Traité de la lumière

Publié en ligne le 27 mars 2006

Entweder muß das Medium der Wahrnehmung durch den Gegen stand bewegt werden – Schall

– oder das Medium muß sich bewegen und nur von dem ruhen den Gegenstand affiziert werden – Licht.

Novalis

1 - Il est essentiel que ces choses

1 - constituent de possibles états

1 - de ces choses

2 - la possibilité s’est écrite

2 - de

2 - la lumière

3 - si j’imagine, en cette lumière, ces objets.

3 - je ne peux pas les imaginer

3 - exclu, dans cette lumière, sans objet

4 - c’était une sorte d’accident, et il se trouvait

4 - que la lumière, s’accordant à cette chose

4 - déjà, qui existait, existait, déjà, entièrement, elle-même

5 - une possibilité qui fut recouverte

5 - plus tard

*

1 - il y a ces masses de points qui baignent dans un infini espace

1 - il n’est pas imaginable qu’il n’y ait

1 - ni ces masses de points ni un infini espace

2 - quelque couleur qui n’a pas besoin d’être le rouge

2 - quelque toucher qui n’a pas besoin d’être lourd

2 - et cetera

3 - objets l’inaltérable

3 - le subsistant (ce qui subsiste)

3 - le noir

4 - les configurations d’objets

4 - produisent l’état

4 - de la lumière

5 - la totalité des choses

5 - existant réellement

5 - dans la lumière

6 - de la lumière, ou non lumière, des uns

6 - il n’est pas possible de déduire

6 - lumière, ou non lumière, les autres

7 - le total de la lumière est le monde

*

1 - les objets dans l’image correspondent aux éléments

1 - des objets

1 - qui nient l’image

2 - l’image sort

2 - et l’atteint

3 - posée comme un instrument de mesure

4 - avec ses antennes fourmis sans ailes les constellations

5 - il est impossible de dire

5 - un nuage (sépia)

1 - une trajectoire,

1 - frayée dans le noir, de lumière,

1 - est un fait.

2 - un état de lumière peut être pensé (pensé).

2 - cela veut dire que nous pensons

2 - sa trace en nous-mêmes.

3 - une lumière contient la possibilité de la disposition

3 - dont elle est, par ailleurs

3 - la lumière.

4 - une réunion perceptible.

4 - de lumière est la proposition

4 - d’une image

5 - mais l’image

5 - ne mélange

5 - la lumière

*

1 - L’arrangement de ces choses dans l’espace

1 - épuise le sens

1 - de cette image

2 - le trajet de la vue en vient à s’arrêter quelque part

2 - car si l’image, jamais, doit se taire

2 - la vue lui appartiendra au point d’être, une fois pour

2 - toutes, contredite en elle

3 - les lumières sont les objets ;

3 - les obscurités sont les flèches ;

3 - les premières changent, pas les secondes.

4 - les objets sont les règles

4 - pour produire de la lumière

4 - en de l’ombre.

5 - ce qui s’élève dans le cyprès, ce qui l’entoure d’une pensée

5 - sombre, d’une fumée, d’une poussière obscure, d’un pollen

5 - brouillé de route

5 - c’est ce qui est commun à tous les cyprès de

5 - l’alignement sur la colline

5 - et les règles de l’exposition nocturne nous accordent

5 - de les substituer, lentement, l’un à l’autre.

6 - au fond de ces jambes très ouvertes, cette tache sombre

6 - à travers cette tache sombre, cette trace humide

6 - tel est le sens de la maxime d’Occam

7 - si toute chose se comporte comme si la lumière avait un sens

7 - alors la lumière avait un sens

*

1 - les trajectoires, frayées, dans le noir, de la lumière

1 - va sans dire dès que nous savons

1 - que chaque lumière va, frayant, dans le noir

2 - un regard appliqué de bout en bout est un doute.

3 - maintenant, cette manière de prendre les images

3 - fait partie de nos organes

3 - et n’a pas moins de complication

4 - une image est une appréhension avec un sens

5 - la totalité de ces moments est la lampe

1 - regarde :

1 - récente, la nudité, s’éloigne

1 - la lumière, vire au noir.

2 - regarde, un monde, à l’aide d’un échafaudage.

2 - et chacun peut voir comment, chaque chose,

2 - véritablement, chaque chose, tiendrait en place.

2 - et qu’on peut déduire d’une image fausse.

3 - deux images, quand elles se contredisent, le disent.

3 - semblablement, d’une image, si elle est déduite

3 - d’une autre.

