L'effet d'images projetées dans les Lanternes magiques révolutionnaires

Publié en ligne le 12 juillet 2005

Par Jean-Jacques TATIN-GOURIER

L'examen de l'écriture pamphlétaire a permis l'inventaire de grandes récurrences dégradatrices : attaque systématique des signes distinctifs de l'ennemi, assimilation à l'animal, au déviant et au fou. Mais cet inven-taire des thématiques dégradatrices du pamphlet ignore le plus souvent l'interdépendance de cette scansion obsessionnelle et des formes globales des pamphlets dont historiens et critiques soulignent souvent au mieux la richesse, au pire le caractère « saugrenu ». Ainsi Christian Jouhaud, dans son ouvrage Mazarinades : la Fronde des mots, évoque « les écritures saugrenues et les pensées débridées » des pamphlets prenant Mazarin pour cible1. En fait injures ponctuelles et mises en scène d'ensemble ont leur cohérence, convergent. Au diagnostic obsessionnel de la folie de l'ennemi répond la mise en scène de l'écrit dérobé ou du récit de songe qui atteste et amplifie le diagnostic injurieux. L'ennemi est coupable : quelle meilleure mise en scène dès lors que celle de son aveu ou de sa pénitence ? Le leitmotiv de la bestialité de l'ennemi engendre lui aussi des formes d'ensemble : parodie de la fable, dialogue d'animaux. Un autre leitmotiv du pamphlet est moins connu : la dégradation de la production pamphlétaire de l'ennemi et, indissociablement, l'autocélé-bration sont des thèmes récurrents. Ils impliquent eux aussi diverses mises en scène symétriques et inverses. Il est une étrange gravure révo-lutionnaire : la boutique expose à la rue les caricatures du temps et le colporteur, sa hotte chargée d'images, s'en va par les rues de Paris2. Ce type de mise en abîme, exceptionnel dans l'image, ne l'est nullement dans le pamphlet de l'époque révolutionnaire.

Les comparaisons et les métaphores dégradatrices de la production pamphlétaire adverse sont multiples et récurrentes : comparaison des pamphlets ennemis aux « gauffres que l'on fabrique au Palais Royal », assimilation aux fléaux naturels dévastateurs (inondation, incendie), aux discours grossiers et stupides de la populace. Interviennent alors, logi-quement, les mises en scène dépréciatives du camelot trompeur et du charlatan, manipulateur d'un public populaire, naïf et hébété. Ainsi le pamphlet A deux sols la livre, le sucre de Brissot, à deux sols3 assimile les discours et les actes de Brissot aux ruses du camelot. Le texte simule le monologue théâtralisé du camelot et suggère la présence muette d'une populace fascinée et modelable. Intervient aussi au même titre la figure du charlatan manipulateur grotesque qui contient avec peine les exigences frénétiques et insensées du peuple de la rue4.

Cette dégradation de la diffusion du message politique ennemi est en fait complémentaire d'un discours d'autocélébration du pamphlet, d'une mise en scène de la réception réussie de la juste propagande. Interviennent alors essentiellement deux figures contiguës antithétiques de celles du camelot et du charlatan : le colporteur et le manipulateur de lanterne magique. Dans le pamphlet révolutionnaire brabançon plus particulièrement, la figure du colporteur médiateur de la rumeur, diffu-seur du livre et de l'image s'avère apte à suggérer l'initiation séductrice à la politique. Dans de courtes pièces dialoguées, le colporteur présente aux femmes d'emblée attirées, pamphlets et caricatures :

Le Colporteur.

Qui veut des nouveautés ?

Thérèse.

Ah ! bonjour, ami ; que nous apportes-tu de nouveau ?

Le Colporteur.

J'ai avec moi quelques pièces patriotiques. […] Si vous les aimez j'ai de quoi vous satisfaire. Voici le catalogue des nouveau-tés très intéressantes qui sont actuellement sous presse5.

Dans le pamphlet de la Révolution française s'impose plus nettement la figure du manipulateur de lanterne magique. Les nombreux pamphlets intitulés Lanterne magique6 proposent tous un modèle de la diffusion du juste discours politique : le commentaire des images développé par le manipulateur de la lanterne magique éclaire le peuple rassemblé, avide de connaître la vérité des événements révolutionnaires. Il importe de comprendre les implications scripturales spécifiques d'une telle mise en scène fondée sur la mobilisation de cette figure du manipulateur de lanterne magique qui suggère les images commentées, leur rythme de projection, leur enchaînement chronologique et les réactions d'un public que le manipulateur prévient, approuve et encourage.

