de vie (la correspondance) et textes de poésie, c’est le statut du biographique qui se trouve de facto repensé. Dissocié de la logique de la biographie à laquelle il renvoyait en tant qu’adjectif, le biographique devient ainsi une problématique critique articulant ensemble les champs du langage et de l’anthropologie pour une approche du vivre comme sens d’un devenir historique du sujet.

Notes

1 Œuvres Complètes, Gallimard, « La Pléiade », 1972 (abrégées dorénavant en O.C.), p. 658.
2 « Réponse à un questionnaire sur les raisons d’écrire » (1955), O.C. p. 564.
3 Sur la valeur péjorative attachée à ce terme, voir : lettre à Gustave-Adolphe Monod, sept. 1908, O.C. p. 651.
4 Lettre à Gaston Gallimard, 23 avril 1924, O.C. p. 547.
5 Lettre à Jacques Rivière, 19 déc. 1909, O.C. p. 668.
6 « Sur la poésie, mode de vie », O.C. p. 575. J’ai souligné l’adverbe « comment » pour montrer qu’il porte tout le poids critique de la proposition.
7 L’expression est de Henri Meschonnic : contrairement à « l’art poétique, qui est, lui, un combiné de norme et d’autoréférence, d’autoprogrammation [...], le discours de la pratique ne légifère pas, mais essaye d’analyser ce qui a lieu dans le langage. Comment on s’y cherche ». « Le rythme entre philosophie et poésie », dans : Les états de la poétique, PUF, 1985, p. 81.
8 « Biographie » des O.C., p. IX.
9 Article de Mireille Sacotte, Le Monde, 29 mai 1987, p. 7-8.
10 Alexis Leger le premier : voir l’extrait de la lettre à Mac Leish cité infra (p. 4).
11 J. -P. Richard évoque « la tonalité sacrale, l’aura religieuse » du « Saint initial » et rapproche « Saint-John Perse » de « saint Jean-Baptiste » (Microlectures, Le Seuil, 1979, p. 201).
12 À l’instar de Claudel (1949), qui parle de la « rhétorique saint-john persienne » (O.C. p. 1126), et d’E. Noulet, qui souligne un procédé « tellement saint-john persien de forme » (« L’octosyllabe dans Amers » dans : Honneur à Saint-John Perse, Gallimard, 1965, p. 322, n. 1).
13 O.C., p. 1094.
14 Lettre à A. Mac Leish du 26 juin 1941, citée par A. Knodel dans son article « Archibald Mac Leish : ami du prince taciturne », dans Espaces de Saint-John Perse, Université de Provence, 1981,p. 9.
15 .« En fait, la nécessité du pseudonymat littéraire s’était imposée à Alexis Saint-Leger Leger quand l’orientation de sa carrière diplomatique, à Paris même, aux côtés des ministres, l’eut exposé sur la scène publique aux incidences d’une vie politique autant que diplomatique » (Note 3 de la « Biographie » des O.C., p. 1094).
16 La tentation de l’anonymat n’était pas non plus une coquetterie d’auteur ; pas plus qu’elle ne traduisait la simple volonté de maintenir une séparation entre les deux « personnalités ». Une lettre à Gide dît explicitement que l’anonymat veut rendre compte d’un statut du poème, exprimant par là une pensée du discursif : « Ne croyez pas à de la manie : il me paraît seulement que des poèmes devraient seulement garder quelque chose de leur affleurement initial dans l’anonymat » (Lettre d’août, 1911, O.C., p. 775).
17 Note d’introduction à la traduction de la Pythique XII de Pindare (O. C., p. 733). Le sentiment de la métrique est présent très tôt ; chez Valéry Larbaud, par exemple, qui scandait des 1911 un passage de Récitation à l’éloge d’une Reine en rétablissant des mètres par-dessus les alinéas, montrant, sous la disposition typographique des poèmes, que « c’est l’alexandrin de Malherbe et de Racine, restauré par Baudelaire [...], qui en est la base » (O.C., p. 1231). H. Meschonnic a montré que le primat de la métrique se constituait chez Saint-John Perse contre l’empirique de la lecture : « La métrique écrit le poème. La métrique lit le poème ». (« Historicité de Saint-John Perse », N.R.F. 317, juin 1979, p. 85, étude reprise dans : Critique du rythme, Verdier, 1982, pp. 360-389).
18 Lettre à Mrs F. Biddle, 12 déc. 1955, O.C., p. 922.
19 « Hommage à Léon-Paul Fargue » (1963), O.C., p. 518.
20 Voir ce texte de Fargue, cité par Leger : « Votre Intelligence ? – Contraire à mon rythme, massacre de mon harmonie, rupture de mon identité » (Ibid., p. 509).
21 Lettre à Henry Peyre, 19 août 1956, O.C., p. 1073.
22 Une métrique peut être accentuelle, c’est le cas de la poésie grecque – celle de Pindare notamment –, mais cela ne concerne pas la poésie française, qui est syllabique. L’opposition exacte serait plutôt entre un rythme empirique et un rythme métrique – quand la métrique est un rythme (voir infra, p. 6).