3 - il est clair qu’elle le montre, et ainsi de suite.

4 - une lumière, qui serait intérieure à l’objet, est impensable,

4 - et partant il est impensable, que cet objet, ne la possède :

4 - cette goutte de bleu, et qu’il détienne, eo ipso, la

4 - relation intérieure du clair au sombre.

4 - il n’est pas pensable que ces deux objets, bleu, ne

4 - détiennent intérieurement, la lumière vraie de cette relation.

5 - regarde, la lumière

5 - et ce non-sens, forme

5 - ce nuage, puisqu’il la nie.

*

1 - j’appelle séquence cela qui est ordonné

1 - par la relation interne

1 - en formes de la lumière

2 - les termes de la séquence des formes sont construits

2 - en accord avec la violence faite

2 - à l’immobilité de l’image dans la lumière

3 - ainsi l’ordre de la séquence des formes n’est pas gouverné

3 - par une relation externe

3 - mais

3 - par la fumée des démons

4 - demander

4 - si ces formes existent

4 - est un non-sens

5 - de la lumière fume de ses seins

5 - de la lumière solarise son ventre

5 - d’équation des jambes, l’équerre.

6 - regarde, une durée

6 - rateau comparse,

6 - secondes, années

7 - regarde, la dalle de   nudités

7 - translatées en transparences, rampent

7 - empiètent, les formes, qui se couchent

*

1 - la méthode de la superposition, maintenant, devient claire.

2 - négatifs, disjonctions, multiplications empiriques,

2 - etc.

3 - une image ne peut pas être son propre argument, mais une

3 - séquence peut prendre un de ses propres silences comme base.

4 - la lumière est une description de ses effets.

5 - toute lumière qui en contredit une autre, s’annule.

1 - à première vue il semble qu’il serait possible aussi de disperser

1 - l’inclinaison des ombres d’une autre façon

1 - sur le papiers

2 - “en vérité une âme composite serait-elle encore une âme ??

2 - un papier ?

3 - une mince bande sombre s’incline grise

3 - c’est

3 - une tautologie

4 - les étendre

4 - pas

4 - les surprendre

5 - et l’image, en vérité, retourne, par les mots,

5 - à l’image

5 - qui elle-même, ici, les pose.

*

1 - nommer les objets d’un nom : image

1 - qu’il n’est (qu’il ne soit) (qu’il ne sera)

1 - pas possible

1 - nier

2 - objets : sans couleur

2 - comme un nombre et

2 - comme un nombre

2 - apatrides

3 - image :

3 - seule

3 – patrie d’un objet

4 - sans couleur

4 - comme un nombre

4 - dormant furieusement

5 - « l’invisible

5 - est une redondance

5 - du visible » amour de loin.

6 - “pas-autre?

6 - si je le nie d’un amour

6 - inapprochable.

7 - amour

7 - de pur répétition

7 - loin de son “ecce-ité?.

*

1 - ainsi elle est “Ce qui, sur le papier,

1 - insiste, subsiste, rôde, répétition

1 - même lorsqu’elle ne répète rien?.

2 - pas leur couleur qui sera

2 - le noyau dur mais leur forme

2 - donnée en quelque sorte après l’ombre,

2 - pour le papier.

3 - d’abord ce qui, situé,

3 - dans l’entre-monde, insiste,

3 - pour sa part,

3 - en son nom propre

4 - les tiroirs où la lumière, s’accumulant,

4 - séduit, d’une avalanche (photons)

4 - le grain de l’argent, pour ramper (respiration)

4 - jusqu’au jour de l’assentiment (tunnel).

5 - la photographie est la manipulation de la lumière

5 - jusqu’au papier.

1 - Il apparut alors, que la lumière

1 - donne bord aux images,

1 - ne s’arrêtait à aucune piction

2 - La douleur n’est pas une piction

2 - rien ne peut la situer dans la lumière, en quoi

2 - que ce soit qui puisse être nommé piction.

2 - La douleur entre certainement dans la lumière, mais

2 - pas comme piction.

3 - Je nomme la lumière, je nomme la douleur. La lumière n’est

3 - pas présente, mais la douleur pénètre mes sens.

3 - La douleur n’est pas présente, mais la lumière

3 - engourdit mes sens.

3 - Je nomme l’ombre nombreuse, et la voilà dans ma mémoire,

3 - pas son image, la lumière, mais elle-même ; c’est elle

3 - qui obéit à mon appel.