Le pamphlet souligne souvent la contiguïté des figures du manipulateur de lanterne et du colporteur. Ainsi la Lanterne magique du Brabant (1787) met en scène un colporteur qui, la nuit tombée, offre par les rues des projections à domicile :

Rare et curieuse ! Qui veut voir la Lanterne Magique ?7 crioit dans Bruxelles à neuf heures du soir, un de ces Savoyards économes, industrieux et quelquefois même spirituels dont nous achetons dans le jour des parapluies et des corbeilles, ou à qui nous faisons rémoudre nos couteaux, et qui, dès que la nuit est tombée, amusent nos femmes et nos enfants à l'aide d'un miroir concave et de deux lentilles de verre, au foyer desquelles, agitant à l'envers quelques Figures grotesques et colorées, ils en font réfléchir les traits sur une muraille8.

En incipit du pamphlet, l'origine savoyarde du montreur de lanterne magique est souvent soulignée :

François, j'arrive de Suisse, pays de liberté : j'en apporte une pièce rare et curieuse qui m'a été remise par un fameux méchanicien9.

En préambule, le présentateur du pamphlet La Lanterne magique de la France décrit en ces termes les organisateurs du spectacle :

[…] deux grands gaillards qui, à leurs larges épaules, à leurs grosses faces et à leurs gros habits de bure, me parurent être de ces habitants industrieux de la Savoie.

Le pamphlet anti-robespierriste La Lanterne magique, ou les grands conseillers de Joseph le Bon, représentés tels qu'il sont (A Paris, an V) comporte « l'Air des petits Savoyards ». Conseil est parfois donné au lecteur de lire le pamphlet à haute voix et de « prendre le ton savoyard » :

Pour goûter ce Pamphlet, il faut le lire à haute voix et du ton que prennent les Savoyards en montrant leurs Lanternes Magiques. Quant à leurs expressions italo-galliques, on les a omises : y suppléera qui le voudra10.

Dans les Lanternes magiques de Mirabeau, la simulation de l'oralité savoyarde est plus nettement suggérée : la répétition en italiques de l'adverbe « présintéménté » ponctue le commentaire des images proje-tées. Le manipulateur de lanterne magique est le plus souvent accom-pagné d'un jeune aide. La gravure commentée la Lanterne magique Républicaine Montrée à Sire Georges Dandin et à Monsieur Pitt son féal Ministre (fig. 7) représente au bas du halo lumineux un jeune musicien accom-pagnant les projections du « ça ira » joué sur sa vielle. La Lanterne magique ou la pièce curieuse, Spectacle National pour les aristocrates fait allusion à la présence de cet aide et se conclut par le refus d'animer un pantin :

En recommençant, vous en verrez autant ; vous ne vous en souciez pas ; ni moi non plus ; ma poitrine est aussi fêlée que vos oreilles. Un verre de tisane, coco. Je ne ferai point danser aujourd'hui la charmante Catin ; ses ressorts sont usés. Elle est comme M. de Favras et autres, qui se sont donnés trop de mouvement pour la révolution : ce sera donc pour une autre fois11.

Il faut noter que les attributs traditionnellement attachés à la figure nomade du colporteur et qu'atteste entre autres l'archive policière du XVIIIème siècle, disparaissent : il en va de la crédibilité du discours politique développé. Cependant la dimension ludique du personnage est largement maintenue. La Lanterne magique du Brabant (1787) se clôt par un discours de nette tonalité grivoise :

Mais il est temps de finir. Car voici, car voilà ma lumière qui s'éteint. Voilà que vous aussi, Messieurs et Mesdames, n'aspirez plus qu'à vous éteindre dans vos draps. Je vous souhaite de bons éteignoirs12.

Il faut de plus noter qu'au cours de la Révolution, les traits spécifique-ment savoyards du manipulateur de la lanterne magique tendent à s'effa-cer. Dans la première illustration de la Lanterne magique ou Fléaux des aristocrates (Berne, 1790) – une lanterne magique exceptionnellement illustrée –, c'est un « jeune patriote » qui manipule la lanterne et s'adresse au public des citoyens. Dans la gravure commentée la Lanterne magique Républicaine montrée à Sire Georges Dandin et à Monsieur Pitt son féal Ministre, un « bon sans-culotte » projette aux gouvernants anglais terrorisés l'image de leur défaite terrestre et maritime et de leur exécution place de la Révolution. Il n'est plus de province, il n'est plus de particularisme régional : le manipulateur de lanterne magique savoyard cède la place au sans-culotte.