23 Lettre à R. Caillois, 26 jan. 1953, O.C., p. 562. Il parlait à A. Monnier du « souci d’abstraction personnelle du poète derrière son œuvre » (lettre du 26 mars 1948, O.C., p. 552).
24 Note à la traduction de Pindare, loc. cit.
25 Évolution que masque l’emploi systématique du terme « verset » pour nommer l’unité poétique du texte saint-john persien. Reposant sur une définition typographique qui refoule une approche prosodique-rythmique de la notion, l’usage indifférencié du mot mime une unité-totalité textuelle qui n’est pas la réalité rythmique de cette poésie.
26 Phénomène décrit par B. de Cornulier dans : Théorie du vers, Le Seuil, 1982, p. 55. C’est pour éviter cet effet et renforcer la perception métrique que la suite syllabique suivante 6+7 a été « corrigée » en une suite 6 +8 : « C’est un goût de jus clair, (6) dont surit l’air que tu bois (7) » (Pré-originale d’Images à Crusoé - non repris dans l’édition de 1911, N.R.F., août 1909, p. 23) ; « C’est un goût de fruit vert, (6) dont surit l’aube que tu bois (8) » (O.C., p. 12).
27 « Éloges », N.R.F., avr. 1910, p. 442.
28 Images à Crusoé, N.R.F., op. cit., p. 27.
29 Écrit sur la porte, N.R.F., avr. 1910, p. 450.
30 « Éloges », N.R.F., loc.cit.
31 Le statut métrique de cette poésie, qui s’affirme réellement à partie d’Anabase, est presque unanimement assimilé par la critique à l’aboutissement d’un processus de maturation intellectuelle qui généralise chez « le poète devenu majeur » ce qui « était déjà chez l’enfant » (A. Henry, « Les Images à Crusoé », dans : Automne, Duculot, 1977, p. 255-256).
32 O.C., p. 1196. Les segments syllabiques n’ont pas été regroupés selon des mètres conventionnels (pour une suite : 6 + 4, 6, 8, 6, 4 + 6, 6, ou : 6 + 4, 4+6, 4+6, 6), parce qu'il ne s’agit pas ici de vers, mais de segments dont l’isosyllabisme par itération fait la métrique du texte.
33 Enquête du journal Excelsior, 27 fév. 1935, O.C., p. 598. Là encore, on ne parlera pas d’alexandrins, car leur production n’est pas inscrite dans cette discursivité. (On réservera cependant la possibilité d’un signal culturel).
34 Je reviens sur ce problème infra (p. 13). Dans leur ensemble, ces questions sont étudiées dans un travail en cours.
35 Lettre à F. Jammes, 6 avr. 1909.
36 Lettre à Gide, 30 jan. 1914. Dans la lettre, la formule « Cher ami » est attenante au corps du texte mais lui est métriquement extérieure, O.C., p. 786.
37 Lettre à R. Caillois, 2 juil. 1942, O.C., p. 957.
38 Lettre à A. Tate, 8 juin 1950, O.C., p. 982.
39 Lettre à J. Damour, 26 nov. 1917, O.C., p. 825.
40 Lettre du 5 mars 1918, O.C., p. 855.
41 Lettre du 5 jan. 1944 (Lettres à L’Étrangère, Gallimard, 1987, p. 81). La prégnance contextuelle est un fonctionnement inhérent à l’écriture métrique ; elle en fait la syntaxe, comme ici, où l’itération 6-syllabique impose la disjonction entre l’auxiliaire modal « pouvoir » et l’infinitif « user », conférant à celui-là une valeur de modalisation discursive.
42 Lettre du 4 avr. 1917, O.C., p. 841.
43 Lettre de mars 1910, O.C., p. 749.
44 P. Ricœur, « Individu et Identité personnelle », dans : Sur l’individu, Le Seuil, 1987, p. 68.
45 Lettre à Frizeau, 7 fév. 1909, O.C., p. 739.
46 Lettre à Frizeau, mars 1910, loc. cit.
47 Lettre à Larbaud, déc. 1911, O.C., p. 794.
48 Lettre à Frizeau, 30 avr. 1911, O.C., p. 755.
49 O.C., p. 575.
50 Lettre à Rivière, 21 déc. 1910, O.C., p. 681.
51 Lettre à Frizeau, 7 fév. 1909, op. cit., p. 740.
52 Lettres à L'Étrangère, op. cit., p. 54, n. 1 : « Ajouté de la main de Saint-John Perse : “Noël 1939” ».
53 J.-M. Le Guen, L’ordre exploratoire, l'Anabase, S.D.E.S., 1985, p. 113. (L’expression « structuralisme de l’occulte » est extraite de la quatrième de couverture).
54 Paul CLAUDEL, Lettre à Georg Brandès du 24 août 1903, Œuvres en prose, Gallimard, « La Pléiade », 1965, p. 1408, n. 44.

Pour citer cet article :

DESSONS Gérard (2010). "Saint-John Perse : La vie-pseudonyme".  Revue La Licorne , Numéro 14 (ÉPUISÉ) .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document4959.php

(consulté le 22/11/2017).

Les auteurs

 
Revue La Licorne - ISSN 0398-9992
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