4 - La lumière changeait en moi quelque chose du monde,

4 - la lumière même contre mon visage,

4 - autre que moi, autre que l’ombre.

5 - La lumière n’a pas de lieu.

*

1 - Déplacer la lumière n’est pas déplacer un corps

1 - Je déplaçais la douleur comme une lumière

1 - mais l’ombre restait sans mouvement

2 - La lumière n’est pas une piction intérieure,

2 - ressemblant à pas d’ombre, soumise à ses mouvements

3 - Pourtant il aurait été faux de dire que voir et former

3 - la lumière différaient essentiellement

4 - La lumière bougeait sur une piction oisive

5 - Je ne comparais pas la lumière à la lumière,

5 - Ni la douleur à la douleur

5 - La lumière ressemblait à la lumière, la douleur

5 - rassemblait la douleur.

6 - La lumière mentale était la piction décrite par quelqu’un

6 - décrivant la douleur.

7 - Parmi toutes les autres images mentales, la lumière restait

7 - immobile,

7 - accompagnée de la douleur.

*

1 - La lumière, plus lourde sur les ombres que sur n’importe

1 - quelle piction.

2 - Sous n’importe quelle similitude, attendait peut-être quelque

2 - chose d’autre

2 - Mais la lumière est lumière en cela, et de rien

2 - d’autre.

2 - On pourrait envisager la lumière comme une surressemblance

3 - J’aurais aimé pouvoir dire : ce que la lumière me dit c’est

3 - elle-même

3 - Mais il aurait fallu faire de la lumière une piction

3 - Avec des lignes, des couleurs, une constance,

4 - J’aurais aimé pouvoir dire : ce que la douleur me dit, je ne

4 - veux pas le savoir,

4 - Ni ses signes, ni son étendue, ni sa constance

5 - La lumière sur une piction ne peut pas être représentée en

5 - revêtant la surface d’une couleur plus pâle ;

5 - La pâleur de la piction est quelque chose d’entièrement

5 - différent de la pâleur d’une lumière reçue,

5 - Et l’absence de clarté de sa vision est inhérente à la

5 - douleur.

*

1 - Imaginons la lumière dans une photographie

1 - Le monde s’était peuplé de lumières photographiques

1 - la douleur s’échangeait entre le noir et le blanc.

2 - Une phrase sur le monde peut nous donner

2 - la même douleur

2 - que la lumière

3 - Photographies, gens, maisons, arbres ;

3 - pas de douleur dans la troisième dimension

3 - et pourtant la lumière plate

4 - Ce matin là le mur était la lumière même

4 - la douleur même était ce mur

4 - les choses mortes, pas-autre que toi.

5 - toute piction repousse la lumière, affecte la lumière

5 - d’inactivité ; la lumière

5 - ainsi s’épaissit, et la douleur

6 - entre les visages sans couleur, les lumières

6 - d’échelle réduite, sorties

6 - d’un sac de papier, brouillard

7 - tout d’un coup je la vis, la lumière, comme une pomme

7 - pourrie, et la douleur,

7 - pareille

*

1 - Si la lumière était une piction, on ne pourrait pas nier

1 - la lumière

2 - ce n’est pas que la lumière soit future, puisqu’elle est déjà,

2 - mais son image n’a pas encore eu lieu

2 - c’est encore l’obscurité : je ne discute pas son exactitude.

3 - La lumière et la vue ne sont pas dans le même espace

3 - la lumière s’en approche, mais n’est plus vue

4 - “à ce moment j’ai eu la lumière devant mes yeux?

4 - “comment était-ce ??

5 - si je décris la lumière de ma vision, il ne me viendra

5 - pas la vision.

6 - La douleur, seule commune à toutes les occurrences de la

6 - lumière ;

6 - je ne pouvais pas le dire ; je ne devais pas le dire ;

6 - je ne devais plus le montrer ; c’était un moment de

6 - certitude

7 - La lumière avait acquis son nom propre ;

7 - porteuse de son nom propre étant la lumière,

7 – pas autre que la douleur son nom.

Pour citer cet article :

 (2006). "Traité de la lumière".  Revue La Licorne , Numéro 40 .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document3365.php

(consulté le 23/11/2017).

Les auteurs cités

 
Revue La Licorne - ISSN 0398-9992
Faculté des Lettres et des Langues - Maison des Sciences de l'Homme et de La Société
Bâtiment A5 – 5, rue Théodore Lefebvre, TSA 21103 - 86073 POITIERS - Cedex 9 – France
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