Le discours d'introduction du spectacle suggère l'impatience du public qui se presse :

[…] approchez et vous serez satisfaits !… Ne vous pressez pas tant … Prenez garde en poussant, de renverser ma pièce curieuse…13.

L'attaque et la menace de l'ennemi permettent d'emblée une complicité avec le public :

Oh ! Oh ! on s'agite bien fort par ici. N'y a-t-il point quelques Aristocrates ? Si cela est, Messieurs, laissez-les passer. N'est-il pas juste qu'ils voient les premiers ? Ce sont eux qui ont fourni les sujets de mes Tableaux. Ils n'occuperont pas longtemps la place… Allons, Messieurs, attention ; voilà que nous allons commencer14.

Le discours incitatif adressé au public est complexe, impératif ou complice : « Voyez », « vous allez voir ce que vous allez voir », « Faites attention », « Admirez » ; « Voyons », « Passons », « Venons », « Retournons », « Montons ». Les commentaires sont ponctués de formules présentatives valorisantes (« Ah ! voici. Ah voilà, voici, voilà », « Rare et curieuse ! »). Tout comme le camelot, le manipulateur de lanterne magique fait mine de prévenir les impatiences et les objections du public :

[…] et dès lors, si vous le désirez, Messieurs et Mesdames, il ne me seroit pas difficile de vous rendre la conversation des quatre voyageurs précédents. […] Mais cela seroit trop long, trop long, surtout pour ces jeunes dames… Quoi ! vous auriez la patience… voilà qui est exemplaire… Eh bien ! puisque vous me l'ordonnez, je vais les faire parler comme il est vraisemblable qu'ils parlent en ce moment […]15.

Les prétendues pertes de mémoire du manipulateur visent à maintenir l'attention du public fictif et, au-delà, du lecteur :

Eh bien ! ces beaux messieurs que vous voyez, en les voyant, se parlent les uns aux autres, et se disputent, non pas pour savoir s'ils doivent contribuer aux besoins de la nation, mais pour ne rien donner ; parce que, disent-ils, ils sont gens comme il faut … : et pour être gens comme il faut … il faut être … Attendez, je vais vous le dire … il faut être … Le diable de mot m'échappe ! … ah ! le voici, ah ! le voilà, je vais vous le dire tout bas, de grâce, n'en parlez à personne, il faut être un petit peu Mandrin : c'est-à-dire, faire beaucoup de dettes, promettre beaucoup et ne rien payer16.

Le manipulateur engage son public à voir les multiples images projetées. La valorisation de chaque image est développée en termes hyperbo-liques :

Après cela, messieurs et dames, que vous avez vu avec vos yeux, voici, voilà, regardez, c'est du superbe ! voici, voilà une nouvelle scène non moins intéressante que la première. Faites bien attention, messieurs et dames ; car c'est du touchant, c'est du larmoyant, et tout-à-fait du tragique que vous allez voir, ce que vous allez voir17.

Dans le discours de présentation de chaque image, les verbes de mou-vement à l'impératif (« Passons », « Venons », « Retournons », « Montons ») confèrent au spectacle la dimension de voyage merveil-leux : le manipulateur de la lanterne magique est l'initiateur et le guide prodi-gieux d'une confrontation elle-même magique avec les facettes multiples et successives des événements révolutionnaires. Le manipula-teur de lanterne magique démontre son talent merveilleux de « transpor-ter » les spectateurs dans les scènes les plus diverses de l'événement révolution-naire : grandes manifestations de l'espace public, des rues et des places de Paris ou de Versailles, mais aussi espaces privés, prestigieux et secrets où s'élaborent les décisions déterminantes (palais, hôtels particuliers, cabinets). Le manipulateur magicien transcende les contraintes tempo-relles du quotidien : il restitue – c'est là la magie de son art – les événements simultanés dans leur contiguïté18.

Le public est parfois invité à investir l'image projetée pour participer à l'action : ainsi dans l'une des Lanternes magiques de Mirabeau, le manipulateur convie-t-il les spectateurs à s'asseoir « à la tribune [de l'Assemblée Nationale] au milieu de nos applaudisseurs aux quarante sols ». Les conseils de prudence à l'égard des personnages de l'image projetée abondent. Le manipulateur fait parfois mine d'être dépassé par la dynamique de sa projection, de ne plus réussir à maîtriser la « farce », si agitée qu'elle présente des risques pour les spectateurs comme pour l'ordonnateur du spectacle – les métaphores du théâtre abondent : « représentation », « théâtre de marionnettes » :

Je ne puis mieux commencer cette séance, Messieurs et Dames, qu'en vous donnant une représentation du célèbre club des Jacobins. Remarquez d'abord la richesse, l'élégance de la salle, la fraîcheur des décorations, et ce rideau peint représentant le capitole des Romains […] Mais je m'aperçois qu'on va lever la toile, la farce commence, sauvons-nous, Messieurs et Dames, on en viendra bientôt aux coups, et je n'aime pas ce jeu-là19.

Ordonnateur de la projection, le manipulateur de lanterne magique en ralentit ou en précipite à son gré le rythme. Le rejet de l'image projetée participe parfois pleinement de l'attaque pamphlétaire :

[…] le grand N…r s'avance, il lève les yeux au ciel […] ; vous l'avez entendu une fois ; c'est bien assez. Passons à d'autres20.

Le manipulateur simule même parfois le scandale, l'expulsion violente du personnage de l'image projetée :

Sortez, Madame, je n'en continuerai pas moins de montrer ma Lanterne magique à l'aimable compagnie.

Le pouvoir dégradateur du manipulateur s'affirme ainsi sur des person-nages cibles traités comme de grotesques marionnettes.

De plus le magicien régente un flux de visions qui prétend embrasser la totalité des faits passés. Le manipulateur de lanterne magique se présente comme détenteur d'un savoir exhaustif de ce passé, fût-ce en tant que médiateur de la rumeur :

Quand, par ma Lanterne, je fais voir un Personnage, c'est que je le connais à fond, soit par moi-même, soit par ce qu'on m'en a dit…21

Et le magicien prétend restituer la logique d'ensemble, l'unité historique de ce passé. Non sans accents parodiques parfois. Ainsi dès l'introduc-tion de la première Lanterne Magique de Mirabeau, le récit abrégé des événements révolutionnaires parodie les généalogies de l'Ancien Testament et annonce l'unité d'ensemble des trois pamphlets :

Ecoutez primo d'abord.

La généalogie de notre dame l'assemblée nationale, et de sa chère fille la constitution. Necker engendra les emprunts viagers, les emprunts viagers engendrèrent le déficit, le déficit engendra Calonne, Calonne engendra les notables, les notables engen-drèrent l'Archevêque de Sens, l'Archevêque de Sens engendra, la cour plénière, la cour plénière engendra le mécontentement, le mécontentement engendra Necker, Necker engendra la double représentation et la nouvelle convocation qui engendrèrent les curés et les avocats qui engendrèrent l'assemblée nationale […]22.

La suggestion d'images projetées par le commentaire du manipulateur de lanterne magique est en fait subordonnée à la construction globale du récit des événements. Les « changements » – « changement » est l'inti-tulé des séquences et réfère d'abord au changement d'image, à la tempo-ralité de la « séance » – constituent les séquences d'un récit historique d'ensemble. La numération des « changements » qui connote le respect de l'ordre chronologique produit un effet de récit historique. La séquence n'est d'ailleurs jamais tableau, simple caractérisation statique des éléments constitutifs de l'image projetée : la dynamique du récit modèle le développement de chaque séquence. L'animation des person-nages tend à constituer des micro-récits constitutifs de l'unité du récit d'ensemble. Cette dynamique du récit fait parfois éclater les conventions de la mise en scène de la lanterne magique : à une seule image suggérée correspondent parfois plusieurs récits. Le support de l'image unique est ainsi perdu de vue. Tout ceci n'est pas sans rappeler les unités « nuits » dans les Nuits de Paris de Rétif de la Bretonne où le Hibou nocturne prétend lui aussi au statut d'historien23.

Il est toutefois une Lanterne magique qui échappe à cette dynamique d'écriture si particulière. Et, étrangement, il s'agit de la seule Lanterne Magique « ornée d'estampes » : la Lanterne magique ou Fléaux des aristocrates (Berne, 1790) ne simule pas, au-delà de l'introduction, l'oralité populaire et ne suggère nullement l'image et son animation. Elle commente avant tout de façon très didactique les gravures insérées dans le texte :

Vous voyez ici Louis et Antoinette au milieu de leurs cour-tisans. Les Aristocrates appliquent un bandeau épais sur les yeux de Notre Auguste Monarque. D'un autre côté, voyez une perfide favorite couvrir d'une main les yeux de sa souveraine ; tandis que de l'autre elle tient un poignard […]. O François, combien cette allégorie n'est-elle pas frappante !24

Le commentaire est avant tout interprétation d'allégories souvent complexes qui fondent en fait l'ensemble de la mise en scène :

Citoyens, amis de la liberté, vainqueurs de la Bastille, accourez tous. Sous un voile allégorique vous verrez ici les tableaux les plus fidèles de la mémorable révolution qui vient de s'opérer, les causes qui l'on produite […]25.

D'emblée, avec la première image et la première séquence, le ton est donné ; face à l'hôtel de ville, la lanterne magique manipulée par un jeune patriote a remplacé sur un socle marqué du bonnet phrygien le buste de Louis XIV. Ce buste posé sur l'auvent de la maison d'un épicier a désormais pour perspective la lanterne. Alors que le public des citoyens et des soldats attend avec impatience que commence le spectacle, la « Déesse de la vérité lève le rideau qui couvroit la machine ». Mais le foyer de la lanterne magique est étrangement dirigé vers la place elle-même, irradie, inonde le public de sa lumière : au symbole magnifiant l'absolutisme royal a succédé, pour tous, le soleil de la Vérité.

C'en est en fait fini de la lanterne magique reléguée au rang des accessoires symboliques de la Révolution triomphante. Le récit exaltant la Révolution, magnifiant ses combats et ses œuvres, s'impose. Allégorique. Didactique. L'image n'est plus suggérée, n'a plus à être imaginée par le lecteur. Elle est présente au cœur du texte. Tableau inter-prété. Commenté. Expliqué. Mais une écriture et son allégresse spéci-fique ont disparu. Est-ce là simplement le prix à payer de l'introduction de l'illustration ? Risquons aussi l'hypothèse – les leçons de l'histoire nous le permettent – d'une rançon de la victoire : le récit exaltant de la Révolution est maintenant l'un des discours majeurs – et donc pompeux – d'une autorité étatique hégémonique.

Notes

1. Paris, Aubier, 1985, p. 27.
2. Le joli Moine profitant de l'occasion. Cf. A. de Baecque, La Caricature révolutionnaire, Presses du CNRS, 1989, p. 32-33.
3. S.l.n.d.
4. Je me réfère ici à la comédie pamphlet, Les Foux de Séville de P. de Montreuil, réécriture de l'œuvre de Beaumarchais (Bruxelles, 1791).
5. Dialogue entre Fanchette, Bruxelloise, Joséphine, Namuroise, Thérèse, Gantoise, Catherine, Montoise, Tranche-Montagne, Soldat-Patriote, Merveilleux, Colporteur Brabançon, s.l.n.d.
6. Nous avons travaillé sur six pamphlets :
7. En italiques dans le texte.
8. Op. cit., p. 3.
9. La Lanterne magique ou Fléaux des aristocrates […], op. cit.
10. La Lanterne magique du Brabant, op. cit.
11. Op. cit., p. 8.
12. Op. cit., p. 13.
13. La Lanterne magique ou Fléaux des aristocrates, p. 9.
14. Op. cit., p. 9.
15. Op. cit., p. 10.
16. La Lanterne magique de la France, p. 12-13.
17. Op. cit., p. 3.
18. Dans la première Lanterne magique de Mirabeau sont successivement désignés le conseil et le cabinet de Necker (1er et 2e changement), les rues de Versailles (annonce et procession des Etats-Généraux, 3e et 4e changement), l'église Saint-Louis (messe des Etats-Généraux, 5e changement), l'ouverture des Etats-Généraux (6e chan­gement), les salles de la noblesse, du clergé et du tiers (7e, 8e et 9e changement), le palais du garde des sceaux (10e changement), les rues de Versailles (2e changement – reprise d'une nouvelle numération), le Palais Royal (3e changement), l'Assemblée Nationale (4e changement), l'Hôtel de Ville (6e et 7e changement), l'Assemblée Nationale (8e changement), le château de Versailles (9e changement), les armées (10e, 11e et 12e changement), l'Assemblée Nationale (13e, 14e et 15e changement), les rues de Paris (16e changement), l'Assemblée Nationale (17e changement), le domicile privé de l'ambassadrice (18e changement).
19. Mirabeau, Première Lanterne Magique, 9e changement, p. 13.
20. Ibid., 6e changement, p. 12.
21. La Lanterne magique du Brabant, op. cit., p. 10.
22. Mirabeau, Première Lanterne magique, p. 4.
23. Cf. J.-J. Tatin-Gourier, « Rétif écrivain de l'histoire », in Etudes rétiviennes, Bulletin de la Société Rétif de la Bretonne, n° II, déc. 1989.
24. Op. cit., p. 10.
25. Op. cit., p. 6.

Pour citer cet article :

TATIN-GOURIER Jean-Jacques (2005). "L'effet d'images projetées dans les Lanternes magiques révolutionnaires".  Revue La Licorne , Numéro 23 .

En ligne : http://licorne.edel.univ-poitiers.fr/document286.php

(consulté le 22/11/2017).

 
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